Gustave Lemoine

aviateur français

Gustave-Pierre Lemoine
Naissance
Trémeur (Côtes-du-Nord)
Décès
Pozières (Somme)
Origine Drapeau de la France France
Autres fonctions Pilote d'essai

Gustave Lemoine, né le à Trémeur (Côtes-du-Nord)[1] et mort le à Pozières (Somme)[2],[3], était un aviateur français. Pilote d'essai chez Potez, il était détenteur de plusieurs records mondiaux de vitesse et d’altitude.

BiographieModifier

Breveté pilote militaire le , Gustave Lemoine obtient le brevet de pilote de transport public (numéro 1373) et le brevet de navigateur (numéro 135). Pilotant pendant plus de douze ans sans interruption, il se spécialise dans les essais d'appareils nouveaux[1] chez Potez, où il est chef pilote d'essai, bientôt rejoint par Georges Détré[4]. En 1933 et 1934, il participe à la Coupe Deutsch de la Meurthe, sans remporter l’épreuve[5]. Pour l’édition 1933, Henry Potez fait construire deux exemplaires du Potez 53, appareil en bois propulsé par un moteur Potez de 310 ch. Les avions sont confiés à Georges Détré (numéro 10) et Gustave Lemoine (numéro 12). Le jour de la course est le . C’est Georges Détré qui remporte l'épreuve à 322,81 km/h de moyenne[4],[6].

RecordsModifier

Gustave Lemoine était titulaire de trois records internationaux de vitesse avec 1 000 kg de charge[5] :

  • sur 100 km, avec une vitesse moyenne de 299,250 km/h ;
  • sur 500 km, avec une vitesse moyenne de 284,194 km/h ;
  • sur 1 000 km, avec une vitesse moyenne de 281,250 km/h[1].

Il était aussi détenteur du record du monde d'altitude[5]avec 13 661 mètres[7],[8], obtenu le à Villacoublay[9], sur avion Potez 506 à moteur Gnome et Rhône pouvant développer une puissance de 600 chevaux[9].

AccidentsModifier

 
Tombe de Gustave Lemoine au cimetière parisien de Saint-Ouen

Le dans l'après-midi, Gustave Lemoine fait décoller pour un vol d'essai un quadrimoteur du terrain de l’usine Potez de Méaulte (Somme)[1] aux environs d'Amiens[5]. C’est le prototype du Potez 41, un bombardier de nuit. Cet appareil de 36 mètres d'envergure a une allure bizarre, avec ses moteurs installés en haut de cheminées posées sur les ailes[6]. Lemoine est accompagné de deux mécaniciens navigants[1], Lenain et Bailly. L'avion survolait le territoire compris entre Thiepval et Pozières, à 300 mètres d'altitude[5], quand il cesse soudain de répondre aux commandes. Lemoine ordonne à ses passagers de sauter en parachute et en fait autant, mais son parachute ne s'ouvre pas et le malheureux pilote s’écrase au sol[1]. Il est tué sur le coup. Le mécanicien Lenain a sauté avant Lemoine[5]. Son parachute s'ouvre normalement, et il atterrit sain et sauf. Le second mécanicien, Bailly, est reste à bord de l'avion. Il tombe avec lui[1] sur le territoire de la commune de Grandcourt, à 1 200 mètres du corps de Lemoine. Il s'en tire avec une fracture de la jambe et diverses contusions qui ne mettent pas ses jours en danger[5]. Si Gustave Lemoine était resté à bord, il aurait probablement survécu aussi.

Gustave Lemoine comptait plus de trois mille heures de vol lors de son décès[1],[5]. Il est inhumé au cimetière parisien de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)[3],[7],[8]{. Il repose dans la 14ème division sous la tombe la plus spectaculaire de ce cimetière de déshérités, dénué de monuments artistiques : deux grandes ailes ornées d’un médaillon le représentant, œuvre du sculpteur lyonnais Pierre Vaudrey[10].

DistinctionsModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h et i « L'aviateur Lemoine s'est tué », L’Ouest-Eclair. Journal républicain du matin, vol. 37e année, no 13.845,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  2. Martial Pain, « Gustave Lemoine », sur Aérostèles - lieux de mémoire aéronautique, (consulté le 9 août 2018).
  3. a et b « Gustave Lemoine », sur chronobio.com – le site des dates de naissance (consulté le 9 août 2018).
  4. a et b Jean-Paul Reynaud, « LE POTEZ 53 », sur Association des Amis du Musée de l'Air, (consulté le 6 août 2018).
  5. a b c d e f g h et i André Reichet, « MORT TRAGIQUE de l'aviateur G. Lemoine Le recordman du monde est victime du défaut de fonctionnement de son parachute », Le Figaro, vol. 109e année, no 275,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  6. a et b Jean Houben, « Le petit garçon qui regardait passer les avions », sur Histoire d’aviateurs (consulté le 7 août 2018).
  7. a et b Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 623.
  8. a b et c Marcel Catillon, Mémorial aéronautique: qui était qui ? Volume 1, Nouvelles Editions Latines, (ISBN 2-72330-529-5), p. 115.
  9. a et b Stéphanie Meyniel, « Le 21 mars 1933 dans le ciel : Gustave Lemoine améliore le record français d’altitude », sur Air-Journal, (consulté le 9 août 2018).
  10. Philippe Landru, professeur agrégé d’histoire, « SAINT-OUEN (93) : cimetière parisien (partie récente) », sur Cimetières de France et d’ailleurs, (consulté le 9 août 2018).

BibliographieModifier

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 623.
  • « L'aviateur Lemoine s'est tué », L'Ouest-Éclair. Journal républicain du matin, vol. 37e année, no 13.845,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  • André Reichet, « MORT TRAGIQUE de l'aviateur G. Lemoine Le recordman du monde est victime du défaut de fonctionnement de son parachute », Le Figaro, vol. 109e année, no 275,‎ , p. 1 (lire en ligne).

Liens externesModifier

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