Armée nationale libyenne

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Armée nationale libyenne
الجيش الوطني الليبي (ar)
ANL
Image illustrative de l’article Armée nationale libyenne

Idéologie Diverses (dont : Madkhalisme[1])
Statut Actif
Fondation
Date de formation 2014
Pays d'origine Drapeau de la Libye Libye
Fondé par Khalifa Haftar
Organisation
Membres 25 000[2][1]
Allégeance Chambre des représentants
Composée de Forces terrestres
Force aérienne
Sanctuaire Cyrénaïque
Soutenu par Émirats arabes unis, Égypte, Russie, Syrie, Arabie saoudite
Deuxième guerre civile libyenne

L’auto-proclamée[3] Armée nationale libyenne (en arabe : الجيش الوطني الليبي (Al-jaysh al-watani al-llibi)) est une association de groupes disparates d'anciens militaires kadhafistes, de miliciens tribaux et de combattants salafistes[4] organisée autour d'un noyau dur d'armée régulière, non reconnue internationalement et associée à la Chambre des représentants[2] et dont le commandant en chef est le maréchal Khalifa Haftar. Ses effectifs sont évalués en 2018 à 25 000 hommes[2].

L'ANL est une force militaire de premier plan de la deuxième guerre civile libyenne qui a débuté en 2014.

En politique, l'ANL a remplacé en 2016 neuf conseils municipaux élus en 2014 (en) par des personnes non-élues, pour la plupart des militaires[5][6][7]. Le , la 106e brigade de l'Armée est responsable de l'enlèvement de Seham Sergiwa (en), députée libyenne élue en 2014 à Benghazi[8][9], selon The Independent et CNN, tandis que l'Armée nie son implication[8] ; le destin de la députée est toujours inconnu le selon la MANUL[10].

HistoireModifier

Le , Mahmoud al-Werfalli, l'un des commandants des forces pro-Haftar, recherché par la CPI pour crime de guerre, déclare qu'il se rend aux forces du maréchal[11]. Le , après une visite de ses représentants en Libye en mars 2018, la CPI insiste sur l'obligation légale des autorités libyennes à arrêter Werfalli et le transférer à la CPI.[12] Al-Werfalli est le commandant « Axes » de la Brigade Saïqa[13].

Interventions en politiqueModifier

Fin 2016, le major général Abdulrazek al-Nadoori de l'Armée nationale libyenne a remplacé des maires élus lors des élections municipales libyennes de 2014 (en) par des personnes non-élues, pour la plupart des militaires[6][7]. En tout, l'Armée a remplacé neuf conseils élus parmi les 27 dans sa zone de contrôle par des administrateurs militaires[5].

Selon The Independent et CNN, entre 25 et 30 membres de la 106e brigade (Aoulia aldem (en arabe : أوليء الدم?)) de l'Armée nationale libyenne sont responsable de l'enlèvement chez elle, le , de Seham Sergiwa (en), députée de la Chambre des représentants libyenne élue en 2014 à Benghazi[8][9]. L'Armée nationale libyenne nie son implication[8]. La Mission d'appui des Nations unies en Libye (MANUL) constate la responsabilité juridique des autorités de facto à Benghazi par rapport à la disparition de Sergiwa et insiste à ce que son destin soit éclairci. Selon la MANUL, la situation de Sergiwa est toujours inconnue le [10].

CompositionModifier

En 2017, le maréchal Haftar affirme disposer de 75 000 hommes sous ses ordres[14] mais ce chiffre selon les experts serait plus proche de 25 000 hommes, répartis entre 7 000 réguliers et 18 000 miliciens[15][1].

Les unités connues, indifféremment appelées bataillon ou brigade pour traduire le terme de katiba en arabe[16], sont :

  • Bataillon Tariq ibn Ziyad[17] (Tariq ibn Ziad), connu pour ses exactions[4]
  • Brigade Khalid ibn al-Walid ou brigade 104, composée de Toubous, qui opère dans le secteur de Sebha et commandée par Youssouf Hissene Salah, constituée en grande partie de madkhalistes (salafistes)[18]. Au mois de septembre 2018, elle participe à plusieurs opérations contre des groupes rebelles tchadiens dans le Fezzan[19].
  • 10e brigade[20]
  • 73e brigade[4]
  • 106e brigade d'infanterie[17], commandée par le fils d'Haftar, Khaled, et considérée comme la meilleure armée et la plus loyale à Haftar parmi toutes les forces dont il dispose[21]
  • 107e brigade d'infanterie
  • 116e brigade[20]
  • 128e bataillon[17] (commandé par le général Buhliqa)
  • 166e brigade d'infanterie
  • 177e brigade[20]
  • 181e brigade[20]
  • 241e brigade d'infanterie, un groupe sous l'autorité du colonel Mohamed bin Nile et constitué essentiellement de combattants de la tribu Magarha. Au début de mars et en avril 2015, la brigade participe à la tentative vaine d'évincer la Troisième Force de la base aérienne Brak al-Shati[22].
  • 21e bataillon[17] (commandé par le général Buhliqa)
  • Brigade des Martyrs d'Oumm al-Aranib, composée de Toubous
  • Brigade Sobol al-Salam, une milice arabe zuwayya basée à Koufra[19]

Le maréchal Haftar emploie également 12 000 membres auxiliaires de milices en mai 2018[2] et 18 000 membres en mai 2019[15][1], dont des madkhalistes (salafistes) de Sabratha, Sorman, Tiji, Badr, Zintan et Rujban[1] et des membres de groupes armés soudanais, tchadiens[2] et russes[23].

De façon générale, le maréchal Haftar a plutôt eu recours aux groupes rebelles darfouris, tandis que Misrata et les diverses factions dans l'Ouest se tournaient plutôt vers les rebelles tchadiens[19]. L'ANL a ainsi eu recours aux services de :

Leur déploiement a commencé en mars 2015 dans les zones d'Oubari, al-Waw et al-Wigh. En mars 2016, elles ont joué un rôle clé pour s'emparer et protéger les installations pétrolières[2].

Elle s'est engagée aux côtés de l'ANL avec 1 500 combattants au milieu de l'année 2016[2].

L'ANL a aussi eu recours :

Enfin, l'ANL agrège des milices de Zintan (2 500 hommes), plusieurs qui sont madkhalistes[1], et, dans une certaine mesure, la 6e brigade de Sebha, une force tribale des Oulad Souleymane[2].

En septembre 2017, quatre zones militaires ont été créées couvrant toute la zone centrale et une grande partie de la zone occidentale de la côte[2] ː la zone militaire du golfe de Syrte (quartier général ː Ajdabiya), la zone militaire de Misrata (quartier général ː Khoms), la zone militaire de Tripoli (quartier général ː souq al-Khamis), la zone militaire de Zaouïa (quartier général ː Sabratha). Dans les faits, l'ANL ne contrôlait alors que la zone du golfe de Syrte[2].

OrganisationModifier

En 2018, le commandant de la zone militaire de Koufra était al-Mabrouk al-Ghazoui[25].

