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L'Affaire Dreyfus (film, 1899)

film français sorti en 1899
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L'Affaire Dreyfus
Description de cette image, également commentée ci-après
L'Affaire Dreyfus (1899), photogramme du film.

Réalisation Georges Méliès
Sociétés de production Star film
Pays d’origine France
Genre Film politique
Durée 13 minutes
Sortie 1899

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Affaire Dreyfus est un film muet français réalisé par Georges Méliès, sorti en 1899. Le film traite de manière réaliste de l'affaire Dreyfus, contemporaine de sa réalisation.

Circonstances et argumentModifier

Le film est réalisé en 11 tableaux début 1899 au moment du procès de Rennes[1].

En 1894, après son jugement militaire et sa dégradation infamante (on lui arrache ses épaulettes et l'on brise son sabre d'officier), transféré au bagne de l'île du Diable (Guyane) pour haute trahison (il aurait livré à l'ennemi prussien des documents classés secret défense), le capitaine Alfred Dreyfus est attaché à son lit chaque nuit. Le suicide du colonel Henry et sa lettre de confession permettent son retour en France et ouvrent la perspective d'un nouveau procès. À Rennes, l'accusé prépare sa défense avec l'avocat Fernand Labori, qui réchappe de peu d'un attentat. Le film se termine sur la conclusion du nouveau procès, tenu en 1899, où Dreyfus est reconnu coupable de trahison mais « avec circonstances atténuantes ».

Fiche techniqueModifier

L'affaire Dreyfus, 1899

InterprétationModifier

Contexte historiqueModifier

 
Scène Entrevue de Dreyfus et de sa femme (prison de Rennes). Méliès, à gauche, joue le rôle de Fernand Labori.

Entièrement tourné en octobre 1899, peu après le procès de Rennes[2], c'est-à-dire cinq ans seulement après les débuts de « l'Affaire » (comme on l'appelle à l'époque, vu sa portée politique de première importance) qui divise la France en deux camps, ce film ouvertement « dreyfusard » reconstitue de manière chronologique et séquentielle des faits avérés.

Plusieurs années plus tard, le 12 juillet 1906, le jugement de 1899 est cassé, Dreyfus réintégré le lendemain dans l'armée, au grade supérieur, et le 21 juillet de la même année, nommé chevalier de la Légion d'honneur[3].

RéceptionModifier

Le film connait le succès surtout à l'étranger, en Allemagne, en Italie et aux États-Unis. La réussite de cette production Star Film incite Pathé à se lancer dans l'actualité reconstituée, qui devient un genre dominant dans les années qui suivent[2].

AnalyseModifier

Premier film de cette longueur dans l'œuvre de Méliès, cette reconstitution d'une dizaine de minutes, qui fait de lui le premier cinéaste de l'affaire Dreyfus, est généralement considérée comme le premier film politique jamais réalisé[2].

« L'Affaire Dreyfus est le premier film politique et militant. Un film qui tranche par sa gravité avec la carrière de l'illusionniste, jusque-là orientée vers la fantaisie et la farce. Méliès est convaincu de l'innocence du capitaine Dreyfus, accusé à tort d'intelligence avec l'ennemi et condamné aux travaux forcés, et il reconstitue avec réalisme plusieurs épisodes de « l'Affaire » qui divise les Français, partagés entre dreyfusards, plutôt de gauche, et antidreyfusards qui pensent que le capitaine Dreyfus est coupable de trahison avec l'Allemagne puisqu'il est juif. L'Affaire Dreyfus est une reconstitution jouée par des comédiens, il dure une dizaine de minutes et il est composé de plusieurs tableaux, annoncés par leur titre et mis bout à bout, Dégradation, Rencontre du prisonnier et de sa femme, L'Attentat contre son avocat, Suicide du colonel Henry... L'un des tableaux relate l'attentat qui faillit coûter la vie à Fernand Labori, l'avocat d'Alfred et de Lucie Dreyfus, puis d'Émile Zola qui avait publié le fameux « J'accuse »[4] ».

RéférencesModifier

  1. François Niney, L'épreuve du réel à l'écran: Essai sur le principe de réalité documentaire, De Boeck Supérieur, (présentation en ligne), p. 32
  2. a b et c Pierre Stutin, « Méliès, premier cinéaste de l'Affaire », sur affairedreyfus.com,
  3. « L'affaire Dreyfus, chronologie », sur cahiers-naturalistes.com,
  4. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde, , 588 p. (ISBN 978-2-84736-458-3), p. 112

Articles connexesModifier

Liens externesModifier