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Jean Grillon

personnalité politique française

Jean Grillon
Illustration.
Fonctions
Député 1906-1910
Gouvernement Troisième République
Groupe politique Gauche radicale
Biographie
Nom de naissance Jean Charles Paul
Date de naissance
Lieu de naissance Nancy (Meurthe-et-Moselle)
Date de décès
Lieu de décès Courçay (Indre-et-Loire)
Profession Avocat
Religion Protestant
Résidence Meurthe-et-Moselle

Jean Grillon est un homme politique français né le à Nancy (Meurthe-et-Moselle) et mort le à La Doué, commune de Courçay (Indre-et-Loire). Il est député de Meurthe-et-Moselle de à .

Sommaire

BiographieModifier

Études, carrière juridique, et première carrière administrativeModifier

En , Jean Grillon fonde avec la collaboration de Léon Pireyre, Léon Tonnelier Paul Pierreville, une publication littéraire nommée la "Revue Qui Chante et que Picque".

En , il fait partie des premiers dreyfusards nancéiens[1]. Il signe une pétition de soutien pour Émile Zola avec Charles Bernardin et Émile Gallé[2]. En , il est initié à la loge Saint-Jean de Jérusalem, et participe à la création du "comité de la Ligue des Droits de l'Homme", auquel il est nommé secrétaire général[3]. La même année, il participe à la création de l'Université Populaire de Nancy, avec Charles Perreau (président de l'Union de la Jeunesse Lorraine, professeur en Sciences à l'Université de Nancy), Ernest Lacaille (secrétaire de la Fédération des Syndicats ouvriers), Émile Goutière-Vernolle (journaliste), Émile Gallé (verrier et industriel)[4]. En , il crée avec Charles Bernardin, le "Républicain des Vosges" [source insuffisante]. En , il devient secrétaire de la "Fédération Républicaine de Meurthe et Moselle"[5].

Il obtient une licence en droit et devient avocat. Il s'inscrit au barreau de Nancy et est alors rattaché au parquet de première instance.

Il reste peu de temps au barreau, car il s'oriente sur une carrière administrative. Il est alors attaché au ministère du Commerce, puis le , il est nommé secrétaire général de la préfecture des Basses-Alpes (actuellement les Alpes-de-Haute-Provence). Il ne prendra pas le poste de secrétaire général car il tente une carrière politique.

Carrière politiqueModifier

Le il se présente aux élections législatives à Nancy (3e circonscription de Meurthe-et-Moselle). Il est l'unique candidat des républicains[5].

Dans sa profession de foi, partisan de la liberté de pensée religieuse, il s'oppose à toute tentative de domination cléricale ; partisan de la paix, il condamne comme une lâcheté l'antimilitarisme et veut développer « les idées d'arbitrage de conférences internationales, multiplier les manifestations de peuple à peuple » ; défenseur de la petite propriété, il se prononce pour le dégrèvement de la propriété foncière, l'insaisissabilité du bien de famille, le maintien du droit des bouilleurs de cru et il est favorable au repeuplement des campagnes grâce à la diffusion de l'enseignement agricole professionnel. Il se dit « l'adversaire des expositions universelles dans la capitale » afin de « combattre la centralisation des forces vives de la France sur un point unique du territoire et de favoriser le développement de l'activité provinciale ».

Sur le plan social il préconise l'élaboration d'une législation industrielle du travail commune à toutes les nations notamment pour répartir et limiter rationnellement la durée de travail, et traduira plus tard cette idée en une proposition de loi[6].

Il est élu, au premier tour de scrutin par 9.941 voix (sur 24.624 inscrits, 20.001 votants et 19.607 suffrages exprimés) contre 9.602 voix à M. Gervaize, député sortant, antisémite.

À la Chambre des députés, Jean Grillon s'inscrit au groupe de la Gauche Radicale et fait partie de la commission des mines mais s'intéresse à l'ensemble des problèmes qui se posent au législateur.

C'est ainsi qu'il dépose une proposition de résolution invitant le gouvernement a ordonner, en cas d'accident grave, occasionné par une voiture automobile, du fait de son conducteur, la saisie et la vente de la voiture, en garantie de toutes les condamnations pécuniaires ou pénales prononcées contre l'auteur de l'accident[7].

Il souhaite, dans une proposition de loi la création d'une école nationale des industries d'art à Nancy et propose une réorganisation du corps de la gendarmerie, après être intervenu dans la discussion du budget pour 1909, pour signaler la crise de recrutement que connaissait alors ce corps et critiquer les mesures prises par le gouvernement à cet égard.

Sensible à toutes les injustices, il souligne lors du débat sur le budget de , les inégalités de traitement dont sont victimes les surveillantes de prison, dans leur salaire et leurs congés.

Il se représente aux élections législatives du , mais il est battu dès le premier tour, avec 9.145 voix (sur 26.356 inscrits, 21.711 votants, un peu plus de 21.100 suffrages exprimés) contre 256 voix à M. Gourrier, 1.176 voix à M. Vadez et 10.823 voix à M. Driant qui est élu.

Carrière administrativeModifier

Jean Grillon reprend donc sa carrière administrative. Le il est nommé sous-préfet de Lannion.

Puis le , il est nommé sous-préfet de Louhans.

Le , il est nommé sous-préfet de Verdun. Durant la Première Guerre mondiale et plus particulièrement pendant la Bataille de Verdun, après un court séjour à Bar-le-Duc, le sous-préfet s’installe près d'une maison forestière dans la forêt de Souilly, au sud de Verdun. Un baraquement en bois fait office de sous-préfecture. Il y prend alors les mesures les plus énergiques et les plus utiles « pour rassurer les populations de son arrondissement et venir en aide aux habitants des villages ruinés par le feu de l'ennemi et le pillage ». Jean Grillon veut que les prix les plus bas y soient pratiqués pour éviter toute spéculation. Les bénéfices dégagés sont utilisés par le sous-préfet pour verser des indemnités aux réfugiés[8]. Il crée et devient le président du Comité d’Assistance et de Ravitaillement de Verdun. Il accueillera André Magre son confrère sous-préfet de Briey occupée par les allemands.

Toutes ces mesures lui valent une citation civile le et la Légion d'honneur le .

Le il est nommé préfet de l'Allier.

Le il est nommé préfet de l'Indre.

Le il est nommé préfet du Lot.

Le , il est nommé préfet de l'Aveyron. Il décède le pendant un congé dans sa propriété de La Doué, commune de Courçay, en Indre-et-Loire.

Il était officier de la Légion d'honneur depuis le .

FamilleModifier

Jean Grillon épouse Marie Antoinette Cordier le 27 août 1913. Ils ont eu deux filles: Madeleine et Jacqueline. Il a pour cousin par alliance, Victor Prouvé, lequel lui effectuera des portraits.

AutresModifier

Une rue à Bras-sur-Meuse porte son nom en reconnaissance de ses actions pendant la Première Guerre mondiale[9].

Jean Grillon était amateur d'archéologie[10],[11], et de spéléologie[12].

Notes et référencesModifier

  1. Saint-Jean de Jérusalem, « 1902 : L’Affaire Dreyfus et la Franc-Maçonnerie Nancéienne », (consulté le 23 novembre 2014), p. 4
  2. Livre d'Hommage des Lettres Françaises à Émile Zola, Société Libre d'Édition des Gens de Lettres,
  3. Emmanuel Naquet, La Ligue des Droits de l'Homme: une Association en Politique, Sciences Po,
  4. Lucien Mercier, Universités Populaires 1899-1914 : Éducation populaire et Mouvement Ouvrier du début du Ouvrier, (ISBN 2-7082-2518-9)
  5. a et b Françoise Birck, Une Université Populaire à Nancy au Début du Siècle, Société d'Histoire et d'Archéologie de Lorraine,
  6. Jean Grillon, Projet de résolution et proposition de loi ayant pour objet la limitation des heures de travail au moyen d'une conférence internationale... présentés par MM. Jean Grillon, Gustave Chapuis... [5 novembre 1906.]., Motteroz et Martinet,
  7. Jean Grillon, Proposition de loi ayant pour objet, en cas d'accident grave occasionné par une voiture automobile du fait de son conducteur d'ordonner la saisie et la vente de la voiture en garantie de toutes condamnations précuniaires ou pénales prononcées contre l'auteur de l'accident... présentée par MM. Jean Grillon, Mathis... ., Motteroz et Martinet,
  8. France 3, « Histoires 14-18 : Jean Grillon, le sous-préfet des bois », (consulté le 4 novembre 2017)
  9. Le Wiki de Bras sur Meuse, « Les Rues du Village »,
  10. Armand Viré, Bulletin de la Société préhistorique française : L'oppidum de Biars, commune d'Arcambal (Lot), vol. 26, (lire en ligne), p. 602
  11. Armand Viré, Bulletin de la Société préhistorique française : Les Fouilles de 1922 aux Oppida de l'Impernal et du Puy-d'Issolud (Lot), de Montmerlhe et de Buzeins (Aveyron) et à la Butte de Maourélis (Lot), vol. 20, (lire en ligne)
  12. l'Abbé A. Lemozi, Bulletin de la Société préhistorique française : Peintures et gravures paléolithiques découvertes dans les grottes des communes d'Espagnac-Sainte-Eulalie et de Cabrerets (Lot), vol. 17, (lire en ligne), p. 256

SourcesModifier

  • « Jean Grillon », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Jean Grillon, Proposition de loi ayant pour objet d'ouvrir au ministre de l'Agriculture, sur l'exercice 1906, un crédit extraordinaire de 300000 francs pour venir en aide aux victimes du cyclone du 17 juin dans les arrondissements de Nancy et de Lunéville... présentée par MM. Jean Grillon, Louis Marin,... [6 juillet 1906.]., Motteroz et Martinet,