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Louise Chéruit
Helleu XXIX Madame Chéruit.jpg
Paul César Helleu, Louise Chéruit (vers 1900), pointe sèche[1],[2].
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Louise LemaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Couture et confection
signature de Louise Chéruit
signature
Louise et Jacqueline Chéruit en 1910.

Louise Chéruit, souvent citée à tort comme Madeleine Chéruit, née Louise Lemaire le en France et morte en 1935[3], est une grande couturière française.

Elle dirigea la maison de couture Chéruit fondée par son mari et établie à Paris du début des années 1900 jusqu'au milieu des années 1930.

BiographieModifier

DébutsModifier

 
Deux clientes dans un salon chez Chéruit, place Vendôme à Paris en 1910.

Sa mère est couturière. Louise Lemaire se marie le avec Prosper Chéruit. Elle se forme chez Raudnitz et Cie[4]. Les sœurs Raudnitz réunissent en 1897 leurs confrères couturiers, Doucet, Lanvin, ou Chéruit, pour une tentative de réglementation dans ce qui deviendra plus tard la Chambre syndicale de la couture[5]. L'année suivante, Louise Chéruit, associée à la couturière Marie Huet, achète la Maison Raudnitz située rue de la Grange-Batelière. Elles fondent Huet et Chéruit[2] et la maison est récompensée lors de l'Exposition universelle de 1900, puis déménage ensuite place Vendôme[6], alors centre parisien de la mode depuis l'installation de Worth dans le quartier.

Maison ChéruitModifier

En 1902, Prosper Chéruit fonde la maison de couture Chéruit[7],[8] dans un grand bâtiment, œuvre de Pierre Bullet, qui va de la place Vendôme à la rue des Petits-Champs[9]. Louise Chéruit fait alors partie des cinq grands noms de la haute couture qui dominent Paris, avec les sœurs Callot, Jacques Doucet, Jeanne Lanvin, et Charles Worth[10]. En 1907, elle étend ses activités de couture vers la fourrure, puis d'autres vêtements et lingerie ainsi que des robes de mariée[11]. La maison se distingue alors plus particulièrement pour ses tailleurs et ses robes d'après-midi[4], puis un peu plus tard avec ses robes du soir et manteaux de soirée, ses fourrures, ses vêtements pour enfants, sa lingerie, corsages et trousseaux[9].

Lors de la création de la Gazette du Bon Ton en 1912, elle compose le groupe de sept maisons principalement représentées au sein de la revue, avec Dœuillet, Paquin, Poiret, Worth, Doucet et Redfern[12]. Bien que très présente dans la presse spécialisée, son nom disparaît de la gazette en 1921[13].

Les époux Chéruit s'associent avec Mme Boulanger et Mme Wormser en novembre 1909[11]. La maison a alors étendu ses ateliers jusqu'au no 25 de la place Vendôme[14].

RetraitModifier

Comme le stipule le contrat de 1909, Louise Chéruit se retire des affaires le tout en conservant des droits sur la maison[14]. L'année suivante, la maison de couture devient la propriété des deux associées : Wormser et Boulanger[9] qui apposent leurs noms sous celui de Chéruit. Le magazine Vogue précise alors qu'elles « on su garder à la maison son cachet d'époque tout en lui insufflant une grande originalité »[9]. Au début des années 1920, alors qu'une boutique est ouverte à Cannes, chaque collection présentée deux fois dans l'année est composée de 240 modèles environs[3]. La maison commercialise des robes d'inspiration cubistes peintes à la main[4] ; mais déjà vers cette époque, les robes brodées ou nettement ornementées de la maison perdent peu à peu de leur intérêt aux yeux des clientes[4]. L'association des couturières, est dissoute en 1923[13]. Louise Boulanger fonde sa propre maison de couture Louiseboulanger[15] rue de Berri puis rue Royale, laissant Madame Wormser gérer seule en son nom Chéruit jusqu'au , date de la fermeture[13]. Entre-temps cette dernière aura ouvert au cours des années 1920 à Deauville puis Biarritz et se sera diversifiée vers les parfums[13],[16]. L'emplacement de la place Vendôme est repris peu après par Elsa Schiaparelli[16].

Notes et référencesModifier

  1. Descriptif du portrait in : « Childs Gallery: Madame Chéruit ».
  2. a et b « Portrait de Madame Chéruit », Gazette Drouot (consulté le 22 octobre 2014).
  3. a et b « Roman d'une garde robe » [PDF], sur carnavalet.paris.fr, Musée Carnavalet, (consulté le 23 février 2014), p. 7
  4. a b c et d Notice biographique in : Georgina O'Hara Callan (trad. Lydie Échasseriaud), Dictionnaire de la mode [« The Encyclopaedia of Fashion »], Paris, Thames & Hudson, coll. « L'univers de l'art », (réimpr. 2011) (1re éd. 1986), 303 p. (ISBN 978-2-87811-327-3, présentation en ligne), p. 64.
  5. Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, (1re éd. 1993 Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), p. 377.
  6. Roman d'une garde-robe, La maison Chéruit, p. 165.
  7. [http://www.culture.gouv.fr/LH/LH201/PG/FRDAFAN84_O19800035v0895876.htm
  8. http://www.culture.gouv.fr/LH/LH201/PG/FRDAFAN84_O19800035v0895885.htm culture.gouv.fr].
  9. a b c et d Court historique de la maison, in : Linda Watson, Vogue. La mode du siècle : Le style de chaque décennie, 100 ans de créateurs [« Vogue Twentieth Century Fashion. 100 years of style by decade and designer »], Éditions Hors Collection, , 255 p. (ISBN 2-258-05491-5), « Les créateurs : Chéruit, Madeleine », p. 114.
  10. Watson 2000, op. cit. « 1900 - 09 » p. 15.
  11. a et b Roman d'une garde-robe, La maison Chéruit, p. 166.
  12. Marnie Fogg (trad. Denis-Armand Canal et Marie Ladame-Buschini, préf. Valerie Steele), Tout sur la mode : Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Flammarion, coll. « Histoire de l'art », , 576 p. (ISBN 978-2081309074), « L'art de l'illustration de mode », p. 209.
  13. a b c et d Roman d'une garde-robe, La maison Chéruit, p. 170.
  14. a et b Roman d'une garde-robe, La maison Chéruit, p. 169.
  15. Watson 2000, op. cit., « Les créateurs : Louiseboulanger » p. 182.
  16. a et b Roman d'une garde-robe, La maison Chéruit, p. 172.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier