Mathieu-Ignace Van Brée

peintre flamand
Mathieu-Ignace Van Brée
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Portrait de Mathieu-Ignace Van Brée par Antoine Van Ysendyck.
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Mathieu-Ignace Van Brée, né à Anvers le et mort dans la même ville, le , est un peintre, sculpteur et architecte belge.

Mathieu-Ignace Van Brée se forme initialement à Anvers avant de s'instruire à Paris en 1796. Il remporte le second prix de Rome en 1797. Sa palette, initialement de style et de thèmes néo-classiques, évolue, après 1814, vers la peinture d'histoire relative aux sujets d'inspiration flamande et se rapprochant de l'univers pictural de Rubens.

Professeur à l'académie royale des beaux-arts d'Anvers dès 1803, il devient le directeur de cette institution qu'il réorganise de 1827, jusqu'à sa mort en 1839.

BiographieModifier

DébutsModifier

Mathieu-Ignace Van Brée, né à Anvers en 1773, est le fils d'André Jacques Van Brée (1747-1809), peintre décorateur et d'Anne Catherine Ooms (1747-1808). Il se livre de bonne heure à l'étude du dessin, de la peinture et des sciences qui s'y rattachent. Dans un premier temps, il est l'élève de Petrus van Regemorter à l'Académie de peinture d'Anvers[2]. En 1796, il se rend à Paris, où il devient l'élève du peintre parisien François-André Vincent. En 1797 il est lauréat d'un deuxième prix de Rome de l'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris pour La mort de Caton d’Utique[3],[2].

ProfessoratModifier

Le baron d'Aboville, alors préfet de la ville d'Anvers, valorise les qualités artistiques de Van Brée en le nommant professeur à l'Académie de peinture d'Anvers en 1803, puis premier professeur en 1807[2]. Entretemps, Mathieu-Ignace Van Brée épouse Maria Begga Van Pelt, dont il a un fils Julien (1805-1851). En 1817, Mathieu-Ignace Van Brée est nommé peintre ordinaire » du prince d'Orange[4]. En été 1821, Van Brée se rend à Florence et à Rome avec son élève Ferdinand de Braekeleer pour y parfaire ses connaissances. Un autre de ses élèves, Louis Riquier, épouse à Paris en 1824 Marie Catherine Thérèse Van Brée (1783-1847), sœur cadette de Mathieu-Ignace Van Brée. Parmi ses élèves figure également Théodore Schaepkens.

En 1827, Mathieu-Ignace Van Brée succède à Guillaume Herreyns à la direction de l'académie d'Anvers. Van Brée réorganise l'établissement et entreprend, parfois à ses frais, plusieurs voyages desquels il ramène des plâtres pour constituer la collection sur laquelle ses élèves travaillent. Van Brée est également un excellent anatomiste et met à profit son entendement de cette science lors des leçons qu'il dispense[2].

Dernières annéesModifier

Il exerce jusqu'à sa mort les fonctions de directeur de l'académie d'Anvers, où lui succède Gustave Wappers. Son frère cadet Philippe-Jacques van Bree, établi à Bruxelles, est également un artiste peintre de renom. Mathieu-Ignace Van Brée, de santé fragile, meurt d'une attaque d'apoplexie le dans son domicile à Anvers, après avoir été administré des derniers sacrements[5]. Trois jours plus tard, après un service funèbre à l'église Saint-Antoine, il est inhumé au cimetière de Saint-Willibrord, faubourg d'Anvers, en présence de près de mille personnes et de vingt voitures. En reconnaissance de sa carrière, la ville d'Anvers offre une pension à sa veuve Maria Begga Van Pelt[6].

ŒuvresModifier

Réception critiqueModifier

L'historien belge André Van Hasselt écrit en 1853 :

« Invention, science de composition et de dessin, sentiment de la grandeur des lignes et de l'arrangement des groupes, mais absence complète de vigueur et d'énergie pour arriver aux effets voulus de la grande peinture historique ; en un mot, Van Brée doit être plutôt considéré comme théoricien que comme praticien[...] Van Brée eut quelques fois des velléités de coloris, sensibles surtout dans ses esquisses, où cette qualité se révèle avec une spontanéité et une liberté de pinceau remarquables ; mais elles disparaissent aussitôt qu'il veut soumettre son idée à une exécution plus serrée. Alors, il devient raide, guindé, méconnaissable, presque conventionnel[...] Van Brée était malgré tout l'artiste universel[6]. »

Évolution de sa paletteModifier

D'abord inscrit dans un style néo-classique français, illustrant des thèmes inspirés de l'Antiquité, Van Brée s'adonne, après le départ des Français en 1814, à la peinture de tableaux historiques retraçant l'histoire hollandaise et flamande. Son style devient également plus évocateur de Rubens dans son utilisation d'un pinceau plus lâche et d'une palette plus chaude[7]. Ses peintures historiques offrent souvent de grandes dimensions et asseyent sa réputation de son vivant. Il a également peint des croquis à l'huile, plus petits et colorés et ce sont ces œuvres qui sont, au début du XXIe siècle, les plus estimées. Il a également réalisé quelques sculptures[7].

Sélection d'œuvresModifier

Quelques œuvres de Van Brée [2],[8] :

 
La mort de Caton, second prix de Rome en 1797.
 
Régulus retournant à Carthage, 1804.
 
Lancement du Friedland, 1810.
 
Entrée de l'empereur Napoléon le , conservé au musée d'Amsterdam.
  • La mort de Caton, 1797, conservé au Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers.
  • Portrait de Cuvier, 1798.
  • Régulus retournant à Carthage, 1804, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique.
  • Le baptême de Saint-Augustin, 1805 (église d'Anvers).
  • Entrée de Bonaparte et de Joséphine à Anvers, le , 1807, Versailles, château de Versailles.
  • Lancement du Friedland, 1810.
  • Le tirage au sort des jeunes Athéniennes dévouées au Minotaure, 1812, (esquisse à Bruxelles).
  • La piscine.
  • Entrée de l'empereur Napoléon le , 1812 ou 1813, conservé au musée d'Amsterdam.
  • Le duc de Brunswick sur son lit de mort, 1814.
  • Jacqueline de Bavière recevant Borselen dans sa prison, 1814.
  • L'ambassadeur d'Espagne rendant visite à l'amiral de Ruyter, dit le « héros de la mer ».
  • Le dévouement de van der Werff, bourgmestre de Leyde, 1816, exposé au salon de Paris de 1817 et conservé à l'hôtel de ville de Leyde.
  • Installation de l'université de Gand.
  • Le dévouement de Jeanne Sébus, 1818, conservé au Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers.
  • Guillaume d'Orange devant Hembise et les factieux de Gand, 1819, conservé à l'hôtel de ville de Gand.
  • Esquisse du tombeau de J.B. Pisson, architecte, 1819, conservé à la société royale des beaux-arts de Gand.
  • Distribution des médailles aux industriels des Pays-Bas, 1820, conservé à Gand.
  • Ugolin et ses enfants condamnés à mourir de faim.
  • Portrait du pape Pie VII, 1821, conservé au Vatican.
  • Portrait en pied de Guillaume Ier roi des Pays-Bas, 1821.
  • Portrait de général Delaitre, comte de Tilly, dessin, Paris, musée du Louvre.
  • L'Annonciation, grisaille, cathédrale Notre-Dame d'Anvers.
  • Le Mariage de la Vierge, grisaille, cathédrale Notre-Dame d'Anvers.
  • La Visitation, grisaille, cathédrale Notre-Dame d'Anvers.
  • Jésus guérissant les malades, 1824, cathédrale Notre-Dame d'Anvers.
  • Byling quittant sa famille, exposé au salon d'Anvers de 1825.
  • Portrait de Rubens, en terre cuite, 1826, musée des beaux-arts d'Anvers.
  • Portrait du baron de Keverberg, plâtre.
  • Manœuvre d'une flotte sur l'Escaut (marine).
  • La mort de Rubens, 1827, musée des beaux-arts d'Anvers.
  • Le Christ devant Pilate, 1829, église Saint-Michel de Louvain.
  • Le dernier jour de Missolonghi.
  • Le jeune Métellus défendant son père devant le tribunal de Rome.
  • Apollon parmi les bergers, 1833, exposé au salon de Gand de 1835.
  • Jésus appelant à lui les petits enfants, 1833.
  • Les âmes du purgatoire, cathédrale Saint-Martin d'Ypres.
  • Jeune femme éplorée tenant dans ses bras un vieillard expirant.
  • Sainte-Famille.
  • Portrait de Pierre André Pierets von Croonenburg, maire de Malines, pour ses 80 ans, 1836.

ÉlèvesModifier

Parmi ses élèves, figurent notamment : Ferdinand de Braekeleer, Louis Gallait, Louis Ricquier, Barthélemy Vieillevoye, Antoine Wiertz, Pierre-Joseph Witdoeck, Antoine Van Ysendyck et Gustave Wappers.

GalerieModifier

HonneursModifier

Mathieu-Ignace Van Brée est [4]:

BibliographieModifier

  • André Van Hasselt, Biographie de Mathieu-Ignace Van Brée, Bruxelles, , 39 p. (lire en ligne).
  • Pierre Loze et Alain Jacobs, Mathieu-Ignace Van Brée, catalogue d'exposition  1770-1830 Autour du Néo-classicisme en Belgique, Ixelles, Musée communal, 1985-1968, p. 148-164 et p. 414.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. « http://www.archiefbank.be/dlnk/AE_13784 »
  2. a b c d et e « Nécrologie », Journal de la Belgique : pièces officielles et nouvelles des Armées, vol. CIII, no 352,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
  3. Archives de l'art français : recueil de documents inédits relatifs à l'histoire des arts en France / publié sous la direction. de Ph. de Chennevières (p. 308)
  4. a et b Van Hasselt 1853, p. 31.
  5. « Ville d'Anvers », Journal de la Belgique : pièces officielles et nouvelles des Armées, vol. CIII, no 350,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
  6. a et b Van Hasselt 1853, p. 38.
  7. a et b (en) G.Jansen, « Van Brée family », Grove art online,‎ .
  8. Van Hasselt 1853, p. 32.

Liens externesModifier

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