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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bodhi (homonymie).

Bodhi est un terme pāli et sanskrit (devanāgarī : बोधि) signifiant « intelligence », « connaissance parfaite », « révélation »[1]. Dans le bouddhisme ce terme désigne la délivrance, l'illumination, ou l'état d'éveil d'une personne libérée du saṃsāra, le cycle des renaissances et le tourbillon des passions[2]. L'abréviation « Bodhi » est également utilisée pour désigner l'arbre de la Bodhi qui, dans le bouddhisme, est vénéré comme un symbole du Bouddha.

Atteindre la bodhiModifier

Selon les enseignements bouddhistes, un bouddha est un être qui a atteint la pureté et la perfection de son esprit par son propre pouvoir, c’est-à-dire non grâce à des instructions et des directives étrangères, et a ainsi atteint un épanouissement sans limites de toutes « ses » potentialités : sagesse parfaite (Prajñā) et compassion infinie (karuṇā) avec tout être vivant et donc toute sérénité.

Les conditions préalables sont la compréhension complète des quatre nobles vérités, le dépassement de tous les besoins et illusions qui nous lient à l'existence, et donc la disparition de toutes les forces du karma. La bodhi rompt le cycle de la souffrance, le saṃsāra, et le nirvana est atteint.

Pour y parvenir, selon la légende, le Bouddha Shakyamuni a donné 84 000 enseignements au cours de sa vie, tous destinés à mettre fin à la souffrance dans le saṃsāra et à atteindre la bodhi. Les systèmes de pratique de toutes les écoles bouddhistes sont basés sur les enseignements de Bouddha, qui forment le noyau des enseignements, le Dharma, mais dans certains cas mettent l'accent sur différents aspects.

Dans le bouddhisme theravāda, par contre, elle est toujours perçue comme une percée fulgurante pour saisir la vérité/réalité, même si le chemin qui y mène peut être difficile à travers un chemin de pratique.

Dans le bouddhisme theravādaModifier

Bodhi est l’expérience d’éveil spirituel vécue par Gautama Bouddha et ses disciples. Un tel état, dans la conception de cette école, est réalisé quand les dix empêchements (ou actes non vertueux : tuer, voler, l'inconduite sexuelle, tromper, mentir, les paroles dures, les paroles futiles, l'envie, la malveillance, les vues erronées) qui lient un être humain à la roue du saṃsāra ont été dissous, quand les quatre nobles vérités ont été profondément comprises et quand les conditionnements psychologiques ont été détruits.

Bodhi est l’objectif ultime de la vie d’un bouddhiste. L'Éveil implique la pratique du noble sentier octuple, menée à bien jusqu'à ce que le pratiquant devienne un des quatre êtres nobles.

Dans le bouddhisme zenModifier

Dans le bouddhisme zen, il existe deux doctrines différentes : celle de la Bodhi comme expérience spontanée et soudaine (par exemple Hui Neng, le 6ème Patriarche) et celle de l'auto-complétion méditative progressive (par exemple Shenxiu)[3] Mais même l'expérience spontanée ne constitue pas un processus unique par lequel la connaissance finale est atteinte dans son intégralité absolue, mais tous les maîtres ont approfondi leur compréhension acquise depuis des décennies, souvent également avec les autres maîtres. Selon ces enseignements, l'idée de pouvoir atteindre ou même de vouloir atteindre l'"illumination" de la foudre est préjudiciable à une pratique méditative calme et patiente et a plutôt l'effet contraire.

Bodhi et degrés de réalisation selon le bouddhismeModifier

Bouddha PratyekaModifier

Le Bouddha Pratyeka n'atteint la bodhi que par ses propres efforts, sans l'aide des enseignants. Selon le Tripitaka, de tels bouddhas n'apparaissent que lorsque le Dharma, l'enseignement, a été perdu. A ces moments-là, plusieurs Bouddhas Pratyeka peuvent apparaître en même temps. Leur capacité à aider les autres à atteindre bodhi est considérée comme inférieure à celle des arhats et des bodhisattvas.

Bouddha SravakaModifier

Le Bouddha Shravaka atteint la bodhi avec l'aide des enseignants. Un tel éveilleur est appelé arhat dans le Theravada. Les arhats sont considérés comme de bons enseignants qui, notamment en raison de leur propre expérience, peuvent aider d'autres personnes à atteindre bodhi eux-mêmes. Dans la représentation du Mahayana, un arhat a surmonté l'idée de l'ego, mais est toujours lié à la dualité sujet-objet. Ce qui signifie une contradiction, car sans l'idée de l'ego, il ne peut y avoir de connexion sujet-objet.

Par conséquent, après le Mahayana, il est encore nécessaire de passer par dix niveaux de bodhisattva afin d'atteindre finalement la bodhi. D'autre part, un arhat dans l'enseignement original a surmonté toute adhésion et ignorance et n'est donc plus lié à rien.

Bouddha parfaitement éveilléModifier

Le Bouddha pleinement éveillé (Samyak-Sambuddha) est considéré comme la forme parfaite, la plus compatissante et la plus omnisciente d'un bouddha qui a pleinement saisi le Dharma par ses propres efforts et est capable de le transmettre aux autres de telle sorte qu'eux aussi sont délivrés du cycle du saṃsāra. Le Bouddha historique Shakyamuni (de la famille Shakya) était un bouddha pleinement éveillé. Selon la tradition bouddhiste, un bouddha pleinement éveillé apparaît au début d'un Nouvel Age. Selon la tradition, le Bouddha a prophétisé mille bouddhas de ce genre pour cet éon ; lui, le Bouddha Shakyamuni, était le quatrième d'entre eux. Le prochain Bouddha s'appellera Maitreya[4].

Notes et référencesModifier

  1. Gérard Huet, The Sanskrit Heritage Dictionary
  2. (en) Charles S. Prebish, The A to Z of Buddhism, New Delhi, Vision Books, , 280 p. (ISBN 978-81-7094-522-2), p. 68 et 69.
  3. Yuanwu, 1063-1135., Bi-yän-lu Koan-Sammlung ; Aufzeichnungen des Meisters vom Blauen Fels, Kösel, (ISBN 3466204437 et 9783466204434, OCLC 76053437, lire en ligne)
  4. Gregory, Peter N., 1945- et Kuroda Institute., Sudden and gradual : approaches to enlightenment in Chinese thought, Motilal Banarsidass Publishers, (ISBN 8120808193 et 9788120808195, OCLC 35015988, lire en ligne)

Voir aussiModifier