Jean-Alban Lefiot

avocat, député de la Nièvre à la Convention

Jean-Alban Lefiot
Fonctions
Député de la Nièvre

(3 ans, 1 mois et 21 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Nom de naissance Jean-Alban Lefiot
Date de naissance
Lieu de naissance Lormes (Nivernais)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Paris (Seine)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Avocat
députés de la Nièvre

Jean-Alban Lefiot, né le à Lormes et mort le à Paris, est un homme politique français.

BiographieModifier

Carrière avant la ConventionModifier

Il est le fils d'un contrôleur des actes, Paul Lefiot, et d'Anne Berle. Avant la Révolution, il est avocat au présidial et bailliage royal de Saint-Pierre-le-Moûtier. En 1790, Lefiot est nommé procureur-syndic de Saint-Pierre-le-Moûtier.

Pendant la ConventionModifier

Le MontagnardModifier

En , Lefiot est élu député à la Convention nationale par le département de la Nièvre, par 326 voix pour 387 votants. Il siège alors sur les bancs de la Montagne. Au procès de Louis XVI, il vote pour la mort sans sursis du souverain déchu.

Il est ensuite envoyé en mission auprès de l'armée des Pyrénées où il se lie d'amitié avec La Tour d'Auvergne.

Mission dans la Nièvre, le Cher et le LoiretModifier

En l'an II, la Convention l'envoie organiser le gouvernement révolutionnaire dans les départements du Cher, de la Nièvre et du Loiret. Il reçoit les pleins pouvoirs pour sa mission mais fait preuve de beaucoup de modération. Il parvient pacifiquement à éviter une révolte frumentaire et préserve Nevers de la famine. Mais sa politique modérantiste déplait fortement au Comité de salut public qui lui reproche d'avoir fait remettre des détenus suspects en liberté à Cosne-sur-Loire, ce qui lui vaut d'être rappelé à Paris le .

De retour dans la capitale, il tente de se détacher des modérés en publiant une proclamation virulente appelant à l'écrasement des Indulgents et des traîtres. Il n'est toutefois pas inquiété par le Comité de salut public contrairement à d'autres anciens représentants en mission.

De retour à la Convention, il prend part à plusieurs discussions concernant l'instruction publique.

Le CrêtoisModifier

Après la chute de Robespierre, Lefiot s'oppose à la réaction thermidorienne. Après l'insurrection du 12 germinal an III, il se déclare contre la mise en accusation des députés favorables au mouvement émeutier. Cette adhésion au groupe des Montagnards de l'an III (ou Crêtois) le fait attaquer par la majorité thermidorienne. Dubois-Crancé l'accuse notamment d'avoir fait guillotiner injustement quatre citoyens de Montargis. Lefiot, tout en reconnaissant les faits, se défend en rejetant la responsabilité sur le Comité de salut public dont il n'aurait fait qu'appliquer les ordres.

Il est finalement décrété d'arrestation le 21 thermidor an III, malgré la défense du girondin Lanthenas. Il reste trois mois en prison avant d'être libéré par l'amnistie de brumaire an IV.

Carrière civileModifier

Peu après sa libération, Merlin de Douai lui offre une place de chef de division au ministère de la Justice.

Il reprend ensuite son métier d'avocat à Nevers avant d'être élu juge du tribunal de cassation de la Nièvre en 1798. Toutefois cette élection est annulée par le Directoire à cause de ses idées jacobines.

Franc-maçon, il est membre de l'Amitié à l'Épreuve. Il réapparaît pendant les Cent-Jours comme conseiller de préfecture de la Nièvre.

Exilé par la loi bannissant les régicides, Lefiot s'établit en 1816 à Aix-la-Chapelle, puis à Liège où il s'inscrit comme avocat.

Il rentre en France en 1830 après la chute de Charles X. Il reçoit une pension viagère de la part du gouvernement de la Monarchie de Juillet, et meurt le à Paris.

SourcesModifier