Jamin (cheval)

Jamin fut un cheval de course, trotteur français, né en 1953 et mort en 1982, considéré comme un crack, aussi bien pour son palmarès que pour la classe et l'élégance de son allure.

Jamin
Race trotteur français
Père Abner
Mère Dladys
Père de mère Hernani III
Sexe mâle
Naissance 1953
Pays de naissance Drapeau de la France France
Éleveur Mme Olry-Roederer
Propriétaire Mme Olry-Roederer
Entraîneur Jean Riaud
Driver Jean Riaud
Record 1'13"6
Nombre de courses 71
Nombre de victoires 40
Gains en courses 1 407 401 F (2 322 211,65 €2019)
Principales victoires Prix d'Amérique
Elitloppet
International Trot
Prix de France
Prix de Paris
Grand critérium de vitesse de la Côte d'Azur
Grand Prix Continental
Critérium des 4 ans
Critérium des 5 ans
Prix de Sélection
Prix de l'Étoile

Carrière de coursesModifier

Né de l'union d'Abner et de Dladys, Jamin voit le jour dans l'Orne, au haras des Rouges-Terres de madame Olry-Roederer. Il a la particularité, très rare pour un trotteur du XXe siècle, d'avoir une grand-mère, en l’occurrence Gladys, de race pur-sang anglais, ce qui explique peut-être sa vitesse de base exceptionnelle.

Jamin se révéle à l'été de ses 3 ans lors de sa seule sortie au trot monté, dans le Saint-Léger des Trotteurs à Caen, où il se classe deuxième, puis par une première victoire classique dans le Prix de l'Étoile. À 4 ans, il confirme son rang de numéro 1 de sa génération, alignant les victoires dans le Prix Phaëton, le Critérium des 4 ans, le Prix de Milan, le Critérium continental et le Prix Guy Le Gonidec. Cette année-là, il effectue aussi son premier déplacement à l'étranger, en remportant le Grand Prix continental en Italie.

À 5 ans, Jamin remporte douze de ses quinze courses, et son premier Prix d'Amérique dans un temps record, 1'20", ainsi que le Prix de France. Mais c'est véritablement en 1959 qu'il devient une vedette planétaire. L'année avait commencé par un doublé dans le Prix d'Amérique et la triple couronne de Vincennes (Prix d'Amérique, de France, de Paris). Après le Grand Critérium de vitesse de la Côte d'Azur, il s'engage dans un périple international qui le voit triompher dans l'Elitloppet, disputée cette année-là sur la distance inhabituelle de 3 200 mètres, en prélude à une tournée américaine durant l'été. Celle-ci commence par une victoire mémorable dans la première édition de l'International Trot, officieux championnat du monde des trotteurs, devant le crack italien Tornese. Il s'aventure dans l'Illinois, à Du Quoin, où lors d'un essai sur le mile, il devient le trotteur européen le plus rapide de l'histoire, faisant afficher une réduction kilométrique de 1'13"6, et même jusqu'en Californie, où il dispute l'American Trotting Classic, une épreuve en trois manches dont il remporte la première, terminant deuxième au classement par points. C'est au cours de ce périple que les Américains le surnomment « the creeping death » (« la mort qui rampe ») pour sa manière de se lancer à la poursuite de ses adversaires et de les rattraper inexorablement[1]. De retour en Europe, son accessit d'honneur dans le Grand Prix des Nations lui vaut un sacre dans le Grand Circuit européen.

Au début de l'année 1960, Jamin semble un peu moins bien, se ressentant de son éprouvante campagne américaine. À tel point que son entraîneur-driver Jean Riaud voudrait le laisser se reposer et refuse de le présenter au départ du Prix d'Amérique, d'autant qu'il doit y rendre la distance de 50 mètres en raison de ses gains élevés. Les propriétaires en décideront autrement, installant l'Allemand Gerhard Krüger au sulky[2] : Jamin termine tout de même troisième. Mais avec Jean Riaud de retour au sulky, le cheval retrouve le chemin du succès enchaînant un troisième Prix de France et un second Prix de Paris. Puis il crée la stupeur en s'imposant sur les 1 600 mètres du Critérium international d'Enghien sur le pied de 1'14"4, une réduction kilométrique exceptionnelle à l'époque, et un nouveau record d'Europe. Mais à la suite de cet exploit, Jamin ne retrouvera jamais vraiment sa superbe, d'autant qu'une blessure survenue la veille du Prix d'Amérique 1962 lui ôte l'espoir d'un triplé. Après 40 victoires, la carrière du crack s'arrête là.

Au harasModifier

Les Américains n'ont pas oublié Jamin, et formulent une offre colossale pour louer durant quinze ans ses services d'étalon : 800 000 dollars, un record à l'époque[3]. Comme convenu lors de cette opération, il reviendra à 23 ans en France faire la monte et finir ses jours au haras des Rouges Terres où il meurt en 1982. La carrière de reproducteur de Jamin ne confirma pas les espoirs placés en lui outre-Atlantique. Néanmoins, il eut une certaine influence en lignée maternelle, comme l'illustre le pedigree d'Ourasi, puisque son géniteur, Greyhound, a Jamin pour père de mère..

PalmarèsModifier

  France

  États-Unis

  Italie

  Belgique

  • Grand Prix de l’Exposition (1958)

  Pays-Bas

  • Grand Prix des Pays-Bas (1959)
  • 2e Grand Prix des Pays-Bas (1958)

  Allemagne

  Suède

  Europe

OriginesModifier

Origines de Jamin
Père
Abner
Odoacre Gaël Intermède
Mademoiselle Valenti
Fémina III Énoch
Quasquara
Gracieuse VII Ogotai Khan Dangeul
Devergondée
Picciola V Intermède
Nina K
Mère
Dladys
Hernani III Ontario Bémécourt
Épingle
Odessa Faucon II
Ténébreuse
Gladys Craig An Eran Sunstar
Maid of the Mist
Gainsborough Girl Gainsborough
Taslett

Notes et référencesModifier

  1. (en) Dean Hoffman, Harness Racing in New York State : A History of Trotters, Tracks and Horsemen, Arcadia Publishing, , 128 p. (ISBN 978-1-61423-629-0, lire en ligne).
  2. Francis Annocque trot, « Les trotteurs français - (02) Les champions années 1950 », Histoire du Trot,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Institut National de l’Audiovisuel – Ina.fr, « Vente de Jamin aux USA - Vidéo Ina.fr », sur Ina.fr, (consulté le )