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Georgi Mikhailov Dimitrov

personnalité politique bulgare
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dimitrov.

Georgi Dimitrov
Illustration.
Georgi Mikhailov Dimitrov en 1930.
Fonctions
Président du Conseil des ministres de la République populaire de Bulgarie
Prédécesseur Kimon Georgiev
Successeur Vassil Kolarov
Secrétaire général du comité central du
Parti communiste bulgare
Successeur Valko Tchervenkov
Secrétaire général du comité exécutif de l'Internationale communiste
Biographie
Nom de naissance Georgi Mikhailov Dimitrov
Date de naissance
Lieu de naissance Kovatchevtsi, Principauté de Bulgarie
Date de décès (à 67 ans)
Lieu de décès Barvikha, Russie, URSS
Nationalité Bulgare
Soviétique
Parti politique Parti communiste bulgare
Distinctions Ordre de Lénine

Georgi Mikhailov Dimitrov
Chefs du gouvernement bulgare
Georgi Dimitrov avec Joseph Staline en 1936.

Georgi Mikhailov Dimitrov (Георги Димитров), né le dans le village de Kovatchevtsi près de Pernik (région minière non loin de Sofia) et mort le au sanatorium de Barvikha près de Moscou, est un dirigeant communiste bulgare.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Fils d'un artisan et d'une femme au foyer[1], Georgi Dimitrov quitte l'école à l'âge de 12 ans pour devenir apprenti typographe[2].

En 1900, il adhère au Syndicat des imprimeurs de Sofia, et en 1902 au Parti ouvrier social-démocrate de Bulgarie (POSDB). L'année suivante ce parti se scinde en deux fractions : une « large » et une « étroite ». Dimitrov opte pour cette dernière, de tendance marxiste radicale. En 1909, Dimitrov est élu au Comité central[2]. Devenu responsable d'un des plus grands syndicats de Bulgarie et remarqué par la police pour sa participation active aux mouvements de grève, il est arrêté à plusieurs reprises pendant les guerres balkaniques de 1912-1913 sous l'inculpation de « pacifisme »[3].

En 1913, il est élu député et le reste jusqu'en 1923. Il refuse de voter les crédits de guerre[3]. En 1914, il s'oppose à la guerre ce qui lui vaut quelques mois de prison. En 1919, le POSDB « étroit » devient membre du l'Internationale communiste et prend le nom de Parti communiste bulgare (PCB)[4]. En 1921, au 3e Congrès du Komintern, Dimitrov rencontre Lénine à Moscou. En 1922, il est élu au Comité central de l'Internationale syndicale rouge (Profintern)[3].

Entre-deux-guerresModifier

Révolutionnaire dans l'âme dès l'adolescence, Georgi Dimitrov est, avec Vassil Kolarov[4], à la tête de l'insurrection communiste de 1923 contre Alexandre Tsankov, responsable du coup d’État militaire du 9 juin 1923. Après l'échec de l'insurrection, le PCB est interdit et décimé par la répression. Dimitrov, condamné à mort par contumace[4], quitte la Bulgarie pour l'Union soviétique d'où il continue la lutte pour la cause communiste.

En 1928, Dimitrov est désigné membre du Bureau ouest-européen du Komintern (WEB) à Berlin[5]. Le 9 mars 1933, il est arrêté en Allemagne alors qu'il voyageait clandestinement, sous le prétexte de complicité dans l'incendie du Reichstag. Il se défend des accusations et réplique en accusant ses accusateurs : ce procès lui vaut une renommée mondiale, Allemagne comprise. « Il ne reste qu'un homme en Allemagne, disait-on alors, et cet homme est un Bulgare »[6]. Libéré après une année d'incarcération, il regagne l'URSS, qui lui confère la citoyenneté soviétique. Dimitrov est Secrétaire général du Komintern de 1934 à sa dissolution en 1943.

Au sein du Komintern, Dimitrov met en place la politique de Front populaire qui prône une alliance des communistes, des socialistes et des démocrates esquissée dès 1934[7]. En 1935, il est aussi responsable de l'étude des questions du Parti communiste chinois[8]. Et, avec Palmiro Togliatti et Wilhelm Pieck, il est aussi chargé de la direction de la fraction communiste du Profintern[9].

Seconde Guerre mondialeModifier

Le 17 juillet 1942, il lance, à la radio soviétique, un appel pour la constitution d’un « Front de la patrie » regroupant tous les opposants à la collaboration de la Bulgarie avec l’Axe. Ce Front regroupe des communistes, des agrariens et des nationalistes anti-allemands, comme Kimon Georgiev.

