Thérèse Hargot

sexologue belge
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Thérèse Jacob, plus connue sous son nom de jeune fille Thérèse Hargot, est une sexologue belge, exerçant en France.

Thérèse Jacob
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Biographie
Naissance
Nom de naissance
Thérèse Hargot
Nationalité
Activité

BiographieModifier

Famille et jeunesseModifier

Thérèse Hargot est née en 1984 en Belgique. Elle est la quatrième enfant d'une fratrie de huit. Très croyants, ses parents sont tous deux assistants sociaux vivant et travaillant dans un quartier défavorisé de Bruxelles[1].

ÉtudesModifier

Thérèse Hargot est diplômée d'un master II en philosophie et société à l'université de La Sorbonne Paris-1 et d'un master II en sciences de la famille et de la sexualité à l'Université catholique de Louvain[1]. Ses recherches en philosophie portent sur les études de genre et plus particulièrement sur les rapports de pouvoir liés à la médicalisation du corps féminin dans les processus reproductifs (sexualité, fécondité, grossesse, accouchement).

Parcours professionnelModifier

À la fin de ses études, elle exerce tout d'abord son métier de praticienne à New York[2]. D'abord chroniqueuse pour le magazine French Morning, elle ouvre son blog en 2013.

En , son premier essai « Pour une libération sexuelle véritable » est publié chez FX de Guibert à Paris. Elle y fait la promotion des méthodes naturelles de régulation des naissances comme alternative à la contraception hormonale.

À partir de 2013, elle intervient en tant que sexologue au collège Stanislas, dans le 6e arrondissement de Paris, aussi bien pour des interventions en groupes, à destination des collégiens, lycées et étudiants de classes préparatoires, qu'en permanence individuelle[1]. Elle réalise également des interventions lors de différentes manifestations aussi bien nationale (Université d'été de la Manif pour tous en 2014[3], Assemblée générale des évêques de France à Lourdes, 2014[4]) qu'international (Colloque « Complémentarité homme femme » au Vatican en 2014[1], Festival Paradise in the City[5] dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse, Cracovie, 2016).

En 2016, elle publie l'ouvrage Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), qui la révèle au grand public grâce à ses nombreux passages dans les médias.

En 2018, elle publie chez Albin Michel Aime, et ce que tu veux, fais-le ! , un ouvrage d'entretiens avec Monseigneur Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon, en réponse aux questions d'Arthur Herlin, jeune journaliste vaticaniste.

Prises de positionModifier

La principale thèse de Thérèse Hargot est que la pensée actuelle de la sexualité est une pensée hygiéniste et utilitariste : se protéger et jouir. Elle propose de remplacer ce formatage par un questionnement philosophique qui remette la personne au centre de toute décision[2].

Thérèse Hargot, en tant qu'intervenante auprès des jeunes, prend position contre la banalisation de la pornographie[6], notamment parce que cette dernière introduit une forme anxiogène dans la relation sexuelle à travers la norme de jouissance[7], la notion de performance sexuelle ou de danger lié à la sexualité[8]. Pour elle, cette nouvelle normativité sexuelle crée une discrimination sexuée visant les femmes, et surtout les jeunes filles, qui sont dévalorisées dans le choix de partenaires nombreux, alors que les hommes ou les garçons sont valorisés. Pour y remédier, elle propose le choix de l'abstinence et de la fidélité[9].

Elle se positionne également contre le féminisme hérité de Simone de Beauvoir, qui a formaté les femmes à concevoir leur identité et leur désir de réalisation par leur seul travail en négligeant leur rôle maternel ; selon elle, ce féminisme qu'elle nomme « matérialiste » s'est soumis à la société patriarcale, en en adoptant les codes de performance et de productivité, au lieu de modifier cette société en profondeur[10]. Elle se définit comme « féministe différentialiste » ou « alter-féministe »[11], mouvance parfois qualifiée de « féminisme identitaire »[12].

