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Juan Guaidó

Président de l'Assemblée nationale du Venezuela
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Márquez.

Juan Guaidó
Illustration.
Juan Guaidó en 2019.
Fonctions
Président de la République bolivarienne du Venezuela[note 1]
(autoproclamé, intérim)
En fonction depuis le
(4 mois et 21 jours)
Prédécesseur Nicolás Maduro
Président de l'Assemblée nationale du Venezuela[note 2]
En fonction depuis le
(5 mois et 8 jours)
Élection
Vice-président Edgar Zambrano
Stalin González
Prédécesseur Omar Barboza
Biographie
Nom de naissance Juan Gerardo Antonio Guaidó Márquez
Date de naissance (35 ans)
Lieu de naissance La Guaira (Venezuela)
Nationalité vénézuélienne
Parti politique Volonté populaire
Conjoint Fabiana Rosales
Diplômé de Université catholique Andrés Bello
Université George-Washington

Signature de

Juan Guaidó
Présidents de l'Assemblée nationale du Venezuela
Présidents de la République bolivarienne du Venezuela

Juan Gerardo Guaidó Márquez [hwaŋ heˈɾaɾðo ɣwaiˈðo ˈmaɾkes][1] Écouter, né le à La Guaira, est un homme d'État vénézuélien.

Membre du parti Volonté populaire, il est président de l'Assemblée nationale depuis le . Alors que l’investiture de Nicolás Maduro pour un second mandat est contestée, invoquant la Constitution, il s'autoproclame président de la République par intérim le suivant. Il reçoit la reconnaissance de l'Assemblée nationale et d'une cinquantaine de pays. L'armée vénézuélienne, le Tribunal suprême de justice et l'Assemblée nationale constituante vénézuélienne de 2017 supportent Maduro. La crise présidentielle au Venezuela provoque une série des manifestations et des conflits en 2019.

Sommaire

BiographieModifier

Situation personnelleModifier

Il est originaire de l'État de Vargas, dans lequel a lieu en 1999 la tragédie de Vargas, une catastrophe naturelle à laquelle il survit[2].

 
Juan Guaidó avec sa femme et sa fille.

Marié à Fabiana Rosales, une diplômée en communication qui l'accompagne dans son combat politique, il est père d'une fille[3],[4].

Parcours politiqueModifier

Membre du parti Volonté populaire depuis 2009[5], il est député fédéral à l'Assemblée nationale pour l'État de Vargas depuis le 5 janvier 2016.

Le 5 janvier 2019, l'Assemblée nationale le désigne à sa tête et refuse de reconnaître le nouveau mandat présidentiel de Nicolás Maduro, déclaré vainqueur de l’élection présidentielle contestée de 2018[6],[7]. Sans succès, le groupe de Lima annonce ne pas reconnaître le nouveau mandat de Nicolás Maduro, l'appellant à transférer le pouvoir à l'Assemblée nationale[8].

Juan Guaidó est dès lors poussé par sa majorité à assumer la réalité du pouvoir en tant que chef d'un gouvernement de transition. Juan Guaidó affirme alors que la Constitution lui donne ce pouvoir d'assumer la conduite d'un gouvernement de transition[9],[10] notamment sur la base de l'article 233, mais aussi 333 et 350, qui prévoient le transfert provisoire des pouvoirs au président de l'Assemblée nationale lorsque le président est déclaré indisponible avant sa prise de fonction[11]. Selon ce même article 233, Il doit être par ailleurs procédé à une nouvelle élection dans un délai de 30 jours après l'indisponibilité déclarée[11].

Maduro raille un « coup d’État twittesque » tandis que la ministre des Services pénitentiaires le menace d’emprisonnement[9].

Juan Guaidó est brièvement arrêté par les services de renseignement vénézuélien (Sebin) le 13 janvier 2019, alors qu'il se rend à un meeting[12]. Après sa libération, la justification de celle-ci reste très confuse (acte incontrôlé du Sebin selon le ministre de la Communication Jorge Rodríguez, protection contre un attentat selon une autre source gouvernementale)[13]. Christophe Ventura, directeur de recherche à l'IRIS, affirme : « Cette arrestation, cette libération, c'est en fait une forme d'avertissement. Le gouvernement n'est pas complètement idiot, il l'a manifestement libéré pour ne pas donner à ses opposants ce qu'ils attendent »[14].

 
Carte illustrant, lors de la crise présidentielle de 2019, le soutien à :
Nicolás Maduro ;
Juan Guaidó ;
l'Assemblée nationale.

