Kurt Maetzig

cinéaste allemand
Kurt Maetzig
Description de cette image, également commentée ci-après
Kurt Maetzig (à gauche) lors d'une projection de son film Ernst Thälmann - Führer seiner Klasse en 1955
Naissance
Berlin-Charlottenburg, Allemagne
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemand
Décès (à 101 ans)
Bollewick, Allemagne
Profession Réalisateur
Films notables Mariage dans l'ombre
Les Quadrilles multicolores
Le Conseil des dieux

Kurt Maetzig (né à Berlin-Charlottenburg le et mort à 101 ans le à Bollewick[1]) est un réalisateur allemand.

Il marque de manière significative le cinéma en RDA, en particulier dans ses aspects de propagande. Il participe aussi à la fondation et à la direction de la DEFA.

BiographieModifier

Il est le fils de Robert Maetzig et son épouse Marie Lyon. Il acquiert dans l'entreprise de son père, le laboratoire d'impression FEKA, des connaissances approfondies sur la fabrication du film. Après son abitur, en 1930, il étudie à l'université technique de Munich la chimie, l'ingénierie, l'économie et les sciences de l'entreprise ainsi qu'à la Sorbonne, la sociologie, la psychologie et le droit. En 1935, il commence à faire des dessins publicitaires et obtient un doctorat à Munich.

En 1937, en raison des origines juives de sa mère, il lui est interdit de travailler dans le cinéma. Kurt Maetzig travaille à Berlin dans un petit laboratoire photochimique et donne des conférences sur la technique cinématographique. En 1944, il rejoint le KPD, parti alors interdit.

Après la guerre, il revient au cinéma immédiatement et participe à son renouveau dans la zone d'occupation soviétique en Allemagne dans laquelle se trouvent les studios de Babelsberg, à Potsdam. En 1946, il est cofondateur de la DEFA et à l'initiative du journal d'actualités. Il réalise à la fin des années 1940 et au début des années 1950 plusieurs films marquants, comme Mariage dans l'ombre et Le Conseil des dieux (Der Rat der Götter). En , son film Les Quadrilles multicolores est le premier film est-allemand sélectionné au Festival de Cannes.

Il tourne ensuite une fresque biographique en deux parties sur Ernst Thälmann, le leader communiste de l'entre-deux-guerres mort en déportation à Buchenwald, et reçoit le Prix national de la République démocratique allemande. Il est élu membre de l'Académie des arts de Berlin en 1950[2], est professeur à la Hochschule für Film und Fernsehen de Babelsberg (future école "Konrad Wolf"). Il devient par ailleurs le premier président de la fédération des ciné-clubs d'Allemagne de l'Est et préside à la fin des années 1970 la Fédération internationale des ciné-clubs.

Dans la première moitié des années 1960, un ton et une esthétique plus libres sont adoptés par des réalisateurs de la DEFA. Mais en , les plus dogmatiques du SED imposent, lors du plénum du parti, une censure sévère sur une grande partie de la production. Le film de Kurt Maetzig C'est moi le lapin (Das Kaninchen bin ich) devient une œuvre emblématique de cette coupe franche (Kahlschlag), donnant même son nom à ces "films-lapins" que les Est-Allemands ne découvriront que des années plus tard. Malgré cela, il demeure fidèle au système. Il reçoit l'étoile de l'amitié des peuples en 1981 et l'ordre du mérite patriotique en 1986. Et préside la Fédération internationale des ciné-clubs à la fin des années 1970 (François Truffaut lui succède en 1979). Il est membre du jury de la Berlinale 1983.

Kurt Maetzig s'est marié quatre fois, dont avec l'actrice Yvonne Merin, et a trois enfants. Ses écrits sont déposés à l'Académie des arts de Berlin[3]. Il est enterré au cimetière de Dorotheenstadt, Andreas Dresen fit son éloge funèbre.

FilmographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. (de) Defa-Mitgründer Kurt Maetzig mit 101 Jahren gestorben dépêche AFP, 8 août 2012
  2. (de) Kurt Maetzig - Von 1950 bis 1993 Ordentliches Mitglied der Akademie der Künste, Berlin (Ost), Sektion Darstellende Kunst. Seit 1993 Mitglied der Akademie der Künste, Berlin, Sektion Film- und Medienkunst sur le site de l'Académie des arts
  3. Kurt-Maetzig-Archiv Bestandsübersicht auf den Webseiten der Akademie der Künste in Berlin.
  4. « Toujours prêt », sur encyclocine.com (consulté le )
  5. « Dictionnaire du cinéma », sur larousse.fr (consulté le )
  6. « Notes culturelles », Révolution africaine, no 698,‎  :

    « De nombreux films, tous intéressants ont pour thème principal la lutte des hommes contre l'asservissement parmi lesquels: «La confiance» (URSS), «Le drapeau de Krivoi Rog» (RDA), «Le sobrier rouge» (Pologne)... »

  7. « Dictionnaire du cinéma », sur larousse.fr (consulté le )

Liens externesModifier