Politique en BulgarieModifier

Le , Dimitrov retourne clandestinement après 22 années d'exil[10] sur le territoire du royaume de Bulgarie occupé par l'Armée rouge et prend la direction du Parti communiste bulgare. Il est élu à l'Assemblée populaire, puis succède à Kimon Georgiev comme Premier ministre en 1946. La République populaire de Bulgarie est formée, conformément à Yalta et Potsdam qui met fin au régime monarchique collaborationniste existant. Il devient secrétaire général du Parti communiste bulgare le .

Dimitrov utilise les pratiques staliniennes : épuration des nazis à la Libération, élimination des opposants par tous les moyens (« procès », déportations, exécutions) et surveillance étroite d'une population rendue craintive[réf. nécessaire].

Il meurt en 1949 au sanatorium de Barvikha, près de Moscou, alors qu'il y suivait un traitement médical.

PostéritéModifier

Après sa mort, il est embaumé et un mausolée est édifié pour lui au cœur de Sofia sur le modèle de celui de Lénine à Moscou.

Après la chute du communisme en Bulgarie, son corps est enterré en 1990 dans le cimetière central de Sofia, puis le mausolée est détruit en 1999. Le mausolée était un des rares bâtiments en son genre dans le monde, et certains, comme la directrice adjointe de la galerie nationale Bissera Yossifova, regrettent sa disparition : « Il aurait pu être transformé en musée de l'art socialiste »[11].

On peut lire chez Liliana Déyanova : « Le souvenir de Gueorgui Dimitrov est, d'une manière générale, le souvenir du Neuf septembre 1944 - "l'insurrection populaire" pour les uns, "un coup d'État assisté par l'Armée rouge" pour les autres - tracent la ligne de démarcation qui divise les Bulgares en deux grands groupes qui se comportent presque comme deux ethnies ennemies : bourreaux et victimes, vrais Bulgares et traîtres, communistes et fascistes, patriotes et agents de l'étranger, nous et eux, rouges et bleus (c'est la couleur de l'opposition anticommuniste)... »[12].

Dimitrov a tenu un journal entre 1933 et 1949. Bien qu'expurgé de certaines parties, il est publié à Sofia en 1997 puis en France en 2006[13]. Il constitue une source précieuse pour l'histoire de l'Internationale communiste[1].

HommageModifier

Un chant communiste grec, « Μαύρα κοράκια » (Mavra Korakia), lui est en partie consacré, décrivant son procès et « son chemin vers la potence ».

Dans la fictionModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Mikhail Narinski, Serge Wolikow, « Notice DIMITROV Géorgi », sur Le Maitron
  2. a et b Mona Foscolo, 2001. Georges Dimitrov et la prise de pouvoir communiste en Bulgarie, page 207.
  3. a b et c Tatiana Zazerskaïa, 2001. Georges Dimitrov et la France, page 193.
  4. a b et c Mona Foscolo, 2001. Georges Dimitrov et la prise de pouvoir communiste en Bulgarie, page 208.
  5. Mona Foscolo, 2001. Georges Dimitov et la prise de pouvoir communiste en Bulgarie, page 208. Peter Huber, 1995. L'appareil du Komitern 1926-1935, premier aperçu, page 11.
  6. Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, page 306 de l'édition Folio, page 338 de l'édition Folio Histoire.
  7. René Gallisot, 1978. Communisme, nationalismes dans le monde arabe, page 34.
  8. Peter Huber, 1995. L'appareil du Komintern 1926-1935, premier aperçu, page 20. Michel Dreyfus, 1988. Le PCF et la lutte pour la paix, du front populaire à la seconde guerre mondiale, page 98.
  9. Peter Huber, 1995. L'appareil du Komintern 1926-1935, premier aperçu, page 21.
  10. Tatiana Zazerskaïa, 2001. Georges Dimitrov et la France, page 203.
  11. 20minutes.fr - monuments-geants-communisme-casse-tete-autorites-bulgares
  12. Liliana Déyanova, 2007. Le journal de Gueorgui Dimitrov et la mémoire post-communiste, in La Bulgarie et l'Europe. Incertitudes et espoirs, page 181.
  13. Jean-Jacques Marie, « Dimitrov : journal d'une soumission », L'Histoire n°305, février 2006, p. 26-27.

Liens externesModifier