François Mairesse

muséologue belge

François Mairesse, né en 1968 à Bruxelles, professeur ordinaire à l'université de Paris 3 - Sorbonne nouvelle, est un muséologue d’origine belge. Auteur de plusieurs ouvrages et articles consacrés au musée et à la muséologie. Il dirige le musée royal de Mariemont (Belgique) de 2002 à 2010. Depuis 2013, il est président du Comité international pour la muséologie de l'ICOM.

François Mairesse
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Biographie
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BiographieModifier

Après des études à l’université libre de Bruxelles (ULB - Solvay Brussels school of Economics and Management) avec notamment Victor Ginsburgh, François Mairesse obtient le grade d’ingénieur de gestion. Il suit ensuite une formation d’histoire de l’art et soutiendra dans cette discipline une thèse de doctorat (1998, Le vouloir et le valoir. Pour une réflexion globale sur le projet muséal[1]). Il complète sa formation en muséologie à l’École internationale d’été de muséologie de Brno, ISSOM (République tchèque) en 1995, sous la direction de Z. Z. Stránský. Ce cursus universitaire aboutira à l’habilitation à diriger des recherches (HDR), qu’il soutiendra devant l’université Lyon III Jean Moulin en 2008.

Après son cursus universitaire, il est attaché au cabinet du ministre président des communautés francophones de Wallonie-Bruxelles, Hervé Hasquin, puis il prend la direction du musée royal de Mariemont[2] (2002-2010) avant d’être nommé professeur d’économie de la culture à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 (2010)[3], dont il dirige le département de médiation culturelle depuis 2012[4]. Il crée le Master 2 professionnel Muséologie et nouveaux média en 2014.

En 1999, il dispense le cours de muséologie du DESS-Master 2 « Muséologie et nouveaux médias » à l’université Jean Moulin Lyon 3 et enseigne également la muséologie à l’université de Liège[5]. En 2010, il succède à Michel Colardelle à la chaire de muséologie de l’École du Louvre[6]. Depuis 2009, il a été élu membre de la Classe technologie et société de l’Académie royale de Belgique, et en devient membre associé en 2011[7].

Musée et muséologieModifier

C'est principalement comme muséologiste que se définit François Mairesse, que la question du musée fascine depuis l'enfance[8]. C'est dans cette perspective qu'il prépare sa thèse de doctorat, et intègre le Conseil international des musées (ICOM), et plus précisément les membres du comité pour la muséologie de l'ICOM (ICOFOM). C'est dans cette perspective qu'il publie à partir de 1996 de nombreux articles dans les Icofom Study Series, la revue de l'ICOFOM[9]. À partir de 2000, il est associé aux travaux de définition des concepts clés de la muséologie, dirigés par André Desvallées. C'est dans cette perspective qu'il édite, avec ce dernier, Vers une redéfinition du musée (Paris, l'Harmattan, 2007)[10], les concepts clés de la muséolologie (Paris, Armand Colin/Icom, 2010) et le Dictionnaire encyclopédique de muséolologie (Paris, Armand Colin, 2011)[11].

Grands thèmesModifier

La problématique initiale, qui sert de fil conducteur à l’ensemble, est le concept de projet muséal et de son évaluation. Mairesse part de références plus anciennes, et notamment des travaux des muséologues américains Brown Goode et Dana[12]. La nature particulière de chacun des projets mis en œuvre par les différents musées permettra l’établissement d’une typologie, car le projet muséal est loin d’être univoque et figé.

Deux axes complémentaires structurent cette pensée : (1) d’abord la contradiction entre deux types de projets, la vocation de temple du musée, qui s’appuie sur l’injonction très ancienne de sauvegarde des collections, et celle de théâtre, qui s’enracine notamment dans l’œuvre du médecin anversois Samuel Quiccheberg, et se concrétisera tout particulièrement au XXe siècle avec la fondation spectaculaire de Beaubourg, d’où le titre énigmatique du premier livre Le Musée, temple spectaculaire (2002) ; et, d’autre part (2), la délicate articulation de cette institution sur la vie économique et politique, condition de sa survie, qui sera exposée quelques années plus tard dans Le Musée hybride (2010).

