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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Innocent.

Innocent II
Image illustrative de l’article Innocent II
Biographie
Nom de naissance Gregorio Papareschi
Naissance date inconnue
Rome
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Décès
Rome
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Intronisation
Fin du pontificat
(13 ans, 7 mois et 10 jours)
Autre(s) antipape(s) Anaclet II (1130-1138) et Victor IV (antipape, 1138)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Innocent II (Gregorio Papareschi), né à Rome (Italie), fut le 164e pape de l’Église catholique du au .

Sommaire

DébutsModifier

Membre du clan Guidoni, Gregorio est d'abord chanoine régulier de Saint-Jean de Latran. Nommé cardinal-diacre par Urbain II en 1088 (titre inconnu)[1], devient en 1116 cardinal-diacre de Saint-Ange en Pescheria. Il suit son successeur Gélase II dans son exil en France. Sous le pontificat de Calixte II, il accompagne le légat pontifical Lambert, cardinal-évêque d'Ostie, dans sa mission en Allemagne. Avec ce dernier, il prend part à l'élaboration du concordat de Worms, qui en 1122 met fin à la longue querelle des Investitures. À son retour, il s'attache au clan des Frangipani, l'une des grandes familles romaines, contre les Pierleoni, plus populaires.

PontificatModifier

L'électionModifier

Au début de l'année 1130, alors que le pape Honorius II est à l'article de la mort, le cardinal Aymeric, partisan des Frangipani, persuade ce dernier d'instituer une commission de huit cardinaux pour élire son successeur. Il resterait ensuite au Sacré Collège d'approuver ce choix. En pratique, la commission se trouve composée d'une minorité de pro-Pierleoni, pourtant majoritaires dans le Sacré Collège.

Quand Honorius II meurt dans la nuit du au , Aymeric réunit les six autres membres de la commission présents sur place, dont un seul partisan des Pierleoni. Gregorio, proche des Frangipani, est donc élu par six voix contre une ; il prend le nom d'Innocent II. Le vote est confirmé par dix autres cardinaux de la même faction, pour la plupart français. Quelques heures plus tard, les cardinaux de la faction Pierleone, majoritaires, élisent Pierre Pierleone, qui prend le nom d'Anaclet II.

Le schismeModifier

C'est le schisme. Anaclet II est soutenu par les Normands du roi Roger II de Sicile et par une majorité des Romains. Ainsi, Innocent II ne peut être couronné qu'à Sainte-Marie-Nouvelle, et non à la basilique Saint-Pierre. Il est également prisonnier un temps des Normands. Contraint de quitter Rome, il se réfugie d'abord en Toscane, puis en Ligurie, et enfin en Provence.

Si l'empereur Lothaire II ne se montre guère pressé de trancher, Louis VI le Gros est plus actif, sans doute sur le conseil de Suger. Il convoque à Étampes les archevêques de Sens, Reims et Bourges ainsi que des évêques et abbés, parmi lesquels Bernard de Clairvaux, et son ami Gossuin d'Anchin. Ceux-ci prennent parti pour Innocent II dès que les Frangipani le contactent, et refuse de prendre connaissance du dossier adverse. Accueilli en France par Suger, Innocent II convoque un synode à Clermont-Ferrand et le le concile de Reims : Anaclet est excommunié[2]. Le , il sacre roi à Reims, Louis le Jeune du vivant de son père, après la mort accidentelle de son frère aîné Philippe le [3].

Il vient à Autun dédicacer la seconde église cathédrale d'Autun.

À la suite de Louis VI, Henri Ier Beauclerc prend parti en faveur d'Innocent. Sur les conseils de Norbert de Xanten, fondateur des Prémontrés, Lothaire II fait finalement de même. En 1133, il intervient militairement en Italie. Cependant, aussitôt couronné par Innocent, il rebrousse chemin avec son armée. De nouveau chassé de Rome, Innocent II s'installe à Pise où il tient, en 1135, un concile réitérant la condamnation d'Anaclet et de ses partisans. En 1136-1137, Lothaire mène une seconde campagne militaire, qui inflige une défaite temporaire à Roger de Sicile, le plus sûr soutien militaire d'Anaclet. C'est la mort de ce dernier, en , qui met fin au schisme : son successeur, Victor IV, se soumet rapidement à Innocent.

Innocent II convoque en avril le IIe concile du Latran pour affermir sa position : il reprend l'œuvre du Ier concile du Latran, en 1123, et confirme les décrets des synodes de Clermont, Reims et Pise. À la clôture du concile, il entreprend de réduire Roger de Sicile, son dernier adversaire. Fait prisonnier, il doit finalement traiter avec le Normand : par le traité de Mignano, en , il reconnaît son titre royal ainsi que ses territoires.

À sa mort, Innocent II est inhumé dans la basilique du Latran, avant d'être transféré en 1308 en la Basilique Sainte-Marie-du-Trastevere.

BullesModifier

  • Omne datum optimum (1139) : Innocent II place l'ordre du Temple sous son commandement personnel et le soustrait à toute autre autorité ecclésiastique.
  • La bulle de Gniezno (en latin Ex commisso nobis, en polonais Bulla gnieźnieńska) est une bulle du pape Innocent II par laquelle il abroge l’autorité de l’archevêché de Magdebourg sur l’Église polonaise, confirmant l’indépendance de l’Église polonaise. Promulguée le , elle contient la première référence écrite de la langue polonaise.

Notes et référencesModifier

  1. The Cardinals of the Holy Roman Church-Papareschi
  2. René François Rohrbacher, Auguste-Henri Dufour, Histoire universelle de l'Église Catholique, vol. 15, Paris, Gaume Frères, (présentation en ligne).
  3. Bernard Plongeron, Luce Pietri, Le Diocèse de Paris, vol. 1, Éditions Beauchesne, (ISBN 2701011329, présentation en ligne).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • A. Graboïs, « Le schisme de 1130 et la France », dans Revue d'histoire ecclésiastique 76 (1981), p. 593-612.
  • (de) Werner Maleczek, « Innocenz II », Lexikon des Mittelalters 5 (1991), p. 433-434.
  • Marcel Pacaut, Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard, (ISBN 2-213-618577), p. 875-876.
  • (en) Mary Stroll, Symbols As Power: The Papacy Following the Investiture Contest, Brill, Leyde, 1991.

Liens externesModifier