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f (en) Wolfram Lacher, « Who is fighting whom in Tripoli? How the 2019 civil war is transforming Libya's military landscape » [« Qui lutte contre qui à Tripoli ? Comment la guerre civile de 2019 est en train de transformer le paysage militaire libyen »] [archive du ] [PDF], sur Security Assessment in North Africa Briefing Paper, (consulté le 11 novembre 2019)
  2. a b c d e f g h i j et k Arnaud Delalande, « Forces on the Libyan ground: Who is Who », Institut pour les études de politique internationale,‎ (lire en ligne, consulté le 19 janvier 2019).
  3. Célian Macé, « En plein chaos libyen, les salafistes gagnent du terrain », Libération, (consulté le 1er novembre 2019)
  4. a b et c Célian Macé et Hala Kodmani, « Libye: le maréchal Haftar fait trembler Tripoli », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « Project Document – Libya – Local Elections » [« Document de projet – la Libye – Élections locales »] [archive du ], sur Programme des Nations unies pour le développement, (consulté le 1er mai 2019)
  6. a et b Frank Talbot et David Denehy, « Is it time for municipal elections in Libya? » [« Est-ce le bon moment pour des élections municipales en Libye ? »] [archive du ], sur Institut pour les études de politique internationale, (consulté le 21 avril 2019)
  7. a et b « Serraj condemns eastern suppression of elected mayors » [« Serraj condamne le remplacement des maires élus »] [archive du ], Libya Herald, (consulté le 20 avril 2019)
  8. a b c et d (en) Kim Sengupta, « Libyan MP and rights campaigner dragged away by masked gunmen after criticising warlord: 'Don't cross the line of the army' » [« Députée libyenne et militante des droits humains enlevée par des hommes armés et cagoulés après avoir critiqué un seigneur de guerre : « Ne poussez pas l'armée » »] [archive du ], The Independent, (consulté le 14 novembre 2019)
  9. a et b (en) Tim Lister et Nada Bashir, « She's one of the most prominent female politicians in her country. A few days ago she was abducted from her house » [« Elle est l'une des femmes politiques les plus connues dans son pays. Il y a quelques jours elle a été enlevé de chez elle »] [archive du ], CNN, (consulté le 22 juillet 2019)
  10. a et b (en) « Three months after the kidnapping of MP Sergewa, UNSMIL calls for her immediate releases and all victims of enforced disappearance in Libya » [« Trois mois après l'enlèvement de la députée Sergewa, la MANUL demande sa libération immédiate ainsi que celle de toutes les victimes de disparitions en Libye »] [archive du ], sur MANUL, (consulté le 8 novembre 2019)
  11. « Libye : un officier recherché par la CPI se rend », sur BBC Afrique (consulté le 8 février 2018)
  12. The Office of the Prosecutor, « Fifteenth report of the prosecutor of the International Criminal Court to the United Nations Security Council pursuant to UNSCR 1970 (2011) » [« Quinzième rapport du procurateur de la Cour pénale internationale au Conseil de sécurité des nations unies dans le cadre de la RCSONU 1970 (2011) »] [archive du ], Cour pénale internationale, (consulté le 9 avril 2019)
  13. « ICC-01/11-01/17: The Prosecutor v. Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli Warrant of Arrest » [« ICC-01/11-01/17: Le procurateur v. Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli mandat d'arrêt »] [archive du ], Cour pénale internationale, (consulté le 16 août 2017)
  14. Thierry Portes, « Libye : la victoire parisienne du général Haftar », Le Figaro, (consulté le 1er novembre 2019)
  15. a et b AFP, « En Libye, impasse militaire et luttes d'influence étrangères », L'Express,
  16. « Informations sur différentes milices présentes à Benghazi », Note Ofpra,‎ (lire en ligne)
  17. a b c et d (en) « Libya: Haftar Forces Take Control of Sabha Citadel », Asharq Al-Awsat,‎ (lire en ligne)
  18. Matteo Puxton, « En Libye, l'Etat islamique profite de l'offensive du maréchal Haftar sur Tripoli », France Soir,‎ (lire en ligne)
  19. a b et c (en) Jamal Adel, « Southern Libyans crack down on crimewave by Chadian militias », Libya Herald,‎ (lire en ligne)
  20. a b c et d (en) Sami Zaptia, « Hafter launches Murzuq Basin military campaign in south », Libya Herald,‎ (lire en ligne)
  21. (en) Wolfram Lacher, « WHO IS FIGHTING WHOM IN TRIPOLI? : How the 2019 Civil War is Transforming Libya’s Military Landscape », SANA Briefing Paper,‎ (lire en ligne)
  22. (en) « The Third Force: A Misratan Militia in Southern Libya », Libya Security Monitor,‎ (lire en ligne, consulté le 21 janvier 2019).
  23. a et b Guma el-Gamaty, « Militias and mercenaries: Haftar's army in Libya » [archive du ], Middle East Eye, (consulté le 9 novembre 2019)
  24. « 1,000 Sudanese militiamen arrive in Libya » [archive du ], Radio Dabanga, (consulté le 26 juillet 2019)
  25. (en) Andrew McGregor, « Salafists, Mercenaries and Body Snatchers: The War for Libya’s South » [« Salafistes, mercenaires et des ravisseurs : la guerre pour le sud de la Libye »], Terrorism Monitor, vol. 16, no 7,‎ (lire en ligne, consulté le 18 janvier 2019).