Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman

L'Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM ou Iremam, en tant qu'acronyme) est une unité mixte de recherche interdisciplinaire associant l'université d'Aix-Marseille et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Ses travaux portent sur l'histoire, la sociologie, la géographie, l'anthropologie, le droit et les sciences politiques dans le monde arabe et musulman.

C'est une structure de la Maison méditerranéenne des sciences de l'homme, située sur le campus du Jas-de-Bouffan de l'université d'Aix-Marseille, à Aix-en-Provence ; elle est actuellement dirigée par Catherine Miller.

HistoriqueModifier

L'IREMAM est l'héritier du Centre d’études nord-africaines (CENA) créé en 1958 à Aix-en-Provence, devenu le Centre de recherches sur l’Afrique méditerranéenne (CRAM) en 1962, qui fut un laboratoire propre du CNRS à partir de 1964. En 1969, il participe au regroupement qui compose l'Institut de recherches méditerranéennes (IRM), devenu le Centre de recherches et d’études sur les sociétés méditerranéennes (CRESM) en 1970. L'ensemble est dirigé par Jean-Louis Miège, puis Charles Debbash. En 1984, son directeur est André Raymond, qui pilote ensuite la création de l'IREMAM, en 1986 ; il fédère alors les structures de recherches de la région sur le monde arabe et musulman.

Après la direction de l'IREMAM assurée par André Raymond, lui succèdent Michel Camau (1989), Jean-Robert Henry (1991), Ahmed Mahiou (1992), Christian Robin (1997), Eberhard Kienle (2001, après un intérim de cinq mois assuré par Jean-Claude Santucci), Ghislaine Alleaume (2007) et Catherine Miller (2015)[1].

En novembre 2019, l'IREMAM accepte la candidature de Majdi Mustafa Nema, ancien porte-parole d’un groupe djihadiste syrien Jaych al-Islam, soupçonné de crimes de guerre et de tortures en Syrie[2], les médias posant la question comment un éminent salafiste syrien a-t-il été autorisé à étudier en France[3]. Celui-ci est arrêté à Marseille, le et est mis en examen pour « actes de torture et complicité », « crimes de guerre » et « complicité de disparitions forcées »[4]. Richard Jacquemond, directeur de l’Iremam, déclare alors qu’il ne connaissait pas le passé de Majdi Mustafa Nema, soulignant qu’il s'agit souvent de « profils très intéressants parce qu’ils peuvent nous apporter une connaissance de première main »[5].

CompositionModifier

L'IREMAM réunit 14 chercheurs CNRS et 17 enseignants-chercheurs de l'AMU (dont 6 détachés à l'étranger en 2012), ainsi que de nombreux doctorants, post-doctorants et chercheurs associés.

Ils sont assistés de 13 personnes ITA ou IATOS.

PublicationsModifier

Les publications de l'IREMAM[6] sont :

Fonds d'archivesModifier

En 2003, l'ensemble des fonds de l'IREMAM a rejoint le Département des études arabes de la médiathèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l'homme[9].

FormationsModifier

L'IREMAM participe au master « Mondes arabes, musulman et sémitique » et à des doctorats dans les domaines de recherche de l'Institut.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Anne Debray-Decory, « Quelques repères chronologiques : du CENA à l’IREMAM », sur IREMAM (consulté le 23 septembre 2015)
  2. Timothée Boutry et Eric Pelletier, Arrêté à Marseille, le djihadiste syrien Majdi Mustafa Nema séjournait en France en règle, leparisien.fr, 6 février 2020
  3. (en) How was a prominent Syrian Salafist allowed to study in France?, rfi.fr, 6 février 2020
  4. Un djihadiste syrien, ancien porte-parole de Jaysh Al-Islam, arrêté à Marseille et mis en examen, Le Monde avec AFP, 31 janvier 2020.
  5. Un ex-responsable islamiste interpellé fin janvier présent en France grâce à un visa, nouvelobs.com, 6 février 2020
  6. « IREMAM », sur HAL-SHS (Sciences de l’homme et de la société) (consulté le 23 septembre 2015)
  7. « Centre d'Etudes Nord-Africaines, Annuaire de l'Afrique du Nord », Revue internationale de droit comparé, Paris, Société de législation comparée, vol. 17, no 1,‎ , p. 242-244 (lire en ligne) — L'IREMAM est l'héritier du Centre d'études nord-africaines.
  8. H. M., « L'Annuaire de l'Afrique du Nord », Le Monde diplomatique, Paris,‎ (lire en ligne, consulté le 23 septembre 2015)
  9. « La bibliothèque », sur Maison méditerranéenne des sciences de l'homme (consulté le 23 septembre 2015)

Lien externeModifier