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Sébastien Faure

écrivain anarchiste français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Faure et Sébastien Faure (homonymie).
Sébastien Faure
Description de cette image, également commentée ci-après
Sébastien Faure
Naissance
Saint-Étienne (France)
Décès (à 84 ans)
Royan (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Autres activités

Sébastien Faure, né le à Saint-Étienne et mort le à Royan, est un agent d’assurances puis conférencier professionnel.

Propagandiste anarchiste français de renommée internationale, franc-maçon , il est aussi un pédagogue libertaire à l'initiative de La Ruche et l'initiateur de l'Encyclopédie anarchiste en 1925[1].

Sébastien Faure ne fut pas à proprement parler un théoricien, mais surtout par l’écrit et par la parole, un vulgarisateur[2].

BiographieModifier

 
Fiche de police
 
« Dreyfus est innocent », affiche pour une conférence animée par Sébastien Faure (1898).

JeunesseModifier

Sébastien Faure né dans une famille traditionaliste et conservatrice, il est le quatrième enfant d'une famille qui en compte six. Son père, Auguste Faure, négociant en soieries, bourgeois nanti, catholique pratiquant, partisan de l'Empire, décoré de la Légion d'honneur, le destine à la Compagnie de Jésus[3], avec lesquels il fait de grandes études. Après avoir commencé ses études de séminariste et un noviciat, il les interrompt à la demande de son père qui connait un revers de fortune important, lui faisant promettre d'abandonner la prêtrise pour se consacrer aux affaires de la famille[4].

Il se conforme à cette promesse et s'adonne au commerce, puis accomplit ses obligations militaires à partir de 1878. Il passe ensuite une année en Angleterre avec de revenir et s'installer à Saint-Etienne ou il est inspecteur d'une compagnie d'assurances. Il épouse vers 1881, Blanche Faure, sans liens de parenté, [5] d'origine protestante et s'installe avec elle vers 1885 à Bordeaux. Il décide de rompre avec le milieu d'où il est issu et il s'engage dès lors dans le socialisme militant. Il représente le Parti ouvrier (Guesdisme) aux élections législative d'octobre 1885. Il n'est pas élu. La vie militante n'étant pas appréciée de son épouse, ils divorcent et s'installe seul à Paris en 1888[4].

Militant libertaireModifier

Installé à Paris en 1888, il se détache peu à peu du guesdisme et s’intéresse au mouvement anarchiste. Il devient un ardent propagandiste de l’idéal libertaire, parcourant la France en tous sens pour présenter des conférences aux titres percutants ou provocateurs : Douze preuves de l’inexistence de Dieu, La Pourriture parlementaire, Ni commander, ni obéir ... Ses tournées, minutieusement préparées, obtiennent bientôt un grand succès. Ses principales cibles sont l’État, le Capital et la religion.

En 1894, il devient le tuteur de Sidonie Vaillant après l’exécution de son père, Auguste Vaillant.

Lors du Procès des Trente, le 6 août 1894, devant la cour d'assises de la Seine, il fait partie des accusés mais en sort acquitté, défendu par Georges Desplas.

En 1895, il fonde, avec Louise Michel, le journal Le Libertaire.

Lors de l'affaire Dreyfus, il est l'un des leaders du combat dreyfusard[6], après avoir fait le mea culpa des anarchistes sur leurs propos antisémites[7].

La RucheModifier

Article détaillé : La Ruche (école).

En 1904, il crée près de Rambouillet une école libertaire, La Ruche.

La guerre de 1914-1918 révèle de profondes divergences au sein du mouvement libertaire. Tandis que Pierre Kropotkine et Jean Grave se rallient à L’Union sacrée, Errico Malatesta reste résolument antimilitariste. En France, Sébastien Faure est un des premiers à prendre ouvertement position en publiant un manifeste intitulé Vers la paix qui lui vaut une convocation au ministère de l’Intérieur au cours de laquelle il subit des pressions policières menaçant directement ses proches portant l'uniforme. Le ministre radical Louis-Jean Malvy le « persuade » d’interrompre sa campagne pacifiste. Celle-ci fut reprise par d’autres : Louis Lecoin, Pierre Ruff, Pierre Chardon, Émile Armand, puis plus tard par Sébastien Faure lui-même avec la publication d’un hebdomadaire de quatre pages intitulé Ce qu'il faut dire.

En février 1917, La Ruche ferme définitivement du fait des restrictions imposées par la Première Guerre mondiale.

 
La salle d'études à La Ruche.
 
La manchette de Ce qu'il faut dire du 2 avril 1916.

Sébastien Faure s'installe à Paris, où il ouvre une imprimerie La Fraternelle, au 55 rue Pixérécourt Paris 20e, qui fermera en même temps que son périodique, quand il quittera Paris en décembre 1917.

À cette date, une plainte est déposée contre lui pour outrages publics à la pudeur. Condamné par défaut à deux ans de prison, il revient à Paris où il est arrêté le 11 janvier 1918. Son procès a lieu le 28 janvier, et sa condamnation ramenée à six mois d'emprisonnement. Bien qu'affirmant être victime d'une injustice, Sébastien Faure décide de ne pas faire appel, et purge sa peine[8],[9].

