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Kiso (cheval)

race de chevaux
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kiso (homonymie).

Kiso
Poney Kiso bai
Poney Kiso bai
Région d’origine
Région Drapeau du Japon Japon
Caractéristiques
Morphologie Poney
Taille 1,32 m à 1,34 m environ
Poids 300 à 450 kg
Robe Généralement baie
Tête Lourde
Pieds Durs
Autre
Utilisation Selle

Le Kiso (japonais : 木曽馬, kiso uma) est une race de poney originaire du Japon. Originaire de la région de Kiso dans la préfecture de Nagano, elle constitue la seule race chevaline indigène de l'île de Honshu. Ce petit cheval était jadis utilisé comme monture militaire, ou mis à profit pour les travaux agricoles. La motorisation fait drastiquement chuter ses effectifs, déjà touchés par les deux Guerres mondiales. Comme la plupart des races japonaises natives, le Kiso reste en danger d'extinction.

HistoireModifier

Réputé pour être le cheval japonais le plus ancien, le Kiso pourrait provenir du cheval mongol[1]. L'origine de la race remonte vraisemblablement à l'ère Meiji[2]. Le poney Kiso, considéré comme un animal de valeur, joue un rôle important tant culturel que pour l'économie de survie, étant considéré comme un membre de la famille des Japonais locaux, qui l'emploient notamment pour la culture des terres pauvres[3]. En 1899, la population de Kiso atteint 6 823 sujets[4].

Différents plans d'amélioration des chevaux locaux sont mis en place sous l'ère Meiji[2], puis durant les deux guerres mondiales[3], faisant fortement chuter les effectifs de race pure. En effet, ces plans ordonnent la castration des étalons Kiso dans le but de croiser les juments à des étalons d'origine étrangère, de plus grande taille[3]. Après la Seconde guerre mondiale, seul un très faible nombre de ces chevaux subsiste[5],[2]. Un seul étalon, nommé Shinmei, est retrouvé grâce à son usage dans un temple. Cet étalon donne un fils, Daisan-haruyama, en 1951, lequel est l'ancêtre de tous les Kiso actuels[3]. La motorisation des transports et des activités fait encore chuter le nombre de poneys, si bien qu'en 1969, le « Groupe pour la conservation du poney Kiso » est fondé[4], et qu'en 1976, il ne reste que 32 Kiso[3]. L'enregistrement des poneys survivants dans un stud-book débute cette même année, sous l'impulsion du nouvel organisme de sauvegarde[5]. Un petit groupe de poneys est alors conservé[2].

La préservation via une banque de données génétiques a été préconisée en 1995[6].

DescriptionModifier

 
Poney Kiso de robe bai

Le Kiso est un petit cheval[2], mais de taille moyenne par comparaison aux autres races japonaises natives[5]. La base de données DAD-IS indique une taille médiane de 1,32 m chez les femelles et 1,34 m chez les mâles, pour un poids moyen respectif de 300 à 450 kg[2]. En revanche, le guide Delachaux (2014) donne une large fourchette de 1,24 m à 1,42 m, avec une moyenne de 1,33 m chez les femelles et 1,36 m chez les mâles[1]. CAB International (2016) indique une moyenne générale de 1,35 m[7]. Une étude de caractérisation publiée en 2011, et menée sur un échantillon de 125 chevaux (soit 86,2 % du total de la population), donne une taille moyenne de (131.9 ± 4.4 cm), sans différence significative entre le mâles et les femelles[3]. Elle donne aussi une moyenne de 167.1 ± 10.1 cm en tour de poitrine, et un tour de canon de 18.3 ± 1.0 cm[3].

La tête est grande[1] et lourde[8]. L'encolure est courte et épaisse[1]. Le poitrail est large[8], le modèle compact[1] et de corps allongé[3]. Les membres sont courts et solides, terminés par des sabots durs[1]. Les jarrets sont clos[3]. Crinière et queue sont fournies[1].

RobeModifier

Article connexe : Robe du cheval.

La robe peut être unie, baie, alezane ou noire, mais aussi palomino, selon DAD-IS[2]. CABI indique aussi le gris parmi les robes possibles[7]. En 1953, une étude sur la robe des Kiso avait montré une certaine variété de couleurs : 43,2 % des chevaux étaient bais, 16 % bai foncé, 17,2 % alezan, 5 % alezan brûlé, 4,5 % noir, 2,5 % bai dun, 1,2 % palomino et 0,2 % gris[9]. Des variétés de robes ont été perdues, car l'étude de caractérisation publiée en 2011 ne montre plus que 4 couleurs de robe représentées : la grande majorité (92,8 %) des chevaux sont bais, les autres étant bai foncé, bai dun, ou alezan[3]. Cela suggère une fixation de la robe bai parmi la race[3]. Cette étude permet aussi de déterminer que de nombreux sujets présentent une raie de mulet[3]. En 2019, une analyse génétique des robes sur les gènes agouti, extension et crème de 149 chevaux Kiso montre que 140 sujets sont bais, 3 sont alezan, et 6 isabelle[10].

TempéramentModifier

Le caractère est réputé facile et docile. La race est robuste[1].

