Ouvrir le menu principal

Conversation secrète

film sorti en 1974
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir The Conversation (homonymie).
Conversation secrète
Titre original The Conversation
Réalisation Francis Ford Coppola
Scénario Francis Ford Coppola
Acteurs principaux
Sociétés de production The Directors Company
The Coppola Company
American Zoetrope
Paramount Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre espionnage
Durée 109 minutes
Sortie 1974

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Conversation secrète (titre original : The Conversation) est un film américain écrit et réalisé par Francis Ford Coppola, sorti en 1974. Ce thriller d'espionnage a reçu la Palme d'or lors du Festival de Cannes 1974.

SynopsisModifier

Harry Caul, catholique introverti et secret, est un grand spécialiste de la filature. Il est engagé dans une mission pour suivre un couple et enregistrer leurs conversations. Une fois sa mission accomplie, il découvre en écoutant son enregistrement que le couple est en danger de mort. Se souvenant d'une précédente mission au cours de laquelle une famille avait été tuée, il est pris dans un dilemme moral qu'il ne parviendra pas à surmonter.

Fiche techniqueModifier

  États-Unis : (sortie limitée)
  France :
  France : (ressortie)
  France : (ressortie)

DistributionModifier

Légende : 1er doublage ; 2e doublage

Non créditésModifier

ProductionModifier

Source : Making-of DVD[2]

Genèse du projetModifier

En 1966, Francis Ford Coppola, fasciné par les inventions dans le domaine de l'espionnage et en particulier la surveillance dans la foule à l'aide d'un micro longue distance, commence à écrire un scénario sur un homme écoutant les conversations dans le public, en plein San Francisco, jusqu'au moment où il surprend une discussion entre un couple et parlant d'un complot meurtrier. Le réalisateur se base essentiellement sur le film de Michelangelo Antonioni, Blow-Up (sorti en 1966), dans lequel un photographe capturait involontairement un meurtre sans s'en apercevoir. En 1972, fort du succès du Parrain qu'il considère comme une simple commande commerciale, il décide de mettre en chantier Conversation secrète.

Distribution des rôlesModifier

Gene Hackman, emballé par le scénario, est choisi pour jouer le rôle de Harry Caul. Après avoir déjà été dirigé par Francis Ford Coppola dans Le Parrain, John Cazale renouvelle sa collaboration avec le réalisateur en campant le personnage de Stan, collègue de Harry. Deux acteurs issus du film de George Lucas, American Graffiti (que Francis Ford Coppola a produit), font également partie du casting : Cindy Williams et Harrison Ford. On note enfin un caméo de Robert Duvall à la fin du film, dans le rôle du directeur ayant engagé Harry Caul et qui meurt assassiné à la fin de l'histoire.

Au départ, Harrison Ford avait été envisagé pour jouer le rôle de Mark (tenu finalement par Frederic Forrest) mais a décroché celui de Martin Stett. Gian-Carlo Coppola (fils aîné de Francis), à l'époque âgé de 9 ans, fait une apparition dans la scène de l'église.

TournageModifier

Le tournage a débuté le et s'est déroulé à San Francisco. Le chef opérateur Haskell Wexler fut remplacé par Bill Butler pour cause de divergences artistiques.

Une fois le tournage terminé, le réalisateur décide de commencer Le Parrain 2 et donne carte blanche à Walter Murch pour se charger du montage et du mixage.

Bande originaleModifier

Francis Ford Coppola confie la composition de la musique à David Shire, son beau-frère à l'époque. Le réalisateur exige du compositeur d'écrire une partition non pas pour un orchestre, comme Shire l'espérait, mais pour un seul instrument : le piano.

On peut par ailleurs entendre dans le film :

CommentairesModifier

Le film est souvent mis en rapport avec le délabrement de la vie politique américaine, de l'assassinat de Kennedy à Dallas en 1963 aux écoutes du Watergate en 1972. Or, Francis Ford Coppola affirme se souvenir davantage des faits présentés dans la presse que des faits réels. Par conséquent, il ne retient aucune implication politique mais simplement des faits techniques, comme si la vraie révolution de ces années-là était plus d'ordre esthétique[3].

Trou noir entre les deux Parrain, le film révèle par voisinage la vanité des membres assoiffés de la famille Corleone et que la mélancolie est l'affect profond de ce cinéma qui semble souvent désaffecté. Lorsqu'on regarde Harry Caul assis dans son canapé, il entame un énième air de Jazz au saxophone, seul, définitivement seul, comme ce sera le cas plus tard pour Michael Corleone à la fin du Parrain 2[3].

En fin de compte, le Coppola des années 1970 aura, en quatre films, brossé le portrait de quatre hommes rongés par la mélancolie[3].

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

NominationsModifier

Autour du filmModifier

  • Pour son personnage, Gene Hackman a dû apprendre à maîtriser divers appareils d'écoutes et même à jouer un peu de saxophone.
  • Dans le rêve qu'il fait, Harry Caul précise à Ann qu'il a été paralysé des bras et des jambes dans son enfance. Ce fut réellement le cas de Coppola qui a attrapé la polio à l'âge de 9 ans, ce qui l'a contraint à rester cloué au lit une année durant.
  • À la fin du film, Harry Caul détruit son appartement à la recherche d'un micro que, finalement, il ne trouve pas. Selon Coppola, ce micro serait en fait caché dans la sangle du saxophone.
  • Certains acteurs du film collaboreront une nouvelle fois avec le réalisateur : John Cazale reprend son rôle de Fredo Corleone dans Le Parrain 2, alors que Frederic Forrest, Robert Duvall et Harrison Ford apparaitront dans Apocalypse Now.
  • Le film influencera Brian De Palma qui réalisera plus tard le film Blow Out en 1981, avec John Travolta et Nancy Allen. Tout comme Conversation secrète, Blow Out est par ailleurs inspiré de Blow-Up (1966) de Michelangelo Antonioni.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Release info sur l’Internet Movie Database
  2. Making of Gros plan sur Conversation secrète, Éditions DVD et Blu-Ray.
  3. a b et c Les Cahiers du cinéma - Francis Ford Coppola, éditions Le Monde, 2007.

Voir aussiModifier