Heimskringla

La Saga des rois de Norvège ou Heimskringla (littéralement l'orbe du monde en vieux norrois, d'après le premier mot de l'ouvrage) est un recueil de sagas écrites et compilées en Islande aux alentours de 1225 par le poète et historien Snorri Sturluson.

Une page de la Heimskringla.

ContenuModifier

Le texte est composé par les sagas suivantes :

  1. La Saga des Ynglingar
  2. La saga de Halfdan le Noir
  3. La saga de Harald Hårfagre
  4. La saga de Haakon le bon
  5. La saga de Harald Gråfell et du Jarl Håkon Sigurdsson
  6. La saga d'Olaf Tryggvason
  7. La saga d'Olaf Haraldson
  8. La saga de Magnus le Bon
  9. La saga de Harald Hardråde
  10. La saga d'Olaf Kyrre
  11. La saga de Magnus le Va-nu-pieds
  12. La saga de Sigurd le croisé
  13. La saga de Magnus l'aveugle et de Harald Gille
  14. La saga de Sigurd, Eystein et Inge, les fils d'Harald
  15. La saga de Haakon Herdebreid
  16. La saga de Magnus Erlingson jusqu'à 1177.

Le recueil débute par les origines mythologique de la dynastie des rois de Suède dans l'Ynglinga Saga, se poursuit avec la narration historique de la vie des monarques norvégiens (pour la plupart du Xe siècle au XIIe siècle), et se termine en 1177 sous le règne de Magnus Erlingsson.

La Heimskringla suit Óðinn et ses compagnons depuis Ásgard, leur cité d'origine, jusqu'à leur établissement en Scandinavie. Elle retrace le tournoi des rois, la création des royaumes de Norvège, de Suède et du Danemark, les expéditions viking, la découverte et la colonisation de l'Islande et du Groenland, la découverte de l'Amérique et les conquêtes de l'Angleterre et de la Normandie.

La saga d'Olaf Haraldson constitue la pièce maîtresse de l'œuvre[1]. Un tiers des écrits concernent son règne de 15 années[2]. Celle-ci fut rédigée en premier dès le retour de Snorri en Islande en 1220. Bien qu'il l'eût conçue comme un texte indépendant au départ, Snorri se décida à l'incorporer dans la Heimskringla[2].

La saga de Harald Hardråde narre ses expéditions vers l'est, ses exploits à Constantinople, en Syrie, en Sicile, ses batailles en Angleterre contre Harold Godwinson et sa mort à Stamford Bridge en 1066 quelques jours seulement avant la bataille de Hastings.

La fin du règne du roi Magnus V est traitée dans une autre Saga la « Sverris saga » ou Saga du roi Sverre de Norvège qui commence à relater les événements à partir de cette époque.

SourcesModifier

Avant l'ouvrage de Snorri Sturluson, il existait notamment pour ce qui concerne la vie d'Olaf le Saint un récit édifiant sur sa vie rédigé en latin et qui fut plus tard traduit en langue vernaculaire[3]. Néanmoins, Snorri utilise largement la tradition orale qui comprenait principalement des poèmes de différentes longueurs. Celle-ci constituait des témoignages directs concernant les faits et gestes du souverain, mais également de ses alliés et de ses adversaires. Elles contiennent des allusions aux caractère des personnages, voire à leur aspect physique. Les scaldes nommaient ainsi le souverain Olaf le Gros, surnom que Snorri reprend dans la plus grande partie de son récit. Snorri cite de cette manière près de cent quatre-vingts strophes scaldiques dans son récit de l'Histoire du roi Olaf le Saint. Il introduit ainsi de nombreux détails absents des ouvrages de ses prédécesseurs[3].

Traductions françaisesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Pierre Arrignon, Régis Boyer, éd. trad. — Snorri Sturluson. La Saga de saint Olaf, tirée de la Heimskringla, 1983 (compte-rendu), Cahiers de Civilisation Médiévale, Année 1987, 30-119, p. 295
  2. a et b Snorri Sturlusson, La Saga des Ynglingar précédée du Prologue à la Heimskringla, préf., notes et trad. d'Ingeborg Cavalié, Le Porte-Glaive, Paris, 1990, p.25
  3. a et b Snorri Sturluson, Histoire des rois de Norvège (Tome 2-Histoire du roi Olaf le Saint): Heimskringla, traduction et introduction de François-Xavier Dillmann, Gallimard, 1248 pages, 2022

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier