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Louis Domeny de Rienzi

aventurier, illusionniste, créateur d'une auto-biographie fantasmagorique, voyageur en Océanie, professeur de géographie à Paris après 1830
Louis Domeny de Rienzi
Biographie
Naissance
Décès
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VersaillesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Louis Gabriel[1] Domeny de Rienzi (Cavaillon[2], - Versailles, ) est un voyageur français[3].

BiographieModifier

Descendant de Cola di Rienzo[4], Louis Domeny de Rienzi voyage avant 1809 avec un compagnon grec, Ariston Telesphore, en Italie, en Afrique du Nord, dans l'Asie Mineure et en Syrie. À son retour en 1809, il entre dans l'armée et devient capitaine (1814) lors des campagnes napoléoniennes.

Après un voyage dans le Caucase, il participe ensuite à la guerre d'indépendance grecque et prend part aux sièges d'Athènes et de Missolonghi avec le grade de Général d'artillerie (1822). Après la guerre, il visite l'Égypte, l'Abyssinie, l'Arabie, l'Hindoustan, les Indes néerlandaises et la Chine ainsi que, selon lui[5], la Papouasie et les Carolines occidentales. Il rassemble alors d'importantes collections botaniques, zoologiques et ethnographiques puis, en 1829, s’embarque sur le O Dourado, un navire portugais, de Canton, à destination de l'Europe. Malheureusement, le navire fait naufrage et il perd tout le fruit de son travail.

Parvenu à l'île Bourbon et apprenant les événements de la révolution de 1830, il se fait élire député des Noirs de l'île. On lui doit alors un traité en faveur des hommes de couleurs[6].

En août 1831, il revient à Paris où il se fait connaître à la Société de géographie et à la Société asiatique de Paris et de Bombay, par des polémiques avec Champollion. Membre de l'Académie de France et d'Italie, de l'Institut historique de France, de la Société de statistique universelle, il étudie les hiéroglyphes et les inscriptions cunéiformes de Rome, d'Arménie et de Syrie.

En 1833, il fait parvenir au ministère de la Marine un mémoire prônant le développement d'une politique française dans le Pacifique. Il est ainsi un des promoteurs du lobby océanien en France[7].

L'éditeur Firmin Didot l'engage en 1834 pour rédiger les volumes consacrés à l'Océanie pour sa collection L'Univers. Rienzi demande alors à Jules Dumont d'Urville de s'occuper de la partie Polynésie mais celui-ci décline l'offre et lui écrit qu'il le juge, en raison des entretiens qu'ils ont eu, autant apte que lui à ce travail.

L'ouvrage en trois volumes paraît en 1836-1837 sous le titre Océanie ou cinquième partie du monde, revue géographique et ethnographique de la Malaisie, de la Micronésie, de la Polynésie et de la Mélanésie, accompagné de trois cents lithographies de l'auteur[8]. Il s'agit d'une compilation des voyages de Cook et de Bougainville complétée par ceux de Rienzi lui-même. Numa Broc écrit : « [...] compilation assez réussie [...]. L'ouvrage, comme tous ceux de la collection L'Univers, fait plus de place à l'histoire qu'à la géographie. Si la flore et la faune exotiques ne sont pas négligées, l'auteur s’intéresse surtout aux mœurs des indigènes... »[9].

Ouvrage de référence durant plusieurs décennies, malgré quelques faits datés comme la proposition d'appeler les australiens pithécomorphes (hommes à formes de singes), L'Océanie a connu des traductions dans plusieurs langues comme en italien ou en allemand et fut intégralement réimprimé en 1872.

Louis Domeny de Rienzi s'est suicidé à l’hospice de Versailles en 1843[10]. Sébastien Rhéal dans La Tribune Indépendante de mars 1844, précise : « s'est tué d'un coup de pistolet au milieu des beaux ombrages du parc de Versailles, et l'hospice a seul recueilli ses derniers soupirs froidement enregistrés dans les colonnes de vos journaux. »

En outre de ses voyages, on lui doit aussi quelques partitions musicales et des poésies[11].

ŒuvresModifier

  • Tableau de la France, telle qu'elle a été, telle qu'elle est, telle qu'elle peut être, ou Aperçu politique et impartial sur sa restauration, 1814
  • Fragment d'un voyage dans le Caucase, 1819
  • Essai de statistique de la Chine, 1831
  • Océanie ou cinquième partie du monde, revue géographique et ethnographique de la Malaisie, de la Micronésie, de la Polynésie et de la Mélanésie, 1836-1837
  • Dictionnaire usuel et scientifique de géographie, 1845

BibliographieModifier

  • M. de Rienzi (Wikisource), Revue des deux mondes, vol.4, 1831, p. 230-238
  • Casimir-François Barjavel, Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département du Vaucluse, 1841, p. 435-437 (Lire en ligne)
  • Journal des débats politiques et littéraires du 12 octobre 1843 (nécrologie)
  • Joseph Marie Quérard, Félix Bourquelot, Charles Louandre, La littérature française contemporaine, XIXe siècle, 1857, p. 186 (Lire en ligne)
  • Numa Broc, Dictionnaire des Explorateurs français du XIXe siècle, T.4, Océanie, CTHS, 2003, p. 334-335  

Notes et référencesModifier

  1. De nombreux ouvrages et la notice qui lui est consacrée sur le site de la BNF qui les reprend indiquent, Grégoire, prénom contredit par son acte de naissance.
  2. Casimir-François Barjavel, Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département du Vaucluse, 1841, p. 435
  3. Comme le précise A. Noury dans Oubli, dénigrement et solitude : la triste fin de l'Infatigable Domeny de Rienzi (1789-1843), concernant la notice d'autorité de la BNF : « Les savants spécialistes reprennent encore aujourd'hui l'image farfelue d'un Domeny de Rienzi, affabulateur et menteur, principalement véhiculée par cette notice d'autorité. Or l'essentiel de cette notice est faux. Il est bien mort en 1843 et non après 1850, il suffit de consulter son acte de décès ».
  4. Revue des deux mondes, vol.4, 1831, p. 230
  5. La note remettant en cause ses aventures sur le site de la BNF : « Aventurier, illusionniste, créateur d'une auto-biographie fantasmagorique, qui le fait combattre à Wagram, à Waterloo, pour les Grecs en 1818 et 1822, avec Bolivar en 1819, parmi les Carbonari en 1821, sous Mehemet Ali en 1823 » est assez inexplicable et non sourcée.
  6. Pétition des hommes de couleur de l'île Bourbon à la Chambre des Députés, 1831
  7. R. Aldrich, The French Presence in the South Pacific, 1989
  8. C'est une des principales sources qu'utilise Jules Verne pour Vingt mille lieues sous les mers où il le cite dans la première partie au chapitre XX et pour Les Enfants du capitaine Grant (partie 2, chapitre XVI).
  9. Numa Broc, Dictionnaire des Explorateurs français du XIXe siècle, T.4, Océanie, CTHS, 2003, p. 335
  10. A. Noury, Oubli, dénigrement et solitude : la triste fin de l'Infatigable Domeny de Rienzi (1789-1843), 2016 (Lire en ligne)
  11. Cantate, poésie, musique et accompagnement de harpe ou piano-forte par le chevalier G. Ls Domeny de Rienzi, Pleyel, 1815 ou encore La Provençale, chant populaire et guerrier de l'armée royale du Midi, non daté

Liens externesModifier