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Elsa Barraine
Description de cette image, également commentée ci-après
Elsa Barraine en 1940.

Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 89 ans)
Strasbourg, Drapeau de la France France
Activité principale Compositrice, enseignante
Lieux d'activité Conservatoire national supérieur de Paris
Formation Conservatoire national supérieur de Paris
Maîtres Jean Gallon, Georges Caussade, Paul Dukas
Récompenses Prix de Rome (1929)

Elsa Barraine est une compositrice française, née à Paris le et morte à Strasbourg le .

Sommaire

CarrièreModifier

Son père, Alfred Barraine, était violoncelliste soliste à l'orchestre de l'Opéra et membre de la Société des concerts du Conservatoire. Elle est l'élève de Jean Gallon (harmonie), de Georges Caussade (fugue) et de Paul Dukas (composition) au Conservatoire de Paris. En 1929, âgée seulement de dix-neuf ans, elle obtient le Premier Grand Prix de Rome avec sa cantate La Vierge guerrière, trilogie sacrée sur Jeanne d'Arc d'après un poème d'Armand Foucher[1].

En 1934, de retour de la Villa Médicis à Rome, elle devient pianiste pour les chœurs Félix Raugel, rattachés à la Radiodiffusion nationale. De 1936 à 1940, elle est chef de chant à l'Orchestre national de la Radiodiffusion française[2]. A partir de 1937, elle commence à s'impliquer dans la Fédération musicale populaire, formation soutenue par le Front populaire qui promeut l'éducation musicale populaire et le chant choral. En 1938, après les accords de Munich, elle adhère au Parti communiste français.

En 1941, elle fonde, avec Roger Désormière et Louis Durey, le Front national des musiciens. Rattaché au mouvement de résistance du PCF, ce groupement rassemble majoritairement des compositeurs ainsi que des musiciens, et s'engage contre la propagande nazie dans le domaine de la musique. Après avoir été relâchée une fois par la police, et avoir échappé à une arrestation de la Gestapo, elle entre en clandestinité sous le nom de Catherine Bonnat en 1944[3].

A la Libération, elle fait partie des comités d'épuration et de restructuration de la vie musicale française. Personnalité en vue au sein des intellectuels communistes, elle écrit pour L'Humanité et pour Ce soir. Elle travaille également pour les Éditions du Chant du Monde. En 1949, elle fonde avec Serge Nigg, Roger Désormière, Louis Durey et Charles Koechlin l'Association française des musiciens progressistes, laquelle s'inspire des idées du Manifeste de Prague en réaction au formalisme et à l'abstraction de « l'art bourgeois ». En décembre 1949, elle quitte le Parti communiste français[4].

Elle compose la musique de nombreux films et pièces de théâtre, collaborant notamment avec Jean Grémillon, Louis Daquin, Jacques Demy, Jean-Paul Le Chanois, Charles Dullin, Jean Mercure, Jean-Louis Barrault...

De 1952 à 1974, elle enseigne comme professeur au Conservatoire national supérieur de Paris, où elle devient titulaire d'une classe d'analyse en 1969. En 1972, elle est nommée inspectrice des théâtres lyriques nationaux à la Direction de la Musique du ministère de la Culture.

CompositionsModifier

  • Heracles à Delphes, cantate (1928)
  • La Vierge guerrière, cantate (1929)
  • 2 Préludes et fugues, orgue (1929)
  • Prélude, pour piano (1930)
  • Harald Harfagard, variations symphoniques d'après H. Heine (1930)
  • Symphonie no 1 (1931)
  • Quintette à vent (1931)
  • Il y a quelqu'un d'autre je pense, pour chant et piano (1931)
  • Pogromes, pour orchestre (1933)
  • Fantaisie concertante pour piano et orchestre (1933)
  • 3 Chansons hébraïques (1935)
  • Crépuscules, pour cor d'harmonie et piano (1936)
  • Élégie et ronde, pour flûte et piano (1936)
  • Hommage à Paul Dukas, pour piano (1936)
  • 4 Chants juifs (1937)
  • Symphonie no 2 (1938)
  • Avis, pour chœur et orchestre (1944)
  • Suite astrologique, pour petit orchestre (1945)
  • Song koï (Le Fleuve rouge), poème symphonique (1945)
  • Improvisation, pour saxophone (1947)
  • Le mur, ballet de R. de Jouvenal (1947)
  • Poésie ininterrompue (1948)
  • Variations pour percussion et piano (1950)
  • la Chanson du mal-aimé, ballet (1950)
  • Claudine à l’école, ballet de Colette (1950)
  • La Berceuse irlandaise (1950), pièce lue de Julien Blanc
  • la Nativité (1951)
  • Suite juive, pour violon et piano (1951)
  • Les cinq plaies (1952)
  • Hommage à Prokofiev, pour orchestre (1953)
  • Fanfare de Printemps, pour cornet et piano (1954)
  • Cantate du vendredi saint (1955)
  • 3 Ridicules, pour orchestre (1955)
  • le Livre des morts tibétain
  • Les paysans (1958)
  • Christine (1959)
  • Chien de paille, pour tuba (1966)
  • Musique rituelle pour orgue, tam-tam et xylophone (1968)

DistinctionsModifier

BibliographieModifier

  • Paul Landormy, La Musique française après Debussy, Ed. Gallimard, Paris, 1943

NotesModifier

  1. Bourin, Odile., Germain, Pierrette., Massip, Catherine. et Ourgandjian, Raffi., Elsa Barraine, 1910-1999 : une compositrice au XXe siècle, Delatour France, (ISBN 9782752101037 et 2752101031, OCLC 750383679, lire en ligne)
  2. Le Bail, Karine, (1970- ...)., La musique au pas : être musicien sous l'Occupation, CNRS éditions, dl 2016, ©2016 (ISBN 9782271069955 et 2271069955, OCLC 947054459, lire en ligne)
  3. Chimènes, Myriam., Alviset, Josette., Callu, Agnès, 19..- ... et Dompnier, Nathalie., La vie musicale sous Vichy, Complexe, (ISBN 2870278640 et 9782870278642, OCLC 407379367, lire en ligne)
  4. Thom, Mariette, Elsa Barraine, une compositrice engagée (1910-1999), mémoire de Master, Sorbonne Université, 2019, lire en ligne


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