Lalitavistara

Le Lalitavistara Sūtra (Soutra du Jeu en déploiement[1]) un sûtra qui présente une biographie du Bouddha Shākyamuni de sa dernière existence jusqu’au premier enseignement qu'il donna à Bénarès[1],[2], à l'âge de trente-cinq ans environ.

Le texteModifier

Cet ouvrage est une importante biographie du Bouddha, rédigée en sanskrit et comportant 27 chapitres[3],[1]. Il s'agit d'une œuvre sans doute relativement tardive. On la date en effet du IIIe ou IVe siècle de l'ère commune[2]. Il s'agit d'un texte intermédiaire entre ceux du Hīnayāna et du Mahāyāna, parfois vu relevant de l'école des Sarvāstivādin, parfois comme un soutra Mahâyana[1].

Dans cet ouvrage, le Bouddha est décrit comme un être sublime qui accomplit des prodiges surnaturels et des actions merveilleuses. On y relate la naissance du Bouddha, sa renonciation à la vie séculière, son Éveil, son premier prêche du Dharma. À titre d'exemple d'actes merveilleux, on peut mentionner sa naissance[2]: tout d'abord, le Bouddha vient au monde par le flanc droit de sa mère, et immédiatement il fait sept pas. Après quoi il prédit à Ananda qu'il y aura des sots qui ne croiront pas aux miracles qui entourent sa naissance et qui rejetteront le Lalitavistara, en conséquence de quoi ils renaîtront dans les enfers.

Ce soutra fut traduit en chinois en 308 par Dharmarakṣa (竺法护) qui lui donna le titre de Soutra de la lumière universel (chinois : 普曜经, pǔyào jīng — japonais : Fuyo kyo 普曜経). En 683, Divākara (地婆诃罗, 日照) réalisa une nouvelle traduction qu'il intitula Le Soutra développé de la grande ornementation (chinois : 方广大庄严经, fāngguǎnlle dà zhuāngyán jīng) — japonais : Hoko Daishogon)[4].

RéférencesModifier

  1. a b c et d Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme, Paris, Seuil, , 949 p. (ISBN 978-2-02-082273-2), p. 322
  2. a b et c (en) Robert E. Buswell Jr. et Donald S. Lopez Jr .,The Princeton Dictionary of Buddhism, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 0691157863), page 464.
  3. Robert E. Buswell Jr., (Ed.), Encyclopedia of Buddhism, Thomson -Gale, p. 450.
  4. Ducoeur 2018, Format Kindle 73.

BibliographieModifier

Traductions françaisesModifier

  • Philippe-Édouard Foucaux, Le Lalitavistâra (IIIe s. ?)
    • traduction de l'original sanskrit : Le Litara Vistara. Développement des jeux : contenant l'histoire du Bouddha Çakya-Mouni depuis sa naissance jusqu'à sa prédication, Leroux, 1884-1892 ; réimpr. Le Lalitavistara : l'histoire traditionnelle de la vie du Bouddha Çakyamuni, Les Deux Océans, 1988, 1992, 450 p., (ISBN 2866810228 et 9782866810221) Paris 1860 - Lire en ligne
    • traduction de la version tibétaine : Rgya Tch'er Rol Pa, ou Développement des Jeux, contenant l'histoire du Bouddha Çakya-Mouni, traduit sur la version tibétaine du Bkah Hgyour, et revu sur l'original sancrit (Lalitavistâra), Imprimerie Nationale, 1847-1848 ; 1858, 438 p. - Lire en ligne
  • Lalitâvistara. Vie et doctrine du Bouddha tibétain, trad. Jean-Pierre Pauthier et Pierre-Gustave Brunet (1866), Présentation et notes de Guy Rachet, Éditions Sand,1996, 358 p.
  • Vie du Bouddha : Extraits du Lalitâvistara, trad. Jean-Pierre Pauthier et Gaston Brunet (1866), Présentation et notes de Guy Rachet, J'ai lu, coll. Librio, 2004, 91 p.

ÉtudesModifier

  • Guillaume Ducoeur, Lalitavistara sûtra. La vie du Buddha : Commentaire de Guillaume Ducœur, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, , 158 p. (ISBN 979-10-344-0010-2).  
  • Guillaume Ducoeur, « Le bodhisattva à la salle d’écriture. Histoire rédactionnelle et datation », Revue de l’histoire des religions, 231 - 3,‎ , p. 385-424 (lire en ligne).  
  • Bernard Faure, Les mille et une vie du Bouddha, Paris, Seuil, , 423 p. (ISBN 978-2-02-117591-2).  
  • Philippe-Édouard Foucaux, Étude sur le Lalita Vistara pour une édition critique du texte sanskrit, précédée d'un coup d’œil sur la publication des livres bouddhiques en Europe et dans l'Inde, Maisonneuve, 1870. (Lire en ligne - Consulté le 5 avril 2020)
  • Jan Willem de Jong, « Recent Japanese Studies on the Lalitavistara », Indologica Taurinensia, no 23-24 (1997-1998), p. 247-255. (Lire en ligne - Consulté le 6 mars 2020)