Gouvernement Adolphe Thiers (2)

Gouvernement Adolphe Thiers II

Monarchie de Juillet

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Président du Conseil Adolphe Thiers
Formation
Fin
Durée 7 mois et 28 jours
Composition initiale

Le deuxième ministère Thiers, quatorzième ministère de la monarchie de Juillet, est constitué le . Il comprend 9 ministres sous la présidence d'Adolphe Thiers. Il reste en place jusqu'au .

ConstitutionModifier

La composition précise de la majorité qui a renversé le deuxième ministère Soult ne peut être connue puisque le vote a eu lieu au scrutin secret. Guizot ayant été nommé ambassadeur à Londres, c'est Thiers qui s'impose au parlement. C'est donc tout naturellement que Louis-Philippe Ier va faire appel à lui, malgré sa répugnance.

Thiers feint d'abord de vouloir laisser la présidence au maréchal Soult ou au duc de Broglie, mais l'un et l'autre refusent, et quand le roi suggère le nom de Molé, c'est Thiers qui refuse et accepte alors de « se dévouer ».

Il est à ce moment en froid avec les principales figures du centre gauche, reprochant à Dufaure et à Passy leur participation au deuxième ministère Soult, et à Sauzet de l'avoir battu à la présidence de la Chambre des députés. Il constitue donc son équipe en s'entourant d'hommes de second plan, ce qui lui convient au demeurant parfaitement, car il pourra ainsi gouverner en maître et, pense-t-il, déployer son talent dans toute son étendue.

Thiers se réserve les Affaires étrangères et fait entrer Charles de Rémusat à l'Intérieur, Alexandre-François Vivien à la Justice, le général Despans-Cubières à la Guerre, Joseph Pelet de la Lozère aux Finances, l'amiral Roussin à la Marine, Victor Cousin à l'Instruction publique, Alexandre Goüin à l'Agriculture et au Commerce et Hippolyte François Jaubert, beau-frère de Duvergier de Hauranne, aux Travaux publics. Dans cette équipe, seuls Pelet de la Lozère et Despans-Cubières ont déjà été ministres, et encore brièvement. La moyenne d'âge du ministère est de 47 ans, ce qui fait dire à Thiers qu'il a composé un cabinet de « jeunes gens ».

Louis-Philippe prend la situation comme une humiliation : « Je signerai demain mon humiliation », écrit-il le au comte Duchâtel[1]. Et à propos du choix du ministre des Finances, il dit : « Cela ne fera pas de difficulté ; que M. Thiers me présente, s'il veut, un huissier du ministère. Je suis résigné. »

Le ministère est bien accueilli par la Chambre qui, lors du débat sur les fonds secrets engagé le 24 mars[2], lui accorde 246 boules blanches contre 160 boules noires.

CompositionModifier

Nominations du

Présidence du ConseilModifier

Fonction Image Nom
Président du Conseil des ministres   Adolphe Thiers

MinistèresModifier

Fonction Image Nom
Ministre des Affaires étrangères   Adolphe Thiers
Ministre de l’Intérieur   Charles, comte de Rémusat
Ministre de la Justice et des Cultes   Alexandre-François Vivien
Ministre de la Guerre   Amédée Despans-Cubières
Ministre des Finances   Joseph, comte Pelet de la Lozère
Ministre de la Marine et des Colonies   Albin Roussin
Ministre de l'Instruction publique   Victor Cousin
Ministre des Travaux publics   Hippolyte François Jaubert
Ministre du Commerce et de l'Agriculture   Alexandre Goüin

Sous-secrétariats d’ÉtatModifier

Fonction Image Nom
Sous-secrétaire d’État à l’Intérieur   Léon de Mallevile
(nomination du )
Sous-secrétaire d'État à l'Agriculture et au Commerce   Adolphe Billault
(nomination du )

FinModifier

Le , Rémusat présente au Conseil des ministres le projet de discours du Trône préparé par Hippolyte Passy que Louis-Philippe doit lire à l'ouverture de la session parlementaire. Le roi le repousse, jugeant certaines formules trop belliqueuses et révolutionnaires. Le cabinet présente aussitôt sa démission, que Louis-Philippe accepte. Le lendemain, il fait venir à Paris Soult et Guizot.

RéférencesModifier

SourcesModifier

  • Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994 - (ISBN 2-213-59222-5)
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil depuis 1815. Histoire et dictionnaire raisonné, Paris, Perrin, 2002 - (ISBN 2-262-01354-3)

NotesModifier

  1. cité par Guy Antonetti, Op. cit. , p. 811
  2. Sous la monarchie de Juillet, le débat sur les fonds secrets tient lieu de vote de confiance puisque ces fonds sont dépensés sans contrôle par le gouvernement.