Le , Juan Guaidó s'autoproclame « président en exercice » du Venezuela et prête serment au cours d'une manifestation organisée à Caracas[15]. Il obtient immédiatement la reconnaissance des États-Unis, du Canada, du Brésil, de la Colombie et du Pérou[16],[17]. Après l'expiration d'un ultimatum lancé à Nicolás Maduro pour convoquer des élections libres, les principaux pays de l'Union européenne reconnaissent officiellement Juan Guaidó comme « chef de l'État par intérim »[18]. Un mandat d'arrêt contre Guaidó aurait été émis par les autorités vénézueliennes[19]. Selon Ronal Rodríguez, professeur de sciences politiques à l'université du Rosaire de Bogota, « s'il est vrai que Guaidó a obtenu une reconnaissance internationale, la réalité du pouvoir est toujours entre les mains de Maduro »[20]. D'autres pays, notamment la Chine, la Russie ou la Turquie, assurent leur soutien à Nicolás Maduro après la proclamation de Guaidó[21],[22].

Le 8 février, Guaidó dit ne pas exclure de demander une intervention militaire américaine pour renverser le régime si celui-ci continue de bloquer l'entrée de l'aide humanitaire[23].

Il effectue une tournée en Amérique latine du 22 février au 4 mars 2019, malgré l'interdiction de sortie du territoire dont il fait l'objet pour avoir discuté avec Donald Trump fin janvier 2019[24],[25].

Poursuites judiciairesModifier

Le 12 mars, il est visé par une enquête du parquet vénézuélien pour « sabotage » concernant une panne électrique dont le pays a été victime pendant plusieurs jours[26].

Le 28 mars, le contrôleur général, Elvis Amoroso, décide d'interdire à Guaidó d'occuper son poste de président du Parlement et le déclare inéligible à tout poste public pour 15 ans[27]. Le contrôleur, explique qu'« il a effectué plus de quatre-vingt-onze voyages hors du territoire pour un coût supérieur à 310 millions de bolivars [quelque 84 000 euros au taux actuel], sans justifier l’origine de ces fonds »[27].

Guaidó rejette cette sanction en considérant que l'Assemblée nationale est le seul organisme qui peut désigner un contrôleur et considère la décision d'Amoroso comme illégitime[27]. Le porte-parole des États-Unis, Robert Palladino, considère de « ridicule » la sanction[27]. Les gouvernements européens et de l'Amérique Latine du Groupe de contact international (CGI) sur le Venezuela ont condamné aussi la décision du contrôleur[27]. Les juristes constitutionnels Juan Manuel Raffalli (en) et José Vicente Haro remarquent que la décision va à l'encontre de l'immunité diplomatique de Guaidó et expliquent que le contrôleur général est un organisme administratif incapable de prendre ce type de décisions sans la validation d'un organisme juridique[28].

Le 1er avril, le président du Tribunal suprême de justice de Venezuela, Maikel Moreno, demande à l'Assemblée nationale constituante vénézuélienne (ANC), qui est exclusivement composée de partisans de Maduro et non reconnue par l'Assemblée nationale, de lever l'immunité de Guaidó[29],[30]. Le 2 avril, l'ANC lève l'immunité de Guaidó et autorise les poursuites pénales pour usurpations de fonctions[31]. L'Union européenne condamne la décision prise par l'ANC[32].

Positionnement politiqueModifier

Dans un entretien accordé au Monde en février 2019, Juan Guaidó définit ainsi son positionnement politique : « Je suis de centre gauche sur les questions sociales. Je partage une grande partie des valeurs de la social-démocratie, en particulier sur les questions liées à la diversité, les avancées en matière de droits. Sur le plan économique, on peut dire que je suis du centre, tendance libérale »[33]. Il affirme alors que ses priorités dans le domaine social sont « la mise en place de politiques d’assistance sociale, d’inclusion, d’autonomisation et d’égalité des sexes » et dans le domaine économique « la libre entreprise de marché, l’autonomisation de l’entrepreneuriat et la compétitivité »[33].

Selon l'analyste Phil Gunson de l'International Crisis Group, Juan Guaidó est un modéré[34].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. En concurrence avec Nicolás Maduro.
  2. Pendant cette période, Juan Guaidó se considère toujours en fonction comme président de l'Assemblée nationale, ainsi que la majorité des députés élus en 2015.

RéférencesModifier

  1. Prononciation en espagnol d'Amérique retranscrite selon la norme API.
  2. « 5 choses à savoir sur Juan Guaido, président autoproclamé du Venezuela », sur L'Obs (consulté le 28 janvier 2019)
  3. « Juan Guaido, le "gamin" qui défie Maduro au Venezuela », sur FranceSoir (consulté le 24 janvier 2019)
  4. Laurence Debray, « Venezuela : La main tendue au peuple », Paris Match, semaine du 31 janvier au 6 février 2019, p. 48-53.
  5. (es) Prensa VPA, « Diputado por Vargas Juan Guaidó » (consulté le 13 janvier 2019)
  6. (es) Clarín.com, « Quién es Juan Guaidó, el nuevo presidente del Parlamento venezolano que desafía a Nicolás Maduro », (consulté le 13 janvier 2019)
  7. « Venezuela: le Parlement déclare illégitime le nouveau mandat de Maduro », sur Libération.fr (consulté le 7 janvier 2019)
  8. « Venezuela : quatorze pays ne reconnaîtront pas le second mandat de Nicolas Maduro », sur Le Monde.fr (consulté le 7 janvier 2019)
  9. a et b « Venezuela : le Parlement appelle à la mobilisation pour un « gouvernement de transition » », Le Monde (journal), (consulté le 13 janvier 2019)
  10. « Vénézuela - Le parlement déclare Nicolas Maduro illégitime », (consulté le 13 janvier 2019)
  11. a et b Anne Denis, « Quatre questions pour comprendre la crise au Venezuela », Slate, (consulté le 13 mai 2019)
  12. (en) « Venezuela opposition leader briefly detained », sur BBC News (consulté le 13 janvier 2019)
  13. Patrick Bèle, « Venezuela : le président du parlement brièvement arrêté », Le Figaro, (consulté le 13 janvier 2019)
  14. « Venezuela: brève arrestation du président de l'Assemblée nationale - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 14 janvier 2019)
  15. Venezuela : le président du Parlement s’autoproclame « président en exercice », Le Monde, 23 janvier 2019.
  16. « Venezuela : Guaido se proclame président et obtient la reconnaissance de Trump », Le Figaro, (consulté le 23 janvier 2019)
  17. « Venezuela : Brésil, Colombie, Pérou et Canada reconnaissent le président par intérim », Le Figaro, (consulté le 23 janvier 2019)
  18. « Venezuela : la France, l’Allemagne et l’Espagne reconnaissent Juan Guaido comme président par intérim », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  19. « L'armée, arbitre de la crise politique au Venezuela? - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 24 janvier 2019)
  20. https://www.challenges.fr/monde/venezuela-guaido-entend-maintenir-la-pression-sur-maduro_638530
  21. (es) « Rusia y China le expresan su respaldo a Nicolás Maduro », sur CNN, (consulté le 4 février 2019)
  22. « Venezuela : ces pays qui soutiennent toujours Maduro », sur Europe 1 (consulté le 4 février 2019)
  23. Le Point, magazine, « Venezuela : Guaidó ne ferme pas la porte à une intervention militaire américaine », sur Le Point (consulté le 9 février 2019)
  24. https://www.tdg.ch/monde/juan-guaido-interdit-quitter-venezuela/story/22496024
  25. « Venezuela : Juan Guaido de retour à Caracas malgré les risques d'arrestation », sur France 24 (consulté le 4 mars 2019)
  26. « Visé par une enquête pour « sabotage », Guaido promet de « sortir le Venezuela de la pénombre » », sur Radio-Canada.ca (consulté le 13 mars 2019)
  27. a b c d et e « Venezuela : Guaido révoqué de son poste de président du Parlement et déclaré inéligible », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mars 2019)
  28. (es) Jackelin Díaz Larrazábal, « Inhabilitación de Juan Guaidó podría desencadenar medidas ante el CNE », El Nacional, (consulté le 29 mars 2019)
  29. « Venezuela : la Cour suprême réclame la levée de l’immunité parlementaire de Guaido », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 2 avril 2019)
  30. (es) « El Tribunal Supremo de Venezuela solicita revocar la inmunidad parlamentaria de Juan Guaidó », BBC Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le 2 avril 2019)
  31. « Venezuela : l’Assemblée constituante lève l’immunité de Juan Guaido », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 3 avril 2019)
  32. « Venezuela: l'UE condamne la levée de l'immunité de Guaido », Le Figaro, (consulté le 4 avril 2019)
  33. a et b Jean-Pierre Bricoure, Juan Guaido : « Personne au Venezuela ne s’immolera pour Maduro », Le Monde, 8 février 2019.
  34. Claire Meynial, « Les États-Unis n'ont aucune envie d'intervenir militairement au Venezuela », sur Le Point (consulté le 3 mars 2019)

Voir aussiModifier

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Article connexeModifier

Liens externesModifier