Une autre affaire de mœurs vient ternir sa réputation : il est condamné à 8 mois de prison le 15 juin 1921, mais bénéficie d'une remise de peine[10],[11].

L’Encyclopédie anarchisteModifier

Article détaillé : Encyclopédie anarchiste.

En janvier 1922, il publie le premier numéro de La Revue anarchiste[12], qu'il animera jusqu'en 1925.

En 1934, il est à l'initiative de l’Encyclopédie anarchiste[13] projet ambitieux qui réunit plusieurs centaines de collaborateurs, parmi lesquels se trouvent, outre Sébastien Faure lui-même, Luigi Bertoni, Pierre Besnard, Émile Armand, Han Ryner, Augustin Souchy, Max Nettlau, Voline, Aristide Lapeyre, etc. Seule la première partie, en quatre volumes totalisant 2893 pages sont publiés.

En 1936, il soutient activement les révolutionnaires espagnols. Des volontaires français créent la centurie Sébastien-Faure qui intègre la colonne Durruti durant la guerre civile espagnole[13] et combat devant Saragosse. Lui-même s'y rend en août de la même année.

Ce sera son dernier combat important. Il milite ensuite pour un pacifisme intégral, mais son audience est de plus en plus limitée.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, quelque peu dépassé par les événements, il séjourne à Royan avec sa femme qu’il retrouve après quarante ans de séparation. Il y meurt d’une congestion cérébrale le 14 juillet 1942.

Théorie pédagogiqueModifier

Il oppose à la méthode traditionnelle de la pédagogie, qu'il dit déductive, qui consiste à expliquer les concepts aux élèves qui doivent les assimiler, une pédagogie inductive qu'on peut voir comme plus moderne, laquelle laisse l'étudiant faire le gros du travail par lui-même. « Qui cherche, fait l'effort. »

Néo-malthusianismeModifier

Sébastien Faure adopte vers 1902 les théories néo-malthusiennes développées en France par le pédagogue libertaire Paul Robin. Aux côtés d’Eugène Humbert, il fait de nombreuses conférences anti-natalistes et néo-malthusiennes.[réf. nécessaire]

Franc-maçonnerieModifier

Article détaillé : Anarchisme et franc-maçonnerie.

Sébastien Faure est initié le 28 juin 1884 à la loge Vérité du Grand Orient de France, à Bordeaux, il passe compagnon et maître le même jour 31 octobre 1884. Le 3 novembre 1905, il s'affilie à la loge Le Progrès à Paris. Il démissionne de la franc-maçonnerie le 20 décembre 1917 après 33 ans d'appartenance, déçu par son courant nationaliste majoritaire lors de la Première Guerre mondiale[14].

ŒuvresModifier

De 1925 et 1934, il est l'initiateur de l'Encyclopédie anarchiste.

Reconnu pour sa pédagogie et ses qualités d'orateur, Faure est aussi l'auteur de nombreux livres et textes dont :

Notes et référencesModifier

  1. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  2. Cédric Guérin, Anarchisme français de 1950 à 1970, Mémoire de Maitrise en Histoire contemporaine sous la direction de Mr Vandenbussche, Villeneuve d’Ascq, Université Lille III, 2000, texte intégral, page 19.
  3. Yves Peyraut, Sébastien Faure, Fondateur du Libertaire avec Louise Michel en 1895, Le Monde libertaire, 1995.
  4. a et b Guillaume Davranch, Le Maitron, Dictionnaire des anarchistes par Jean Maitron, (lire en ligne), « Faure Sébastien ».
  5. La Rue - Revue culturelle et Littéraire d'expression anarchiste n°7 p.57  [lire en ligne]
  6. Voir sa brochure : Les Anarchistes et l'affaire Dreyfus (imprimerie Lafont, 1898). Réédité en 2002 par la CNT Région parisienne. Plus largement sur le dreyfusisme de Faure, voir Philippe Oriol, L'Histoire de l'affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, Les Belles Lettres, 2014. Voir aussi sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus à paraître chez Champion et dont la notice Faure se trouve en ligne sur le site de la Société internationale d'histoire de l'affaire Dreyfus : http://affaire-dreyfus.com/2015/01/07/a-propos-de-sebastien-faure-et-de-laffaire-dreyfus/
  7. Pierre Michel, « ANTISEMITISME | Thèmes, interprétations », sur mirbeau.asso.fr (consulté le 23 juin 2019)
  8. Roland Lewin, Sébastien Faure et la Ruche, Éditions Ivan Davy, 1989, pages 198 à 200
  9. Une infamie, l'affaire Sébastien Faure, Les dessous d'une audieuse machination, Éditions de la Librairie Sociale, 1918.
  10. Roland Lewin, Sébastien Faure et la Ruche, Éditions Ivan Davy, 1989, pages 203-204.
  11. Détails du dossier : voir Archives de la Préfecture de Police de Paris BA /1704
  12. Articles « Les sports du militant », « Le sport principal : la pensée », et « La violence anarchiste » in Louise Michel - Sébastien Faure. Discours et articles, Éditions de l'Épervier, 2010
  13. a et b Dictionnaire de l'anarchie de Michel Ragon, articles « Faure » et « Encyclopédie anarchiste ».
  14. Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les anarchistes dans la franc-maçonnerie, éditions Alternative libertaire, 1996, lire en ligne.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

RadioModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier