Ladislas II Jagellon

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Ladislas II Jagellon
Illustration.
Ladislas II Jagellon par Marcello Bacciarelli (1768-1771).
Titre
Roi de Pologne
Prédécesseur Hedwige d'Anjou
Successeur Ladislas III Jagellon
Grand-duc de Lituanie
Prédécesseur Algirdas
Successeur Vytautas le Grand
Biographie
Dynastie Gediminas
Date de naissance 1352/1362
Lieu de naissance Vilnius
Date de décès
Lieu de décès Gródek Jagielloński
Sépulture Cathédrale du Wawel
Père Algirdas
Mère Juliana de Tver
Conjoint Hedwige Ire de Pologne
Anne de Celje
Élisabeth de Pilcza (en)
Sophie de Holszany
Enfants Edwige Jagellon (1408-1431)
Élisabeth
Ladislas III Jagellon
Casimir IV de Pologne

Ladislas II Jagellon (en polonais Władysław Jagiełło, et Jogaila Algirdaitis en lituanien), né en 1352 ou 1362 à Vilnius et mort le à Gródek Jagielloński, est grand-duc de Lituanie de 1377 à 1392 et roi de Pologne de 1386 à 1434.

D'abord polythéiste, il se convertit au catholicisme en 1386 lors de son accession au trône de Pologne, par son mariage avec la reine Hedwige. Avec lui débute la puissante dynastie Jagellon[1], qui régne sur la Pologne en union personnelle avec le grand-duché de Lituanie pendant près de deux siècles[2].

L'union de la Pologne et de la Lituanie renforce les deux nations face aux Chevaliers teutoniques et à la menace grandissante du grand-duché de Moscou. En 1410, Ladislas remporte une victoire éclatante contre l'ordre Teutonique lors de la bataille de Grunwald (ou Tannenberg pour l'historiographie allemande).

BiographieModifier

Jagellon (en Lituanien Jogaila) est né entre 1351 et 1362. Il est le petit-fils de Ghédimin, le grand-duc de Lituanie. À la mort de celui-ci en 1341, ses deux fils se partagent le pouvoir : Algirdas reçoit le titre officiel de grand-duc de Lituanie, et règne sur la partie orientale de la Lituanie, tandis que son frère, Kęstutis, duc de Trakai, est maître en Lituanie occidentale. Lorsque le grand-duc Algirdas meurt en 1377, son fils Jogaila lui succède, ce qui provoque immédiatement un conflit avec son oncle Kęstutis. Jagellon cherche une alliance avec les Chevaliers Teutoniques qui ont créé un État monastique en 1226, officiellement pour combattre et convertir les tribus prussiennes et lituaniennes. En effet, à cette époque, les Lituaniens sont encore païens. En 1380, Jagellon conclut avec l’Ordre le traité de Dovydiškės (en), acceptant la conversion au christianisme de la Lituanie en échange du soutien des Chevaliers Teutoniques dans son conflit avec son oncle Kęstutis. Le conflit escalade, et en 1382, ignorant un sauf-conduit octroyé par son frère Skirgaila, Jagellon parvient à capturer son oncle Kęstutis et à le faire assassiner. Vytautas, le fils de Kęstutis, parvient à s’échapper. Le conflit familial s’intensifie et aussi bien Jagellon que Vytautas demandent assistance auprès des Chevaliers Teutoniques, qui en profitent pour étendre leur influence. Mais en 1384, Vytautas se désolidarise de l’Ordre, fait la paix avec Jagellon, et depuis lors commence une guerre contre les Chevaliers Teutoniques[3].

Le , Jagellon signe avec des nobles polonais, magnats ou dignitaires, l'union de Krewo. Il promet de se convertir au christianisme romain et d’unir la Lituanie à la Pologne, en échange de la main d'Hedwige Ire de Pologne et de la couronne polonaise. Le mariage est célébré à Cracovie le 18 février 1386, trois jours après le baptême de Jagellon. Le , il est couronné roi de Pologne, sous le nom polonais de Ladislas II Jagellon (Władysław II Jagiełło). Ainsi, il établit la dynastie Jagellon, qui régnera sur la Pologne et la Lituanie jusqu'en 1572.

Le , Hedwige Ire meurt des complications de l'accouchement de son premier enfant, une fille, Élisabeth Bonifacia, née le 22 juin et décédée le . Son mari, Ladislas, à la requête des États du royaume, unanimes, reste l'unique roi de Pologne[4]. Il règnera 48 ans.

 
La Pologne et la Lituanie de 1386 à 1434.

Fin 1401, le conflit avec les Chevaliers Teutoniques reprend. Jagellon et Vytautas entament en décembre 1408 des négociations, où ils décident d’essayer d’en finir définitivement avec la puissance des Chevaliers Teutoniques. Les deux camps cherchent des alliances dans toute l’Europe. Wenceslas IV de Bohème choisit le camp polonais et lituanien, tandis que son frère, Sigismond de Luxembourg, s’allie avec l’Ordre.

 
Monument commémoratif de la bataille de Grunwald (en), à Cracovie, sur lequel trône la statue équestre de Ladislas II Jagellon.

Le , le roi Ladislas et ses alliés sont victorieux à la bataille de Grunwald, qui les oppose aux chevaliers Teutoniques et où périssent des milliers de Chevaliers Teutoniques, dont le grand-maître Ulrich von Jungingen. L'année suivante, Ladislas impose la paix de Toruń qui oblige les chevaliers teutoniques à verser à la Pologne une indemnité de guerre qui met leur État au bord de la faillite. Mais les affrontements continuent[5]. Pour trancher leurs différends, la Pologne et l'Ordre font appel au Concile de Constance, où Paweł Włodkowic se rend célèbre en défendant les intérêts polonais.

Le restant de son règne, Jagellon essaye de consolider l’alliance entre la Pologne et la Lituanie. Il accorde aux nobles catholiques de Lituanie les mêmes privilèges que ceux dont jouissaient déjà la noblesse polonaise. Il meurt le , laissant deux fils de sa quatrième épouse, en très bas âge. L’aîné deviendra roi de Pologne sous le nom de Ladislas III Jagellon, le cadet, Casimir, devenant grand-duc de Lituanie. Il succédera plus tard à son frère sur le trône de Pologne sous le nom de Casimir IV Jagellon.

DescendanceModifier

Ladislas II contracta quatre unions[4] :

Notes et référencesModifier

  1. Marek Walczak, « L’Europa Jagiellonica a-t-elle existé ? Quelques nouvelles de la recherche sur l’art en Europe centrale et orientale (1386-1572) », Perspective,‎ (lire en ligne)
  2. Norman Davis, L'Histoire de la Pologne, Fayard, , p. 319
  3. Jerzy Lukowski et Hubert Zawadzki, Histoire de la Pologne, Perrin, , p. 69-74
  4. a et b Edvardas Baranaukas, « The four wives of Jogaila »,
  5. David Mouhoubi, « Les Chevaliers Teutoniques en Prusse, naissance d’un Etat », Culture,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes  : Deutsche Biographie • Dizionario di Storia • Enciclopedia italiana • Encyclopædia Britannica • Encyclopædia Universalis • Hrvatska Enciklopedija • Polish Biographical Dictionary • Proleksis enciklopedija • Store norske leksikon