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Maurice Piboule
Naissance
Tauves
Décès (à 91 ans)
Montluçon
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession
Enseignant
Activité principale
Préhistorien
Autres activités
Historien, archéologue, auteur
Distinctions
Officier des Palmes académiques
Croix de guerre 1939-1945
Conjoint
Andrée Piboule

Maurice Piboule, né le 10 octobre 1919 à Tauves (Puy-de-Dôme) et mort le 23 septembre 2011 à Montluçon, est un préhistorien, historien et archéologue français. Il a découvert et prospecté de nombreux sites préhistoriques, antiques ou médiévaux, dans l'Allier et les départements limitrophes (Creuse), mais aussi dans le Vaucluse et les Basses-Alpes.

BiographieModifier

Maurice Piboule a passé une partie de sa jeunesse à Urçay (Allier).

Après une formation à l’École normale de Moulins, il exerce le métier d'instituteur et de directeur d'école dans le canton de Montluçon. Pour ses activités professionnelles et éducatives, il est nommé officier des Palmes académiques et reçoit la médaille d’argent de la jeunesse et des sports[1].

En 1942, Maurice Piboule et son épouse Andrée, rejoignent le Maroc. Alors qu'Andrée Piboule exerce son métier d'enseignante à Fez puis Sefrou pendant toute la durée de la guerre, Maurice Piboule est mobilisé dans l'armée française d'Afrique, participe aux campagnes de Tunisie et d'Italie et termine la guerre à la frontière austro-allemande. Ses états de service lui valent la croix de guerre 1939-1945, la médaille coloniale et le Titre de Reconnaissance de la Nation[2],[1].

C'est à la fin des années 1950, que Maurice Piboule s'initie aux techniques de fouilles archéologiques, à la faveur d'un stage dirigé par Albert Barthélémy. Il consacre alors son temps libre à la recherche de sites de surface dans le nord de la Combraille. Des prospections estivales dans le Vaucluse et les Basses-Alpes viendront ensuite compléter cette activité[3].

Fondateur du Cercle d'archéologie de Montluçon et sa région en 1966[4], qu'il présidera jusqu'en 2004, mais aussi membre actif de la Société des amis de Montluçon[5], Maurice Piboule partagera ses connaissances à travers de nombreuses conférences et publications dans la presse régionale. La médaille d’honneur de la ville de Montluçon lui sera décernée en 2007[1].

Plusieurs ouvrages ont été publiés en collaboration avec son épouse Andrée Piboule. Ils témoignent de leurs recherches et activités communes relatives à l'archéologie, l'histoire, la toponymie et les traditions populaires[6].

Découverte de sites archéologiquesModifier

Suite à un patient travail de recherche sur le terrain, dans les cadastres anciens et la littérature, on lui doit de nombreuses découvertes d'éperons barrés, emplacements castraux, chemins anciens, souterrains-refuges, etc. Parmi environ quatre cents sites archéologiques répertoriés par Maurice Piboule dans le département de l'Allier, un tiers se rapporte à la Préhistoire[3]. Cet inventaire s'appuie sur les cahiers de prospection, les publications et les déclarations faites au Service régional d'archéologie Auvergne[7]. Ces emplacements sont classés selon les époques : Moustérien, Châtelperronien, Magdalénien, Badegoulien, Mésolithique et Néolithique. En collaboration avec son fils, Michel Piboule, spécialiste en minéralogie et géochimie, il s'est également intéressè aux gîtes de matières premières utilisées pour la fabrication du matériel lithique découvert[3].

PaléolithiqueModifier

Pour le Paléolithique, les principaux sites découverts sont ceux de Saint-Bonnet-de-Four, Prémilhat et Meillers. Le Châtelperronien est reconnu à Buxières-les-Mines et au Vilhain. Le Badegoulien et le Magdalénien sont essentiellement représentés sur des sites de hauteur en bordure de la Combraille et de Montluçon. Le Magdalénien supérieur est signalé sur une vingtaine de sites au bord de la vallée du Cher et sur les hauteurs à l'est de Montluçon. Les silex du Turonien observés sur ces sites de cette époque témoignent des migrations saisonnières[3].

MésolithiqueModifier

Plusieurs petits sites mésolithiques ont été découverts au sud de Montluçon. Systématiquement installés sur les hauteurs, Ils ont souvent fait l'objet d'une occupation postérieure. Les plus caractéristiques sont ceux de Néris-les-Bains, Durdat-Larequille, Villebret et Arpheuilles-Saint-Priest. Pour cette période, les matières premières lithiques récoltées proviennent en partie de gîtes locaux ou assez rapprochés du lieu de leur découverte[3].

NéolithiqueModifier

Les principales stations néolithiques ont été découvertes à Vallon-en-Sully, Epineuil-le-Fleuriel et dans le secteur de Louroux-Bourbonnais. Situés dans le département de la Creuse, les sites de Sainte-Radegonde et de Saint-Marien (Budelière) témoignent d'une occupation importante à cette époque dans la vallée du haut Cher. De nombreuses pièces isolées (haches polies) ont également été découvertes ou répertoriées[3].

Parmi ses découvertes figurent aussi quelques mégalithes : menhirs du Mont et de Pirolet à Louroux-Hodement et dolmen atypique de la cabane du Loup à Doyet.

Les sites préhistoriques, antiques ou médiévaux ont fait l’objet de déclarations aux services officiels de l'archéologie[8] et les fouilles préventives[9] ou programmées[10], pratiquées sur ces emplacements depuis les années 2010, ont permis de confirmer et d'affiner ces découvertes. Le matériel lithique collecté sur ces sites fait encore l'objet d'études par les universitaires et les chercheurs[8].

Travaux sur la toponymieModifier

Ce travail de recherche concerne trois catégories de toponymes : les communes, les lieux-dits et les micro-toponymes. Il s'appuie non seulement sur les travaux des universitaires et historiens référents, mais aussi sur l'étude du parcellaire et la situation environnementale du lieu. Une enquête menée auprès de la population locale, à propos des appellations orales utilisées autrefois, vient compléter et préciser cette étude. Plusieurs ouvrages témoignent de ces travaux ; Essai de toponymie rurale, mémoire des communes bourbonnaises, les appellations de la pierre, etc.[6].

Étude des mythes, légendes et traditionsModifier

Les prospections sur le terrain à la recherche des traces du passé et les échanges verbaux avec les gens du pays ont amené Maurice Piboule et son épouse à relever un certain nombre d'observations à travers lesquelles histoire, mythes et légendes, sont étroitement liés. Ces études sur le légendaire régional ont fait l'objet de publications dans les bulletins de la Société de mythologie française[11] : la légende de Cordes-Chateloi, les saints sauroctones de la vallée du Haut-Cher, la colline Sainte-Agathe, etc.

PublicationsModifier

Ouvrages et opusculesModifier

Auteur principal, Maurice Piboule, souvent en collaboration avec son épouse, Andrée qui assurait l'illustration des ouvrages.

  • Du Maroc au Voralberg, via Roma - 1942-1945 : Journal de guerre d'un artilleur, Montluçon, (notice BnF no FRBNF35718260)
  • Préhistoire du département de l'Allier, Ed. Cercle d'archéologie Montluçon, (notice BnF no FRBNF36607229)
  • Mémoire des communes bourbonnaises : La Combraille, Foyers ruraux de l'Allier, (notice BnF no FRBNF34940246)
  • Mémoire des communes bourbonnaises : La Châtaigneraie et le Vignoble, Foyers ruraux de l'Allier, (notice BnF no FRBNF35032055)
  • Mémoire des communes bourbonnaises : Du bocage au val de Cher, Foyers ruraux de l'Allier, (notice BnF no FRBNF36679432)
  • Mémoire des communes bourbonnaises : Au pays de Montmarault, Ed. auteur, (notice BnF no FRBNF37635597)
  • L'Eau vivante : Toponymie et légendes de l'eau en Bourbonnais, Ed. Cercle d'archéologie de Montluçon, (ISSN 1764-3910)
  • Histoire d'Evaux-les-Bains, Paris, Office d'édition du livre d'histoire, (ISBN 2-84178-025-2)
  • Quelques communes des confins Creuse-Allier, Ed. auteur, (notice BnF no FRBNF37173973)
  • Sainte-Radegonde et les limites, Ed. auteur,
  • Souterrains, cavités et mines de la France centrale, Ed. auteur,
  • Mines et métallurgie d'autrefois : Réalités, Mythes et Légendes, Ed. auteur
  • L'Ombilic arverne et Mercure Dumiatis, Ed. auteur,
  • Le Passé de Louroux-Hodement : Mégalithisme et Histoire, Ed. auteur,
  • Toponymie de Domérat, Ed. communale,
  • Jalons du passé de Bizeneuille, Ed. auteur, 65 p.
  • Essai de toponymie rurale du centre de la France, Ed. Cercle d'archéologie de Montluçon, (ISSN 1764-3910)
  • Les noms de la pierre, Montluçon, Auteur,
  • Buxières-les-Mines et la Forêt de Grobois, Ed. auteur, (notice BnF no FRBNF37026260)
  • Un géant légendaire, Gargantua : Archéologie, Légendes et Traditions, Ed. auteur, (notice BnF no FRBNF37026256)
  • Des dragons et des verms, Ed. auteur, (notice BnF no FRBNF36989836)
  • Historique et légendaire des entours du Pont-Vieux de Tauves, Ed. auteur
  • Du sauvage au follet : Noms locaux liés à la nature, Ed. auteur,
  • Au pays de la Bosse, Ed. auteur, (notice BnF no FRBNF39207249)
  • Le Bassin montluçonnais, dits et non dits : Géologie, Archéologie, Histoire, Traditions, Mythes, Ed. auteur, (ISBN 2-9522046-1-6)
  • De Neriomagos à Néris-les-Bains, Ed. Cercle d'archéologie de Montluçon, (ISBN 978-2-915233-06-3)

En collaboration avec d'autres auteurs :

  • Études archéologiques, Cercle d'archéologie de Montluçon (notice BnF no FRBNF34378801)
  • M. Piboule et E. Bertrand, Mémoire des communes bourbonnaises : Au pays de la forêt, Foyers ruraux de l'Allier, (notice BnF no FRBNF35801917)
  • M. Piboule, J. Archambault, À la recherche du passé, vues aériennes du centre de la France, Foyers ruraux de l'Allier,
  • J.Corrocher, M.Piboule, M.Hilaire, dir. M. Provost, Carte archéologique de la Gaule - 03, Académie des inscriptions et belles-lettres, (ISBN 2-87754-009-X)
  • M. Piboule, R. Geminet, P. Missioux, Teillet-Argenty à travers les siècles, Montluçon, (notice BnF no FRBNF35627157)
  • Direction R. Germain : D. Laurent, M. Piboule, A. Regond, Châteaux et emplacements castraux de l'ouest du bourbonnais, Ed. de Borée, (ISBN 2-84494-199-0)
  • Direction R. Germain : D. Laurent, M. Piboule, A. Regond, M. Thevenet,, Châteaux, fiefs, mottes, maisons fortes et manoirs en bourbonnais, Ed. de Borée, (ISBN 2-84494-199-0)

Liste non exhaustive.

Articles dans les revues régionales ou spécialiséesModifier

Auteur, Maurice Piboule, souvent en collaboration avec son épouse, Andrée, ou son fils, Michel.

  • M. et A. Piboule, « Aperçu sommaire sur la Préhistoire à Néris-les-Bains (Allier) », Revue archéologique du Centre,‎
  • M. et A. Piboule, « Le Menhir du Pirolet », Revue archéologique du Centre de la France,‎ (lire en ligne)
  • M. et A. Piboule, « La Cabane du loup à Doyet », Revue archéologique du Centre de la France,‎ (lire en ligne)
  • M. Piboule, « J. Gaussen, Le Paléolithique supérieur de plein air en Périgord. Secteur Mussidan - Saint- Astier - Moyenne vallée de l'Isle », Revue archéologique du Centre de la France,‎ (lire en ligne)
  • M. et A. Piboule, « Le Culte des sources rurales en Bourbonnais », Revue archéologique du Centre de la France,‎ (lire en ligne)
  • M. et A. Piboule, « Le Four du Sauvage à Buxières les Mines », Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France,‎
  • M. et A. Piboule, « Découvertes de sépultures d’époque vraisemblablement néolithique sur le site de Durdat-Larequille », Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France,‎
  • M. et M. Piboule, « Industries épipaléolithiques et néolithiques de l’ouest du Bourbonnais », Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France,‎
  • M. et M. Piboule, « La Vallée du Cher préhistorique. », Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France,‎
  • M. et M. Piboule, « Préhistoire autour de la forêt de Tronçais », Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France,‎
  • M. et M. Piboule, « La Station magdalénienne de Durdat-Larequille (Allier). », Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France,‎
  • M. Piboule, « Saint-Marien et Sainte-Radegonde », Bulletin de la Société de mythologie française,‎
  • M. Piboule, « Saints Sauroctones, le long de la Vallée du Haut-Cher », Bulletin de la Société de mythologie française,‎
  • M. et A. Piboule, « Mélusine en Basses Alpes. Dragon dans la Drôme », Bulletin de la Société de mythologie française,‎
  • M. Piboule, « Légendaire de Cordes-Chateloi, commune de Hérisson », Bulletin de la Société de mythologie française,‎
  • M. Piboule, « La Colline Sainte Agathe », Bulletin de la Société de mythologie française,‎
  • M. Piboule, « Le Camp de Fins ou du Numelier à Noyant d'Allier », Bulletin de la Société de mythologie française,‎

D'autres articles ont été publiés dans les bulletins ou mémoires d'associations régionales : Société des amis de Montluçon[5], Amis du Vieil Hérisson, Amis de la forêt de Tronçais[12], Société des sciences archéologiques et historiques de la Creuse[13], etc.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Hommage à Maurice Piboule, bulletin n° 23 du Cercle d'archéologie de Montluçon.
  2. Maurice Piboule, Du Maroc au Voralberg, via Roma - 1942-1945 : Journal de guerre d'un artilleur, Montluçon,
  3. a b c d e et f Colloque préhistoire du 19 novembre 2016 à Montluçon.
  4. « Index , Cercle d’archéologie de Montluçon et de la région, Allier, page d'accueil, », sur cercle-archeo-montlucon.fr (consulté le 20 novembre 2016)
  5. a et b « Les Amis de Montluçon, Société d'histoire et d'archéologie », sur www.amis-de-montlucon.com (consulté le 20 novembre 2016)
  6. a et b Ouvrages et opuscules publiés avec étude de la toponymie des communes ou des noms associés à l'eau ou à la pierre.
  7. Base Patriarche du SRA Auvergne
  8. a et b « INRAP »
  9. Fouilles préventives des Hauts-de-Buffon à Montluçon dirigées par U. Cabezuello (publication INRAP-2012)
  10. Fouilles archéologiques de Sainte-Radegonde à Budelière (Thèse de M. Pasquel, 2015).
  11. Bulletins de la Société de mythologie française : http://www.mythofrancaise.asso.fr/index2.html
  12. « Amis de la forêt de Tronçais »
  13. « SSNAH Creuse »

BibliographieModifier

  • Maurice Malleret, Encyclopédie des auteurs du Pays montluçonnais, Éditions des Cahiers bourbonnais, 1995.
  • Hommage dans le Bilan scientifique régional 2012 de la DRAC Auvergne.

Liens externesModifier