Liste des commanderies templières dans les Pouilles

page de liste de Wikimedia
Cette liste recense les anciennes commanderies et maisons de l'ordre du Temple dans les Pouilles, en Italie.
Italy Regions Apulia Map.png
Blason des Pouilles

Histoire et faits marquantsModifier

Aux XIIe et XIIIe siècles, la région des Pouilles faisait partie du royaume de Sicile fondé en 1130.

La présence des Templiers fut importante dans les régions du sud de l'Italie, et en particulier dans les Pouilles, pour la position stratégique occupée par cette région, carrefour entre l'Orient et l'Occident. Les Pouilles faisaient partie des sept premières provinces de l'ordre. Parmi les dignitaires responsables de cette province, deux d'entre eux accédèrent à la fonction de maître de l'ordre, Armand de Périgord et Guillaume de Beaujeu.

L'expansion des Templiers en Italie est due à deux raisons principales: la viabilité des terres et la possibilité d'utiliser les ports, en particulier ceux de la côte des Pouilles (Manfredonia, Barletta, Trani, Molfetta, Bari, Brindisi), pour l'embarquement (et le retour) des pèlerins et des Croisés vers la Terre Sainte, ainsi que la fourniture et la livraison de vivres aux garnisons des Templiers en Outremer[1].

Le , dans la ville de Brindisi débute le plus important procès de l'ordre du Temple dans le royaume de Sicile, à ce moment-là dominé par Robert d'Anjou, roi de Naples, qui était également le fils de Charles II d'Anjou, cousin de Philippe le Bel, roi de France. Le procès eut lieu dans une salle du château Svevo (it), alors qu'il est parfois situé à tort dans une salle attenante à l'église Santa Maria del Casale (it), qui ne servit en fait que de bibliothèque pour les pièces du procès[2]. Les templiers en attente de jugement étaient quant à eux détenus dans les cachots des châteaux du royaume (comme dans le Château de Barletta).

Possessions templièresModifier

Province de Foggia et Province de Barletta-Andria-TraniModifier

Cette région était appelée au Moyen Âge Capitanata. Les commanderies et maisons du Temple étaient principalement consacrées à la culture et à la récolte des céréales et des légumineux, expédiés vers la Terre Sainte. Les possessions templières ont été saisies par ordre de Frédéric II de Hohenstaufen, qui en fit dresser un inventaire[3].

* château ⇒ CH, baillie (Commanderie principale) ⇒ B, Commanderie ⇒ C, Hospice ⇒ H,
Maison du Temple aux ordres d'un précepteur ⇒ M,   = Église (rang inconnu)[N 1]

Rang Etablissement Ville actuelle (ou à proximité) Observations Début présence templière
B Casa templare di Barletta Barletta commanderie portuaire et Chef-lieu de la province des Pouilles au XIIIe siècle[4] Possessions notables: L'Église Sainte-Marie-Madeleine, aujourd'hui détruite[N 2], et l'église Saint-Léonard[N 3] [3] 1158
M Canne (Santa Maria de Salinis) À proximité de San Ferdinando di Puglia ou de Margherita di Savoia Localisation incertaine[3],[N 4]
M Minervino Minervino Murge [5] acte de vente 1169[3]
C San Leonardo d'Andria Andria Confisquée vers 1228/29 par Frédéric II du Saint-Empire, devenue une possession de l'ordre Teutonique[6] 1196[3]
  San Agostino d'Andria Andria
C Spinazzola Spinazzola + 2 églises San Benedetto « de Nuce » et San Giovanni al castello (San Cesario di Lecce)[5],[7] 1137[8]
C Ognissanti del Tempio di Trani (it) Trani Commanderie portuaire[9],[10] 1143 ?[3]
M Santa Maria in Bulgano (ou Vulgano) Alberona [3] don de Conrad, comte de Molise.
Comprenait également le hameau de Serritella
[11]
? Lucera Lucera Ferme di Casanova, Santa Lucia de Rivomortuo et Machia Pentaricia[12]
M Santa Maria della Serritella Volturino l'église existe toujours (lieu de procession dit della Madonna di Serritella), elle dépendait de la maison voisine de Alberona[3],[13]
C Foggia Foggia église San Giovanni del Tempio, incendiée en 1212,
église di Sant’Arcangelo à Bersentino (ou Versentino)
[14],
église di Santa Maria à Lama Ciprandi[15]
entre 1191 et 1198[3]
C Salpi Trinitapoli église de Santa Maria de Charitate; ferme “Terra Sipontina” 1196[3]
C San Severo San Severo don de Boniface VIII[16] 1295
C Monastero di San Pietro Torremaggiore ancien monastère Bénédictin. Don complémentaire de Boniface VIII en 1295: église Sant'Andrea de Scarsia Rivalis[3] 1288
Localisation dans les Pouilles
Provinces de Foggia et de Barletta-Andria-Trani

(Liens vers les articles correspondants)

Possessions douteuses ou à confirmerModifier

Ci-dessous une liste de biens dans la province de Capitanata, pour lesquels l'appartenance aux templiers n'est pas étayée par des preuves historiques[N 5]:

Province de BariModifier

Appelée terre de Bari, ce territoire correspondait à partir du XIIIe siècle à une subdivision administrative du royaume de Sicile appelée « giustizierato » et qui était administrée par un bourreau[N 7].

* château ⇒ CH, baillie (Commanderie principale) ⇒ B, Commanderie ⇒ C, Hospice ⇒ H,
Maison du Temple aux ordres d'un précepteur ⇒ M,   = Église (rang inconnu)

Rang Etablissement Ville actuelle (ou à proximité) Observations Début présence templière
M Canne (Santa Maria de Salinis) À proximité de San Ferdinando di Puglia ou de Margherita di Savoia Localisation incertaine[19],[N 8]
M Ruvo Ruvo di Puglia L'hypothèse qu'il s'agisse du sanctuaire Santa Maria di Calentano (it) est infirmée par les publications les plus récentes[N 9] 1204 ?[19]
C San Clemente di Bari Bari 1190[19]
M +   San Giorgio da Gravina Gravina [20] 1272 ?[19]
C San Nicola Molfetta Maison qui semble dépendante de celle de Ruvo di Puglia avant de devenir une commanderie importante au XIIIe siècle[19] , [21] 1148[N 10]
  San Pietro Giovinazzo [19],[4] ?
Ch Castello del Garagnone (it)[19] Poggiorsini aussi appelé castello di Guarascone 1197
M +   Santa Maria de Muro Terlizzi, lieu-dit « Sovereto » Exploitation d'un vignoble et d'une oliveraie
Pourrait être d'origine hospitalière[7] et non templière
[5].
avant 1279[19]
Localisation dans les Pouilles
Province de Bari

(Liens vers les articles correspondants)

Possessions douteuses ou à confirmerModifier

Ci-dessous une liste de biens dans la province de Bari, pour lesquels l'appartenance aux templiers n'est pas étayée par des preuves historiques[N 11]. Il peut s'agir de légendes locales ou d'assertions non confirmées:

Provinces de Brindisi, de Lecce et de TarenteModifier

Cette région était désignée au Moyen Âge sous le nom de Terre d'Otrante. Les possessions des Templiers dans cette province du sud des Pouille ont été très limitées, sans doute à cause des possibilités médiocres de développement agricole, et du manque de ressources en eau. Exception faite des ports de Brindisi et, dans une moindre mesure, d'Otranto, plaques tournantes du transport maritime vers l'Orient.

* château ⇒ CH, baillie (Commanderie principale) ⇒ B, Commanderie ⇒ C,
Hospice ⇒ H, Maison du Temple aux ordres d'un précepteur ⇒ M,   = Église (rang inconnu)

Rang Etablissement Ville actuelle (ou à proximité) Observations Début présence templière
M Casalnuovo (Casalnovo) Manduria [23],[24]
C Lecce Lecce Église Santa Maria del Tempio dite Santa Maria della Sanità[23]
C Maruggio Maruggio Église de la Madonna della Verde[N 13]. Ils possédaient également une exploitation de mines de sel[25], et l'église San Giovanni al castello[23].
M Otrante Otrante dépendait au XIIIe siècle de la commanderie de Lecce[23]
C Saint-Georges Brindisi commanderie portuaire[23],[26],[27] 1169
  Saint-Jean du Saint-Sépulcre (it) Brindisi [26]
40° 38′ 20″ N, 17° 56′ 35″ E
C Santa Maria Al Tempio (it) Oria [28]
Localisation dans les Pouilles
Terre d'Otrante

(Liens vers les articles correspondants)

Possessions douteuses ou à confirmerModifier

  • L'église Santa Maria del Tempio aujourd'hui disparue à Galatina (proche de la place Vecchia)[23],[N 14]
  • L'église Santa Maria del Tempio à Tricase mais hormis le nom, aucune preuve ne permet d'étayer cette hypothèse[23].

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (it) Bianca Capone, Loredana Imperio et Enzo Valentini, Guida all'Italia dei Templari : gli insediamenti templari in Italia, Edizioni Mediterranee, , 327 p. (ISBN 978-8-8272-1201-1, lire en ligne), p. 239-258
  • (it) Bianca Capone, Loredana Imperio et Enzo Valentini, Italia Templare : guida agli insediamenti dell'ordine del tempio in Italia, Edizioni Mediterranee, , 244 p. (ISBN 978-8-8272-2126-6)
  • (it) Antonio Carabba, I templari a Spinazzola e dintorni : Con notizie storiche documentate sulla città tra XI e XIV secolo, Insieme, , 207 p. (ISBN 978-8-8760-2092-6, présentation en ligne)
  • Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (1re éd. 2005), 664 p., poche (ISBN 978-2-7578-1122-1)
  • (it) Barbara Frale, « Lo strano caso del processo ai Templari in Italia », dans Antonio Rigon, Francesco Veronese, L'età dei processi : inchieste e condanne tra politica e ideologia nel '300, Istituto storico italiano per il Medio Evo, , 401 p. (ISBN 978-8-8891-9059-3, lire en ligne), p. 37-57
  • (it) Hubert Houben, « Templari e Teutonici nel Mezzogiorno normanno-svevo », dans Il Mezzogiorno normanno-svevo e le crociate : atti delle quattordicesime giornate normanno-sveve, Bari, 17-20 ottobre 2000, vol. 14, Edizioni Dedalo, coll. « Atti del Centro di studi normanno-svevi dell'Università degli studi di Bari », , 417 p. (ISBN 978-8-8220-4160-9, lire en ligne), p. 251-288
  • (it) Francesco Marchionna, « I cavalieri del tempio », dans Free Brindisi : magazine settimanale free - numero 24 - 20 apr., (lire en ligne), p. 8-20
  • (it) Vito Ricci, I templari nella Puglia medievale, Edizioni Dal Sud, , 144 p. (ISBN 978-8-8755-3046-4, présentation en ligne) (Extraits accessibles en ligne ci-dessous)
    • (it) Vito Ricci, « I Templari in Terra di Puglia. Aspetti generali e storici », sur www.medievale.it, (consulté le 27 mai 2013)
    • (it) Vito Ricci, « La presenza dei Templari nelle province Pugliesi - Terra di Bari », dans I Templari nella Puglia Medievale, mondimedievali.net, (lire en ligne)
    • (it) Vito Ricci, « La presenza dei Templari nelle province Pugliesi - Capitanata », dans I Templari nella Puglia Medievale, mondimedievali.net, 2004- (lire en ligne)
    • (it) Vito Ricci, « Insediamenti Templari in Capitanata », sur www.medievale.it, (consulté le 27 mai 2013)
    • (it) Vito Ricci, « La presenza dei Templari nelle province Pugliesi - Terra d'Otranto », dans I Templari nella Puglia Medievale, mondimedievali.net, 2004. (lire en ligne)
    • (it) Vito Ricci, « Il declino dell'Ordine. Le Inquisizioni e il processo di Brindisi », dans I Templari nella Puglia Medievale, mondimedievali.net, (lire en ligne)
  • Kristjan Toomaspoeg, « Le grenier des templiers. Les possessions et l'économie de l'ordre dans la Capitanate et en Sicile », dans Arnaud Baudin (dir.), Ghislain Brunel (dir.), Nicolas Dohrmann (dir.) et al. (préf. Philippe Adnot & Agnès Magnien), L'économie templière en Occident : patrimoines, commerce, finances, Éditions Dominique Guéniot, , 543 p. (ISBN 978-2-8782-5520-1, présentation en ligne), p. 93-114
  • Kristjan Toomaspoeg, « Les ordres militaires dans les villes du Mezzogiorno », dans éd. Damien Carraz, Les ordres militaires dans la ville médiévale(1100-1350), Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise-Pascal, , 314 p. (ISBN 978-2-8451-6558-8, présentation en ligne)

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La possession d'une église ne renseigne pas sur le rôle d'un établissement ou sur sa présence à proximité immédiate car les Templiers comme les autres ordres religieux pouvaient posséder une église, en percevoir les revenus, mettre à disposition un prêtre tout en ayant leur lieu de résidence à des kilomètres de là.
  2. L'église se trouvait à l'emplacement de l'actuelle basilique Saint-Dominique, passée aux dominicains, elle fut détruite au XVIe sièclepour permettre l'agrandissement de cette dernière. cf.[3] et Notice sur cette église publiée par l'institut des technologies de construction, organisme rattaché au Conseil national de la recherche.
  3. (it) Chiesa (ecclesia) San Leonardo, il se peut qu'il s'agisse de la chapelle réservée aux templiers ou tout simplement du nom de la commanderie. Elle se trouvait dans le même quartier. cf.[3].
  4. Située dans les terres de l'ancien évêché de Canne mais pas à l'endroit même. Sur une route qui conduisait de Canne à San Cassiano (devenue depuis San Ferdinando di Puglia). On situe l'église Santa Maria de Salinis, proche de l'hospice Santa Maria di Mare, non loin des Salines à savoir l'actuelle ville de Margherita di Savoia.
  5. Absence de chartes mentionnant l'établissement comme tel. Pas de trace d'acte de donation, d'acte de vente ou de document attestant d'un précepteur templier. Il peut s'agir de légendes locales ou d'assertions non confirmées
  6. possession incertaine, car l'interprétation des deux chartes mentionnant un précepteur dans cette ville pourrait en fait indiquer un frère templier qui travaillait auprès de l'évêque de Troia[18]
  7. Giustiziere (it)
  8. Située dans les terres de l'ancien évêché de Canne mais pas à l'endroit même. Sur une route qui conduisait de Canne à San Cassiano (devenue depuis San Ferdinando di Puglia). On situe l'église Santa Maria de Salinis, proche de l'hospice Santa Maria di Mare, non loin des Salines à savoir l'actuelle ville de Margherita di Savoia.
  9. Hypothèse proposée par Fulvio Bramato dans un ouvrage de 1991, (it) Storia dell'ordine dei templari in Italia, non retenue par Bianca Capone, cf. Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 240-241 et infirmée dans l'ouvrage le plus récent, cf. Ricci 2009.
  10. Premières donations de terres dans ce secteur mais la première maison près de l'église Saint-Nicolas n'est mentionnée qu'en 1204.
  11. Absence de chartes mentionnant l'établissement comme tel. Pas de trace d'acte de donation, d'acte de vente ou de document attestant d'un précepteur templier.
  12. Compte tenu de sa proximité avec Andria et Ruvo di Puglia, sachant que les hospitaliers ne semblent pas présents avant la dévolution des biens de l'ordre du Temple dans ce secteur.
  13. Anciennement église Santa Maria del Tempio. Emplacement vraisemblable de la commanderie au temps des templiers. Les hospitaliers à qui ces biens furent dévolus établirent leur commanderie dans l'ancien château de la ville.
  14. Mentionnée par l'historien local Michele Montanari dans un ouvrage intitulé Storia di Galatina, p.  212

RéférencesModifier

  1. Ricci 2008
  2. Marchionna 2012, p. 15
  3. a b c d e f g h i j k l et m Ricci 2004-
  4. a et b Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 248
  5. a b et c Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 240-241
  6. Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 239
  7. a et b Ricci 2009
  8. Houben 2002, p. 257
  9. Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 247
  10. Marchionna 2012, p. 10
  11. Ricci 2008, « Alberona ».
  12. Ricci 2008, « Lucera ».
  13. Ricci 2008, « Volturino ».
  14. Ricci 2008, « Versentino (Bersentino) ».
  15. Ricci 2008, « Lama Ciprandi ».
  16. Pasquale Corsi, San Severo nel Medioevo, dans Studi per una storia di San Severo, édité par Benito Mundi, San Severo, 1989, p. 195-199.
  17. Ricci 2008, « Troia ».
  18. Houben 2002, p. 262
  19. a b c d e f g et h Ricci 2004
  20. Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 241
  21. (it) Templiers et Hospitaliers à Molfetta entre les XIIe et XVe siècles (Templari ed Ospitalieri a Molfetta tra XII e XV secolo) Atti del XXVIII Convegno di Ricerche Templari, Anghiari (AR), 17-18 settembre 2010, a cura della Libera Associazione Ricercatori Templari Italiani (LARTI), Edizioni Penne & Papiri, Tuscania 2011 - téléchargeable sur academia.edu
  22. Ricci 2004, p. 1
  23. a b c d e f et g Ricci 2004.
  24. Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 258
  25. Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 255-258
  26. a et b Marchionna 2012, p. 10-11
  27. (it) Giacomo Carito - Brindisi e i Templari. Fra mito e leggenda article de Giacomo Carito Brindisi et les Templiers. Entre mythe et légende sur academia.edu
  28. Capone, Imperio et Valentini 1997, p. 252