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François-Joachim Esnue-Lavallée

personnalité politique française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lavallée.

François Joachim Esnue-Lavallée
Fonctions
Député de la Mayenne

(1 an et 22 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député à la Convention nationale

(3 ans, 1 mois et 22 jours)
Maire de Craon
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Craon (Anjou)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Montagne
Profession Avocat
Magistrat
Notaire
députés de la Mayenne

François Joachim Esnue-Lavallée, ou de la Vallée, né à Craon (Anjou) le , mort à Paris le , était un magistrat et une personnalité politique français.

BiographieModifier

OrigineModifier

Fils de François-Jean Esnue, sieur de la Vallée, docteur en médecine[1], en poste à l'hôpital de Craon depuis 1746, mort à son domicile le , et de Renée Curis[2],[3], morte le [1], il est reçu licencié en droit et avocat en Parlement. Le , il s'inscrit au barreau de Craon, puis devient procureur à la sénéchaussée de Craon en 1788[4] et secrétaire du bureau de correspondance du district de Craon en 1787. Le , son oncle, le curé de la paroisse Thomas Esnue-Lavallée, célèbre à Marigné-Peuton son mariage avec Louise Jarry de Lorminière[5],[6].

Homme politiqueModifier

Au début de la Révolution, il devient, malgré ses opinions avancées, l'un des trois commissaires désignés par le roi le afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour la formation du département de la Mayenne et des districts et capitaine de la 5e compagnie de la milice bourgeoise. Par ailleurs, il est élu maire de Craon, membre du directoire du district (1790), juge au tribunal du district (1791)[7],[8] puis, le , député de la Mayenne, le 6e sur 8 avec 153 voix sur 269 votants, à l'Assemblée législative. Admis à siéger le 8 octobre suivant, il prend place au côté gauche, avec les Girondins, prête serment le lendemain et intègre le comité de législation le .

Le , la Mayenne l'élit, le 2e sur 8 avec 348 voix sur 407 votants, à la Convention nationale, où il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort sans appel ni sursis.

Le montagnardModifier

Nommé Envoyé en mission dans les départements du Centre et de l'Ouest avec Fouché, Méaulle et Philippeaux par décret du pour appeler la population aux armes contre les insurgés vendéens, il quitte Paris le 22 septembre[9]. Sa rigueur lui attire de vives inimitiés. Ainsi, à la fin de , avec son collègue Thiron de la Moselle, il renouvelle les administrations du département, du district et de la commune de Laval. Rappelé par décret du 9 brumaire an II (), il n'en poursuit pas moins sa mission jusqu'en décembre.

Le 9 nivôse (), il est nommé par arrêté du comité de salut public en Ille-et-Vilaine et en Mayenne avec René François-Primaudière pour organiser le gouvernement révolutionnaire. Le 28 pluviôse an II (), à Rennes, il ordonne la destruction des orgues des églises « qui servent à alimenter l'imbécile crédulité des citoyens habitués à se rendre dans les lieux consacrés à l'erreur et au mensonge ». Par ailleurs, il se signale par la part qu'il prend dans la condamnation de l'ex-constituant Enjubault de la Roche, auquel il mêle l'affaire du prince de Talmont. Début germinal, il rentre à Paris et prend un congé de quatre décades, avant de repartir pour Rennes le 22 floréal (). Il est rappelé par le comité de salut public le 14 messidor () et le 6 thermidor ()[9].

Procès et amnistieModifier

À la suite de l'insurrection du 1er prairial an III (), il est dénoncé comme terroriste par la commune de Laval

Le 5 floréal an IIII (24 avril 1795), Enjubault-Bouessay, Jérôme Frin de Corméré et François Hubert, tous les trois destitués au mois de novembre 1793 par Esnue-Lavallée, vinrent[10] apporter à la barre de la Convention une dénonciation formelle contre Esnue-Lavallée.

La pétition des habitants de Laval, convertie en motion par Boursault-Malherbe, fut renvoyée au Comité de salut public. Le 5 prairial an III, la Convention, après un discours[11] de Boursault-Malherbe et un second de Jacques Defermon, ordonnait la mise en accusation et l'arrestation d'Esnue-Lavallée.

Il profite de l'amnistie générale du 4 brumaire an IV (26 octobre 1795) qui le libère.

NotaireModifier

Rentré à Craon après sa libération, il se retire de la vie publique, gérant une étude de notaire[12]. Sous le Directoire, le ministre de l'Intérieur octroie par arrêté, en 1796, des secours à ses trois filles[5]. Sous la Restauration, il se fixe à Paris[12]. Saisi par la loi du 12 janvier 1816 qui condamne les régicides à l'exil, il meurt peu après.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Alphonse Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, J. Floch, 1962, vol. 2, p. 124.
  2. Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 1903, 2e série, vol. 19, p. 503.
  3. Paul Delaunay, Vieux médecins mayennais, Goupil, 1904, 294 pages, p. 271.
  4. Kléber en Vendée (1793 - 1794) (documents publiés par H. Baguenier Desormeaux), Société d'histoire contemporaine de Paris, Alphonse Picard, 1907, 565 pages, p. 416.
  5. a et b Edna Hindie Lemay, Mona Ozouf, Dictionnaire des législateurs 1791-1792, Centre international d'étude du XVIIIe siècle, 2007, vol. 1, 821 pages, p. 287 (ISBN 2845590253).
  6. Aude Guihéneuc, Rémy Toulouse, Le patrimoine des communes de la Mayenne, Flohic, 2002, vol. 2, 953 pages, p. 850 (ISBN 284234135X).
  7. Ferdinand Gaugain, Histoire de la révolution dans la Mayenne, R. Chailland, 1918, vol. 1, p. 257.
  8. Esnue-Lavallée abandonne la mairie de Craon en entrant au tribunal; il est remplacé par Nupied, tanneur. Voir le Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, op. cit., p. 324.
  9. a et b Michel Biard, Missionnaires de la République, Paris, CTHS, 2002, p. 500.
  10. Moniteur universel de l'an 111, numéro 218, du 8 floréal. Voir aussi : Dénonciation contre le représentant du peuple Esnue-Lavallée, du département de la Mayenne, et ses complices, faite à la barre de la Convention par les citoyens de Laval. In-8° 22 pages.
  11. Moniteur uniuersel de l'an 111, numéro 230, du 10 prairial. XXXVII.
  12. a et b Ferdinand Gaugain, op. cit., p. 413.

Liens externesModifier