S'exprimant sur la contraception orale, Thérèse Hargot constate que la pilule a été présentée par de nombreux féministes comme l'outil par excellence de libération sexuelle des femmes ; pour sa part, elle estime que les femmes sont au contraire entrées, par le biais de ce médicament, dans une sexualité « masculine » qui ne tient pas compte de leur rythme ; et d'autre part que le choix leur est insuffisamment présenté d'adopter des méthodes de contraception différentes, en particulier les méthodes naturelles [13], n'hésitant pas à déclarer, dans Famille chrétienne que « la contraception est le plus grand scandale du siècle »[14].

Concernant plus particulièrement la « pilule du lendemain » (Lévonorgestrel), en tant qu'intervenante en milieu scolaire, elle dénonce les doses massives que ce médicament induit, ainsi que le flou des termes, qui fait passer ce médicament abortif pour un simple contraceptif[15].

RéactionsModifier

Les prises de position de Thérèse Hargot et ses interventions en milieux religieux[4] ou dans le cadre de La manif pour tous[3] ne manquent pas de faire réagir. Elle est tantôt définie comme une alter-féministe aux côtés d'Eugénie Bastié[16], tantôt assimilée aux néo-puritanistes et à une « nouvelle garde réactionnaire européenne »[17],[18], et critiquée par des féministes comme Marcela Iacub[19].

Vie privéeModifier

Mariée, Thérèse Hargot a trois enfants[2].

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d France Lebreton, « Thérèse Jacob, au cœur de l’intime », La Croix,‎ , p. 28 (ISSN 0242-6056, lire en ligne).
  2. a b et c Marie-Pierre Genecand, « L’illusoire liberté sexuelle des adolescents », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne).
  3. a et b Stéphane Kovacs, « La Manif pour tous fait sa rentrée à Palavas-les-Flots », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le 12 novembre 2016).
  4. a et b Mélodie Locard, « À Lourdes, les évêques s'intéressent à la sexualité des jeunes - France 3 Midi-Pyrénées », France 3 Midi-Pyrénées,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2016).
  5. Chemin Neuf France 18/30, « Festival Paradise in the City - Workshop avec Thérèse Hargot et le Père Vincent Breynaert », (consulté le 12 novembre 2016).
  6. « Thérèse Hargot : "La sexualité des ados est formatée et conditionnée par le porno" », sur Marianne, (consulté le 21 juillet 2020).
  7. Sixtine Fourneraut, « Thérèse Hargot : « Aujourd'hui, la norme c’est le devoir de jouissance » », La Vie,‎ (lire en ligne).
  8. Eugénie Bastié, « Thérèse Hargot : « La libération sexuelle a asservi les femmes » », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  9. Adélaïde Tenaglia, « Les Inrocks - Thérèse Hargot : le nouveau visage du puritanisme qui s'attaque à la sexualité des jeunes », Les Inrocks,‎ (ISSN 0298-3788, lire en ligne).
  10. Hélène Bonhomme, « Thérèse Hargot : quel féminisme transmettons-nous à nos filles ? », Le Point,‎ (lire en ligne).
  11. Alexandre Devecchio, « Thérèse Hargot, l'alterféministe », Le Figaro Magazine, semaine du 2 décembre 2016, page 52.
  12. « D'Olympe de Gouges aux Effronté(e)s, plongée dans la galaxie féministe », sur L'Obs (consulté le 24 mars 2019).
  13. Stéphanie Gallet, « Petites questions autour de la pilule », RCF,‎ (lire en ligne).
  14. «La contraception, le plus grand scandale du siècle !», sur www.famillechretienne.fr (consulté le 12 novembre 2016).
  15. Thérèse Hargot, « Pilule du lendemain : le bal des hypocrites a assez duré ! », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne).
  16. Camille Choteau, « Osez l’alterféminisme! », Causeur,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2016).
  17. Adélaïde Tenaglia, « Les Inrocks - Thérèse Hargot : le nouveau visage du puritanisme qui s'attaque à la sexualité des jeunes », sur Les Inrocks, (consulté le 12 novembre 2016).
  18. « Thérèse Hargot, it-girl réac et fraude intellectuelle », Brain Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2016).
  19. Marcela Iacub, « La confusion des sentiments », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2016).

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier