Potez
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Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Dates clés 1936 : nationalisation
1967 : rachat partiel par Sud-Aviation
Fondateurs Henry Potez
Personnages clés Louis Coroller
Roland Potez
Siège social Aire-sur-l'AdourVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Constructeur aéronautique
Équipementier aéronautique
Site web www.potez.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Histoire de l'entreprise PotezModifier

DéveloppementModifier

Initialement installé à Aubervilliers puis à Levallois-Perret, l'entreprise s'installe dans une usine d'une superficie de 25 000 m2 à Méaulte près d'Albert dans la Somme.

La firme connaît un premier succès en 1921 avec le Potez XV construit à plus de 400 exemplaires[1] puis en 1924 avec les plus de 3600 Potez 25 et dérivés vendus dans le monde entier[2]. Ce dernier modèle assure l'assise financière et industrielle de Potez.

Potez rachète l'entreprise d'Alessandro Anzani en 1923, usine qui fabrique les moteurs équipant les avions des frères Caudron. En 1933, la société rachète le fabricant d'hydravions CAMS.

De nombreux pilotes d'essais travaillent pour l'entreprise, dont Lionel de Marmier[3], ainsi que de nombreux ingénieurs dont Louis Coroller.

La firme Potez profite à partir de 1934 des souffleries de l'Institut de mécanique des fluides de Lille pour réaliser ses essais de prototypes[4].

Potez Aéro-ServiceModifier

Le développement de l'aviation de tourisme crée des besoins en infrastructures auxquels les constructeurs (et Potez au premier rang) contribuent. En 1933, l'entreprise en détient 5 (Méaulte, Orly, Berre, Courbevoie, Le Fayet)[5]. La distribution de primes à l'achat par le gouvernement français amène Potez en 1935[6] à regrouper cette activité dans une filiale afin de commercialiser ses avions à destination des particuliers et d'offrir les services associés (station service & réparation)[7].

Entre 1930 et 1935, Potez est ainsi le principal bénéficiaire des primes gouvernementales à l'achat (suivi de près par Caudron)[8]. En 1935, Potez Aéro-Service détient 10 stations-services (dont la plus grande à Orly) et 7 écoles de pilotage qui comportent respectivement 39 et 7 avions[9]. La société se développe en exploitant des lignes aériennes non subventionnées (Bordeaux-Marseille-Nice-Bastia) et monte jusqu'à 21 stations-services[10].

En 1937, l'arrêt des primes à l'achat et l'exploitation déficitaire de la ligne déjà raccourcie au seul Nice-Bastia met fin à la société qui est liquidée[11]. Seule survit Orly sous le nom de Paris Aéro-Service[10].

NationalisationModifier

En 1936, l'industrie aéronautique française est nationalisée. Les usines Potez de Sartrouville et Méaulte sont reprises par la Société nationale des constructions aéronautiques du Nord (SNCAN) tandis que l'usine de Berre est rattachée à la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Est (SNCASE).

Après-guerreModifier

Après la Seconde Guerre mondiale, la société Potez renaît à Argenteuil sous l'appellation Société des avions et moteurs Henry Potez mais elle ne joue plus le rôle majeur qu'elle avait avant la nationalisation. L'usine d'Argenteuil est acquise conjointement avec Dassault en 1950, suite aux difficultés de la Snecma[12].

  • En 1958 la société achète à Gaston Fouga la société Air Fouga, qui a lancé en 1952 le Fouga Magister et devient Potez Air-Fouga[13].
  • La dernière réalisation, le Potez 840, un avion civil court courrier à quatre turbopropulseurs (1955), ne trouve pas d'acheteur et la contraint à la fermeture.
  • Les derniers actifs sont rachetés par Sud-Aviation en 1967.

En 1971, Dassault rachète la partie de Potez de l'usine d’Argenteuil[14].

Il demeure toutefois l'ancienne usine Fouga à Aire-sur-l'Adour dans le département des Landes, spécialisée dans la fabrication de pièces primaires et l'assemblage de sous-ensembles pour le civil (80 %) et le militaire (20 %), non acquit par Sud-Aviation[15]. L'entreprise prend alors le nom de Potez Aéronautique. Depuis 1981, Roland Potez, petit-fils du fondateur, en est le président.

La société dispose actuellement, outre son site historique d'Aire-sur-l'Adour, d'un bureau d'étude à Blagnac et depuis 2016 d'un site à proximité de l’aéroport de Séville.

Avions[16]Modifier

Certains aspects des volumes de production et de la numérotation des avions Potez sont méconnus, à la suite de la disparition du registre de sortie d'usine et d'une partie des archives des bureaux d'étude[17]. Les caractéristiques d'un même avion peuvent varier entre prototype et machine de série, selon les essais effectués par le constructeur (avion préparé et poussé sans ménagement) ou les services d'État (équipement de bord complet et essais selon des conditions de service courant)[18].

MoteursModifier

Notes et référencesModifier

  1. Jacques Gambu 1961, p. 19
  2. Jacques Gambu 1961, p. 22
  3. D'octobre 1919 au 26 juin 1930, il est pilote d'essai chez Nieuport, pilote de ligne à la Compagnie franco-roumaine de navigation aérienne puis pilote d'essai chez Potez
  4. « L'IMFL se dote en 1934 d’une soufflerie basse vitesse de 2 m de diamètre et en 1938 d’une soufflerie verticale de 2 m de diamètre, au profit d’industriels de l’aéronautique, notamment de la société Henry Potez à Méaulte. » - Source : COMAERO, Comité pour l'histoire de l'aéronautique, Un demi-siècle d'aéronautique en France ; études et recherches : Ouvrage coordonné par Jean-Marc Weber, Paris, Ouvrage édité par le Centre des hautes études de l’armement ; Division Histoire de l’armement, (lire en ligne), p. 52-53
  5. Potez 1933
  6. « Ici et là », Les Ailes,‎ (lire en ligne)
  7. Emile Severac, « Concentration, décentralisation », La Liberté,‎ (lire en ligne)
  8. Louis Hirschauer, « L'Aviation de tourisme : son développement de 1930 à 1935, comment assurer son avenir », https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9808686t/f37.image.r,‎ , p. 985 (lire en ligne)
  9. Louis Hirschauer, « L'Aviation de tourisme : son développement de 1930 à 1935, comment assurer son avenir », https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9808686t/f49.item.r,‎ , p. 997-998 (lire en ligne)
  10. a et b « Nouvelles de l'aviation », L'Intransigeant,‎ (lire en ligne)
  11. « La Ligne Nice-Bastia est supprimée », Les Ailes,‎ (lire en ligne)
  12. Naissance d’un géant - 1949, la remise à plat bénéfique
  13. « Aux origines du Fouga Magister - Vol en avion de chasse sur Fouga Magister », sur Vol en avion de chasse sur Fouga Magister, (consulté le 12 août 2020).
  14. « Histoire de l'établissement Dassault Aviation d'Argenteuil », sur Dassault Aviation, acteur majeur de l'aéronautique (consulté le 18 avril 2021)
  15. « AIRE SUR-L'ADOUR : l'usine Potez ne serait pas reprise par Sud-Aviation. », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 18 avril 2021)
  16. Coroller et Ledet 2008, p. 5
  17. Coroller et Ledet 2008, p. 6
  18. Coroller et Ledet 2008, p. 62

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Emmanuel Chadeau, De Blériot à Dassault : L'Industrie aéronautique en France, 1900-1950, Fayard, , 552 p. (ISBN 978-2213020600)
  • Jean-Louis Coroller et groupe HISTOIRE de l'AEROSCOPE, « Louis Coroller, L'âme des avions Potez », Le petit journal de l'Aéroscope Nantais,‎ (lire en ligne[archive du ])
  • Jean-Louis Coroller et Michel Ledet (ill. Serge Jamois), Les avions POTEZ, Lela Presse, coll. « Histoire de l'Aviation » (no 20), , 462 p. (ISBN 978-2-914017-49-7 et 2-914017-49-9)
  • Stéphane Demilly et Sylvain Champonnois, Henry Potez : une aventure industrielle, Toulouse, Privat, , 424 p. (ISBN 978-2-7089-9267-2).
  • Jacques Gambu, « Du SEA-I au P-840. Cinquante ans de vie du pionnier Henry Potez », Aviation : Magazine de l'espace,‎ (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier