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Le Naturien

périodique mensuel libertaire publié en 1898 et « revendiquant l'indépendance absolue par le retour à la Nature (et non à l'état primitif) »

Le Naturien
Image illustrative de l’article Le Naturien
En-tête du premier numéro du 1er mars 1898

Périodicité mensuelle
Genre presse libertaire
Date de fondation mars 1898
Date du dernier numéro juin 1898

Directeur de la rédaction Honoré Bigot

Le Naturien est un périodique mensuel libertaire publié en 1898 et « revendiquant l'indépendance absolue par le retour à la Nature (et non à l'état primitif) »[1].

Dès les années 1890, le « naturianisme » promeut la désertion du monde industriel alors en pleine expansion, en faveur du retour à l'état naturel de la Terre, à la vie naturelle, dans une démarche de simplicité volontaire[2].

Le mouvement naturien est un précurseur de la décroissance[3],[4].

Éléments historiquesModifier

Le terme naturianisme apparait à Paris, en 1894, sous la plume du peintre dessinateur Émile Gravelle qui publie le journal illustré L’État naturel et la part du prolétaire dans la civilisation (1894-1898)[5],[2].

Le Naturien lui succède et publie quatre numéros entre mars et juin 1898[6].

Émile Gravelle[7] et Henri Zisly[8] participent à la rédaction. On trouve également le nom de Henri Beylie au sommaire du premier numéro[9].

L'ensemble de la publication fait l'objet d'une réimpression, à Reims en 1992, sous la direction de Tanguy L'Aminot[10],[11].

PostéritéModifier

De 1921 à 1925, puis en 1927 à l'initiative de Louis Rimbault[12],[13], est publié Le Néo-naturien, « revue (mensuelle) des idées philosophiques et naturiennes » à laquelle participent, notamment, Sophie Zaïkowska[14], Jean Lébédeff[15] et Georges Butaud[16].

Selon Henry Le Fevre, qui en fut le fondateur et le gérant[17],[18], « Le néo-naturianisme est un réactif contre notre époque de décadence et de dégénérescence, contre la vie de laideur que crée notre société industrialiste standardisée, taylorisée, où l'individu est broyé. A la ville tentaculaire, au luxe insolent, au mensonge, à la chimie meurtrière, à la vie artificielle, aux forces du mal et de la contrainte, le néo-naturianisme oppose son principe de vie : La Liberté dans la Nature »[19].

Selon Serge Latouche, « Dans leurs conflits et divergences, dans leur contradictions mêmes, les naturiens furent d'indéniables précurseurs de la décroissance, de son utopie comme de ses difficultés »[4].

Bibliographie et sourcesModifier

  • Arnaud Baubérot, Les Naturiens libertaires ou le retour à l'anarchisme préhistorique, Mil neuf cent, revue d'histoire intellectuelle, 2013/1 (n° 31), pp. 117-136. [lire en ligne].
  • René Bianco, Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, thèse de doctorat, Université d’Aix-Marseille, 1987, 3503 pages, Le Naturien.
  • René Bianco, Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, thèse de doctorat, Université d’Aix-Marseille, 1987, 3503 pages, Le Néo-naturien.
  • Collectif, Le Naturien, fac-similé de la collection complète du journal (1898), suivi de L’Ordre naturel. Clameurs libertaires antiscientifiques (1905), précédé de L’écologie en 1898 par Tanguy L’Aminot, Éditions du Sandre, 2018, (ISBN 978-2-35821-112-3), présentation éditeur.
  • Jules Pigeon, Rapport sur le mouvement naturien, L'An-Archiste, Bruxelles, n°13, 22 janvier 1899, [lire en ligne].

Sources primairesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (notice BnF no FRBNF32822485).
  2. a et b Henri Zisly, « Naturianisme », Encyclopédie anarchiste, initiée par Sébastien Faure, 1925-1934, [lire en ligne].
  3. Henri Zisly, « Ce que sont exactement les naturiens », La vie naturelle, numéro 4, fructidor-vendémiaire 1910, lire en ligne.
  4. a et b Serge Latouche, Les précurseurs de la décroissance : Une anthologie, Le Passager clandestin, coll. « Les précurseurs de la décroissance », , 270 p. (ISBN 978-2-36935-054-5), p. 81-84.
  5. René Bianco, Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, thèse de doctorat, Université d’Aix-Marseille, 1987, 3503 pages, L’État naturel et la part du prolétaire dans la civilisation.
  6. René Bianco, Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, thèse de doctorat, Université d’Aix-Marseille, 1987, 3503 pages, Le Naturien.
  7. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Émile Gravelle.
  8. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Henri Zisly.
  9. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Henri Beylie.
  10. (notice BnF no FRBNF36661841), (OCLC 466415911), sudoc.fr, data.bnf.fr.
  11. Centre d'étude de la langue et des littératures françaises (CELLF) à l'Université Paris-Sorbonne, Tanguy L'Aminot, responsable de programme scientifique CNRS.
  12. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron », 2014 : Louis Rimbault.
  13. L'Éphéméride anarchiste : Le Néo-naturien.
  14. René Bianco, Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, thèse de doctorat, Université d’Aix-Marseille, 1987, 3503 pages, Le Néo-naturien.
  15. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Jean Lébédeff.
  16. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron », 2014 : Georges Butaud.
  17. Arnaud Baubérot, Aux sources de l'écologisme anarchiste : Louis Rimbault et les communautés végétaliennes en France dans la première moitié du XXe siècle, Le Mouvement Social, 2014/1 (n° 246), pp. 63-74, DOI:10.3917/lms.246.0063, [lire en ligne].
  18. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron », 2014 : Henry Le Fevre.
  19. Henry Le Fevre, « Néo-naturianisme », Encyclopédie anarchiste, initiée par Sébastien Faure, 1925-1934, [lire en ligne].