Culte et spectacleModifier

C’est en quête d’une détermination du projet muséal que s’ébauche cette histoire du musée depuis les origines antiques qui ont défini sa première mission, consacrée principalement à la réunion et à la sauvegarde des richesses de la culture et de la nature[13]. D’abord concentré sur les collections, le musée s’est ainsi érigé en temple, devenant ainsi à la fois instrument et objet de culte[14]. Mais l’autre versant de l’institution est de montrer, même de tout montrer, aspect théâtral qui s’est révélé progressivement, de façon plus tardive, à partir de la Renaissance et qui constituera probablement l’aspect le plus significatif des musées de l’époque contemporaine[15]. Ainsi compris, le projet muséal se retrouvera dans des figures que l’on n’aurait pas pu imaginer initialement comme, par exemple au XXe siècle, la radio et la télévision, ces mémoires collectives elles aussi destinées à conserver et à montrer[16],[17]. Mais pour F. Mairesse, la dimension spectaculaire[18] du musée n’apparaît pleinement qu’au XXe siècle entraînant avec elle une véritable révolution : « Le spectaculaire muséal opère la fusion entre ces trois éléments : rôle de l’État, rapport de survie entre masses et institutions, rôle de la technique[19]. »

Cette révolution lui semble autrement plus radicale, quoique moins explicite, que celles de la Nouvelle muséologie ou celle de la muséologie scientifique, car elle répond à une mutation sociale. Or le spectaculaire propre à notre époque, celui de Beaubourg ou du Guggenheim de Bilbao ou même celui du grand Louvre avec sa célèbre pyramide, en même temps qu’il est visuel est aussi technique et répond à un souci de rationalisation, car il faut générer suffisamment de recettes pour fonctionner[20], ce qui soulève le problème d’une possible autosuffisance, il est également événementiel et se traduit par une inflation des expositions temporaires destinées à satisfaire le goût du public pour le renouvellement, il est enfin ludique et rejoint par là les parcs d’attractions comme Disneyland[21]. Avec cette dimension spectaculaire, le problème du financement du musée et de la culture en général passe désormais au premier plan.

Machine hybrideModifier

Ce premier axe, fruit d’une histoire complexe et mouvementée, est donc indissociable de l’autre aspect auquel il renvoie inexorablement, à savoir la question de l’insertion de l’institution dans le tissu économique et politique, condition irréductible de sa survie. Ce problème, abordé dès 2005 avec Le Droit d’entrer au musée[22], sera repris en 2007 à partir l’exemple concret du musée royal de Mariemont, présenté comme « capitale du don »[23],[24], avant d’être mis en contexte et discuté de façon méthodique en 2010 dans Le Musée hybride.

Le choix crucial qui s’impose au musée est celui de sa source de financement, car l’alternative n’est pas tenable entre l’option du « tout État », générateur - selon l'analyse donnée dans Le musée hybride - d’une fâcheuse dépendance de la culture vis-à-vis du pouvoir, et celle du « tout marché », qui fait courir le risque d’une dénaturation de la culture transformée en marchandise. De telles tensions apparaissent notamment lorsque le musée est amené à réfléchir sur ses politiques tarifaires[22], ou lorsqu'il est sommé de se prononcer sur la possible vente de son patrimoine (l'aliénation des collections)[25].

François Mairesse rejette dos-à-dos ces deux solutions antithétiques et suggère une troisième voie, celle du don, dans le sillage du célèbre Essai sur le don (1923) de Marcel Mauss[26], insistant sur le fait que le don n’est pas d’abord un acte moralement vertueux né d’un élan de générosité, mais un mode d’échange conventionnel et symbolique (donner, recevoir, rendre) fondé sur d’autres règles que celles du marché.

Aucun de ces trois modes de financement ne pouvant se suffire à lui-même, Mairesse évoque, dans le Musée hybride, des combinaisons susceptibles de répondre à la complexité polymorphe de cette institution originale. D’où le recours au modèle mécanique de la « machine hybride », ce moteur qui, pour lutter contre l’entropie, ne se contente pas de faire appel à une source d’énergie extérieure comme le pétrole, mais produit lui-même une autre énergie, par exemple l’électricité, qui viendra dans certains cas se substituer à la première afin d’optimiser le rendement de l’ensemble[27].

Avec Jean-Michel Tobelem[28], François Mairesse est l’un des premiers muséologues francophones à s’être penchés sur le problème de la gestion économique et financière des musées.

BibliographieModifier

  • Mairesse F., Le musée, temple spectaculaire, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2002, 215 p.]
  • Mairesse F., Missions et évaluation des musées - Une enquête à Bruxelles et en Wallonie, Paris, L’Harmattan, 2004, 239 p.
  • Mairesse F., Recchia L., Hanot M. et Bruwier M.-C. (dir.), RTBF 50 ans - L’extraordinaire jardin de la mémoire, Morlanwelz, Musée royal de Mariemont, 2004, 178 et 211p.
  • Mairesse F.,Fabrice Rochelandet., Economie des arts et de la culture, Paris, Armand Colin, 2005, 272 p.
  • Mairesse F., Le droit d’entrer au musée, Bruxelles, Labor, 2005, 94 p.
  • Mairesse F., Desvallées A. (dir.), Vers une redéfinition du musée, Paris, L’Harmattan, 2007, 227 p.
  • Mairesse F., Mariemont capitale du don, Morlanwelz, Musée royal de Mariemont, 2007, 128 p.
  • Deloche B., Mairesse F., Pourquoi (ne pas) aller au musée ? Lyon, Aléas, 2008, 271 p.
  • Deloche B., Mairesse F., Nash S., Le musée non linéaire, traduction française du séminaire animé par M. McLuhan, H. Parker et J. Barzun, Lyon, Aléas, 2008.
  • Vandevivere I., Conversation avec François Mairesse et Bernard Van den Driessche, Gerpinnes, Tandem, 2008, 78 p.
  • Mairesse F. (dir.), L’inaliénabilité des collections de musée en question, Morlanwelz, Musée royal de Mariemont, 2009, 163 p.
  • (en) Davis A., Desvallées A., Mairesse F. (dir.), What is a Museum ?, Munich, Verlag D. C. Müller-Straten, 2010, 218 p.
  • Desvallées A., Mairesse F. (dir.), Concepts clés de muséologie, Paris, Armand Colin et ICOM, 87 p. Disponible sur le site Internet de l’ICOM (www.icom.museum)
  • Mairesse F., Le Musée hybride, Paris, La Documentation française, 2010, 208 p.
  • Desvallées A., Mairesse F. (dir.), Dictionnaire encyclopédique de muséologie, Paris, Armand Colin, 2011, 722 p.
  • Chaumier S., Mairesse F., La médiation culturelle, Paris, Armand Colin, 2013, 275 p.
  • Mairesse F., Le culte des musées, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2014, 130 p.
  • Mairesse F., Rochelandet F., Économie des arts et de la culture, Paris, Armand Colin, 2015, 272 p.
  • La belle histoire aux origines de la nouvelle muséologie

Notes et référencesModifier

  1. Le curriculum complet de François Mairesse est disponible sur le site de l'Académie royale de Belgique: http://www.academieroyale.be/cgi?lg=fr&pag=690&tab=24&rec=5714&frm=290&par=secorig593
  2. Wijnants J.-M., "François Mairesse à Mariemont...", Le Soir, 23 février 2002, disponible sur Internet: http://archives.lesoir.be/breves-culture_t-20020223-Z0LJAN.html; Leblud H. (Re)populariser le Musée royal de Mariemont, L’écho, 12 juillet 2002, p. 11 ; Turine R.P. François Mairesse, muséologue et gestionnaire, La libre Belgique, 10 mai 2002, p. 27 ; Henry H. « Muséholic, lui ?. François Mairesse », From Solvay to Business, février 2006, p. 28-31.
  3. Duplat G. « Départ du directeur, François Mairesse », La Libre, 11 août 2010, p. 40 ; Duplat G., « La marchandisation de la culture, un grand danger ? », in La Libre, 30 août 2010, disponible sur http://www.lalibre.be/culture/politique/la-marchandisation-de-la-culture-un-grand-danger-51b8c358e4b0de6db9bd357a
  4. Voir le site du Département de Médiation culturelle: http://www.univ-paris3.fr/departement-mediation-culturelle-18945.kjsp?RH=1179926084097
  5. Voir le Curriculum vitæ de François Mairesse sur le site de l'Académie royale de Belgique, op. cit.
  6. Voir le programme des cours sur le site de l'École du Louvre: http://www.ecoledulouvre.fr/sites/default/files/pdf/ssdossier2/prog_elevecycle2.pdf
  7. Voir la page consacrée à François Mairesse sur site de l'Académie royale de Belgique: http://www.academieroyale.be/cgi?lg=fr&pag=690&tab=24&rec=5714&frm=290&par=secorig593
  8. Alexander R. « François Mairesse entre gestion et muséologie ou l’essence du muséal », La lettre d’information de l’Académie royale de Belgique, 23 avril 2014, disponible sur Internet, http://www.academieroyale.be/cgi?lg=fr&pag=774&tab=87&rec=1756&frm=0
  9. Il s'agit notamment de « Les musées d'artistes », ICOFOM Study Series, 26, 1996, p. 85-95 ; p. 216-225 pour la traduction en espagnol (Los Museos de Artistas); MAIRESSE François, RAGNI Fabrizio, 1997, « Préservation ou Mémoire ? », ICOFOM Study Series, 27, p. 72-76 ; MAIRESSE François, 1999, « La relation spécifique », ICOFOM Study Series, 31, p. 60-68, etc. Les Icofom Study Series sont disponibles sur le site de l'ICOFOM.
  10. Voir Drouguet N., « « François Mairesse et André Desvallees, Vers une redéfinition du musée ? », CeROArt [En ligne], 1 | 2007, mis en ligne le 01 octobre 2007, URL : http://ceroart.revues.org/531; Mayrand P. « Vers une définition : compte rendu de lecture », Blog Scribd, mars 2009, http://fr.scribd.com/doc/13267767/vers-une-definition-Compte-rendu-de-lecture
  11. Voir Ruby C., « Une science et une culture des musées », blog nonfiction.fr, 6 juillet 2011, http://clio-cr.clionautes.org/l-inalienabilite-des-collections-de-musee-en-question.html#.U_SRY2OGSXo; Duclert V., « Le premier dictionnaire encyclopédique de muséologie », La recherche, blog des livres, 19 mai 2011, http://larecherche.typepad.fr/le_blog_des_livres/2011/05/le-premier-dictionnaire-encyclop%C3%A9dique-de-mus%C3%A9ologie.html; Mariani A., « La muséologie est un livre, entretien avec François Mairesse », Muséologies, 6, 1, 2012, p. 137-149 ; Poli M.S. « Dictionnaire encyclopédique de muséologie », Culture et Musées, 19, 2012, p. 237-239.
  12. (en) A memorial of George Brown Goode, together with a selection of his papers on museums and the history of science in America, in SMITHSONIAN INSTITUTION, Annual Report of the Board of Regents for the year ending 1897, Washington, Government Printing Office, vol. 2, 1901; DANA J.C., The New Museum Series, Woodstock, Elm Tree press, 1917-1920.
  13. Pour une histoire générale, voir Mairesse F., « Musée », in Desvallées A., Mairesse F. (dir.), Dictionnaire encyclopédique de muséologie, Paris, Armand Colin, 2011, p. 271-320.
  14. Cf. Le culte des musées, 2014.
  15. Falguières P., Les chambres des merveilles, Paris, Bayard, 2003.
  16. [PDF] Le Musée, temple spectaculaire a fait l'objet de plusieurs analyses, et notamment: Poulot D., « L’âge de la muséologie », L’Observatoire des politiques culturelles, 24, été 2003, p. 71 ; Marin Torres M-T., “Le Musée. Temple Spectaculaire de François Mairesse”, Museo.es, v. 1, 2005, p. 240-242, disponible sur Internet : http://www.mcu.es/museos/docs/MC/MES/Rev1/s8_1Recesiones.pdf; Clerc L., Le musée, temple spectaculaire de François Mairesse, in L’art de muser (Blog), 12 février 2012, disponible sur http://lartdemuser.blogspot.fr/2012/02/critique-de-musee-temple-spectaculaire.html
  17. Cf. RTBF 50 ans - L’extraordinaire jardin de la mémoire, 2004.
  18. Au sens donné par Guy Debord à ce terme, voir Debord G., La société du spectacle, Paris, Gerard Lebovici, 1967.
  19. Le musée temple spectaculaire, p. 134.
  20. Bayart D., Benghozi P.-J., Le tournant commercial des musées en France et à l’étranger, Paris, Ministère de la culture et La documentation française, 1993.
  21. Michaud Y., L’artiste et les commissaires, Paris, Jacqueline Chambon, 1989.
  22. a et b Mairesse François, 2005, Le droit d’entrer au musée, Bruxelles, Labor, 93 p.
  23. Le Musée hybride a fait l'objet de plusieurs analyses, et notamment: Tobelem J.M. « François Mairesse et le Musée hybride, in blog, Option culture, 22 mars 2010, http://www.option-culture.com/?p=1559; Chaumier S., « Le musée hybride », in Blog Muséographie-Muséologie, 2 mai 2010, http://www.formation-museographie-museologie.com/2010/05/le-musee-hybride.html; VENEZIANO, Le musée hybride, critiques libres.com, blog, 8 août 2012, disponible sur http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/32369; Oybin M., « El futuro del museo, ¿en Latinoamérica? », Ideas, Revista de Cultura, 7 mai 2013, http://www.revistaenie.clarin.com/ideas/Francois-Mairesse-futuro-museo-Latinoamerica_0_913108693.html; Griener P., « Louée soit l’universalité ! Musées au XXIe siècle », Critiques, 2014, 6-7, 805-806,
  24. Voir la critique de Vouet J. « L’ art du don », Le Soir, 30 août 2007, p. 35.
  25. Barascud M. « L’inaliénabilité des collections de musées en question », in blog. La cliothèque, 11 juillet 2010, http://clio-cr.clionautes.org/l-inalienabilite-des-collections-de-musee-en-question.html#.U_SRY2OGSXo
  26. MAUSS M., « Essai sur le don » (1923), in Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1950, p. 143-279.
  27. Mairesse François, 2010, Le Musée hybride, op. cit., introduction.
  28. Tobelem J.-M., Le Nouvel Âge des musées, Paris, Armand Colin, 2005.

Liens externesModifier