Caractérisation génétique et hématologiqueModifier

La race souffre vraisemblablement d'une forte consanguinité[3]. En 2012, une étude de caractérisation génétique portant sur 125 poneys (soit 83 % des sujets connus de la race) détermine que le Kiso a subi un goulot d'étranglement génétique durant son histoire, et que la diversité génétique, basse, se situe dans les mêmes niveaux que celles des population animales domestiques menacées de disparition[11]. L'étude de la distance génétique a permis de déterminer l'existence de 4 sous-populations chez la race[11]. Une étude d'hématologie sur11 sujets (74,5 % du total des sujets connbus chez la race) a montré un taux plus bas d'érythrocytes, d'hématocrites et d'hémoglobine par comparaison à la moyenne, ainsi que des niveaux bas d'aspartate transaminase, de phosphatase alcaline, et de glutamyl-γ[12].

UtilisationsModifier

 
Poney Kiso harnaché pour la monte

Autefois, la race était une monture militaire, mise à profit pour des travaux agricoles et de transport[1],[7]. Le Kiso permettait le transport dans les zones montagneuses de sa région natale[3]. La race est désormais essentiellement montée[2], notamment en sports équestres sur poney[7], mais peuvent aussi servir à la traction légère et aux pratiques de loisirs[1].

Diffusion de l'élevageModifier

 
Groupe de poneys Kiso

Le Kiso est renseigné comme race locale japonaise dans DAD-IS[2]. Il est propre au centre de l'île de Honshu, dans le bassin de la rivière Kiso, situé dans la préfecture de Nagano[2]. Son niveau de menace est considéré comme « en danger critique d'extinction » par la FAO, en 2007[13]. Le niveau de menace a été ré-évalué dans l'étude de l'université d'Uppsala menée pour la FAO (2010) comme race locale asiatique en danger, faisant l'objet de mesures de protection[14]. En revanche, aucun niveau de menace n'est renseigné dans DAD-IS, qui indique pourtant un effectif de 149 poneys en 2008[2].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i et j Rousseau 2014, p. 378.
  2. a b c d e f g h i j et k DAD-IS.
  3. a b c d e f g h i j k l m et n Takasu et al. 2011.
  4. a et b M. Ito M. 1996. Life with Kiso Horses. Kaida Village and Kiso Horse Conservation Association, Kaida (japonais), cité dans Takasu et al. 2011.
  5. a b et c Taro, Hisato et Takao 1994.
  6. Y. Izaike, K. Kocuchi, J. Noguchi et K. Mrasawa, « Animal Genetic Resources:Efficient Conservation and Effective Use », Animal Genetic Resources, Tsukuba Office Agriculture, Forestry and Fisheries Research Council Secretariat, vol. 141,‎ (lire en ligne).
  7. a b c et d Porter et al. 2016, p. 480.
  8. a et b Rousseau 2014, p. 379.
  9. (ja) T. Okabe, « The Kiso horse », dans Study on Japanese Native Horses ; Especially Hokkaido, Kiso and Misaki Horses, Tokyo, , p. 398–405.
  10. (en) Masaki Takasu, Satsuki Owada, Hironaga Kakoi et Teruaki Tozaki, « Variation in the MC1R, ASIP, and MATP genes responsible for coat color in Kiso horse as determined by SNaPshot™ genotyping », Journal of Veterinary Medical Science, vol. 81, no 1,‎ , p. 100–102 (ISSN 0916-7250 et 1347-7439, DOI 10.1292/jvms.18-0458, lire en ligne, consulté le 20 janvier 2019)
  11. a et b Takasu et al. 2012.
  12. Takasu et al. 2013.
  13. (en) « Critical Breeds List 2007 », FAO (consulté en avril 2011).
  14. (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 57 ; 65.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • (en) « Kiso / Japan (Horse) », Domestic Animal Diversity Information System of the Food and Agriculture Organization of the United Nations (DAD-IS) (consulté le 4 octobre 2018)  

BibliographieModifier

Articles de rechercheModifier

  • [Takasu et al. 2011] Masaki Takasu, Nana Hiramatsu, Teruaki Tozaki et Hironaga Kakoi, « Population Statistics and Biological Traits of Endangered Kiso Horse », Journal of equine science, vol. 22, no 4,‎ , p. 67–72 (ISSN 1340-3516, PMID 24833989, PMCID PMC4013974, DOI 10.1294/jes.22.67, lire en ligne, consulté le 17 octobre 2018)
  • [Takasu et al. 2012] (en) Masaki Takasu, Nana Hiramatsu, Teruaki Tozaki et Hironaga Kakoi, « Genetic characterization of the endangered Kiso horse using 31 microsatellite DNAs », The Journal of Veterinary Medical Science, vol. 74, no 2,‎ , p. 161–166 (ISSN 1347-7439, PMID 21963881, lire en ligne, consulté le 17 octobre 2018)
  • [Takasu et al. 2013] (en) Masaki Takasu, Nana Nagatani, Teruaki Tozaki et Hironaga Kakoi, « Hematological and Biochemical Reference Values for the Endangered Kiso Horse », Journal of equine science, vol. 24, no 4,‎ , p. 75–78 (ISSN 1340-3516, PMID 24834006, PMCID PMC4013988, DOI 10.1294/jes.24.75, lire en ligne, consulté le 17 octobre 2018)
  • [Taro, Hisato et Takao 1994] Obata Taro, Takeda Hisato et Oishi Takao, « Japanese native livestock breeds », Animal Genetic Resources Information, vol. 13,‎ , p. 11-22 (lire en ligne)

Ouvrages généralistesModifier

  • [Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J.G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6e éd., 1 107  p. (ISBN 1-84593-466-0, OCLC 948839453).   
  • [Rousseau 2014] Élise Rousseau (ill. Yann Le Bris), Tous les chevaux du monde, Delachaux et Niestlé, , 544  p. (ISBN 2-603-01865-5), « Kiso », p. 378-379