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Renaud de Jouvenel
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Biographie
Naissance
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Nationalité
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Père
Fratrie

Renaud de Jouvenel (Paris, 21 octobre 1907 - Cannes 31 décembre 1982), est un écrivain, éditeur et polémiste français[1].

BiographieModifier

De son patronyme complet, de Jouvenel des Ursins, Renaud est le fils de l'homme politique et ministre Henry de Jouvenel (1876-1935) et de sa maîtresse Isabelle de Comminges. Il n'y eut pas de mariage possible, Isabelle ne pouvait divorcer de son mari malade mental, le comte Maurice Pillet-Will.

Dès lors, enfant naturel, Renaud n'a été reconnu par son père qu'en 1928, et en conçoit beaucoup d'amertume, d'autant plus qu'il se compare à son demi-frère, bien plus en vue, Bertrand de Jouvenel (1903-1987).

Il termine ses études de droit et s'inscrit au barreau de Paris. Le 2 août 1933 il épouse Arlette Louis-Dreyfus, la fille de Charles Louis-Dreyfus et de Germaine Sarah Hément. Cette dernière, devenue veuve, devient la troisième épouse de Henry de Jouvenel. Renaud et Arlette ont un fils, Foulques de Jouvenel des Ursins. Après leur divorce en 1942, Arlette épouse, en 1946, Jean Shapira, journaliste à Libération. De son côté, Renaud épouse, la même année, Gilberte Rodrigue.

Avant la guerre il publie un périodique de gauche, Le Cahier Bleu.

En 1936 l'Association juridique internationale l'envoie avec l'avocat Joë Nordmann en Roumanie et en Grèce pour observer les conditions de détention des prisonniers. Ils constatent que la situation n'y est pas meilleure qu'en Allemagne nazie.

En 1939, il préside le Comité d’aide aux intellectuels espagnols. Il accueille dans son château de Castel Novel à Varetz près de Brive des intellectuels espagnols qui forment dès 1940 une organisation communiste qui visent à rassembler les Espagnols de la région et à tisser des liens avec la résistance française[2]

Proche du PCFModifier

Homme de lettres, il a été aussi, à partir de 1946, le directeur-propriétaire de la maison de disques Le Chant du Monde, devenue proche de l'Union soviétique et des communistes. En réalité, le bailleur de fonds et véritable propriétaire de la société était le Parti communiste français. Renaud de Jouvenel est durant plusieurs années un agent d'influence du PCF, soutenant et défendant les thèses communistes et les positions de l'URSS stalinienne. En 1950, après la rupture soviéto-yougoslave, il publie le pamphlet Tito, Maréchal des traîtres, qui accuse Tito d'avoir mis en place « un régime fasciste » en s'entourant d'« agents de la Gestapo »[3].

Il participe à toutes sortes de réunions en France et à l'étranger, organisées par le Parti. Ainsi, à Pâques 1954, il est présent à Knokke (Belgique) à une réunion confidentielle de pacifistes de gauche, comme Jean-Paul Sartre, Vercors, Elsa Triolet, ou Bertolt Brecht. La même année, il est cependant mis à l'écart.

Plus tard, ayant perdu ses illusions et pris ses distances, il écrit les Confidences d’un sous-marinier du parti communiste français paru en 1980.

Deux ans plus tard, son corps est retrouvé à Cannes, il était mort depuis plusieurs semaines. Les circonstances de cette mort n'ont jamais été élucidées.

ŒuvreModifier

  • H. C. Engelbrecht et F. C. Hanighen. Marchands de mort. Essai sur l'industrie internationale de mort. Essai sur l'industrie internationale des armes. Traduction de Renaud de Jouvenel, 1934)
  • La Roumanie et la Grèce sur les traces d’Hitler, article, 1936
  • Village X¿, Paris, Flammarion, 1936
  • Panorama de l'Amérique latine, 1936, Éditions sociales internationales.
  • Commune Mesure, Paris, Éditions sociales internationales, 1938
  • Les Volontaires no 8, 1939
  • Des intellectuels en péril dans l’Espagne du centre, dans Ce soir, 24 mars 1939
  • Vingt Années d'erreurs politiques, 1947
  • L'Internationale des traitres, Paris, La Bibliothèque française, 1948
  • Tito, maréchal des traîtres, Paris, La Bibliothèque française, 1950
  • Panorama Du Monde, 1949
  • Les Sauvages, roman, 1952
  • La guerre des mercenaires, 1952
  • L'Albanie: pays à découvrir, dans: Le Jardin des Arts, 1956
  • Notre-Dame de Laghet, capitale des ex-voto, dans: Le Jardin des Arts, 1959
  • Notes sur l'art, dans: La Pensée. Revue du rationalisme moderne, 1959
  • Envers et Contre Tous, Poèmes par Ogden Nash adaptés de l'américain par Renaud de Jouvenel, Illustrations De Jozef Wilkon, Paris, P. Seghers, 1963.
  • Tennessee Williams, Dans l'hiver des villes. Poèmes, présentés et traduits par Renaud de Jouvenel, Paris, P. Seghers, 1964.
  • Confidences d’un sous-marinier du parti communiste français, 1980.
  • Il n'y a pas d'oubli

Avec Colette, sa 'belle-mère' et avec Leopold Marchand, il écrivit: La Seconde, comédie dramatique en 4 actes, 1982

Recueil de poèmes : La nymphe évasive

LittératureModifier

  • Henry COSTON (dir.), Dictionnaire de la politique française, Tome I, Limoges, 1998, p. 576.
  • Andries VAN DEN ABEELE, Over Bertolt Brecht die al dan niet naar Brugge kwam en over een literaire bijeenkomst die er geen was, in: Brugs Ommeland, 1999, p. 49-59.
  • Colette et Renaud de Jouvenel, dans: Antagonismes, Cahiers Colette, 2000
  • Vincent CASANOVA, Jalons pour une histoire du Chant du Monde à l’heure de la guerre froide (1945-1953), 23 avril 2004 sur le site de l'Institut Pierre Renouvin
  • Andries VAN DEN ABEELE, Knokke en de Koude Oorlog, dans: Onder de Poldertorens, 2006
  • Jonathan PREDAZ, Le Mythe du complot fasciste chez les intellectuels communistes [1945-1950], 3 mars 2011 sur le site Fragments sur les Temps Présents.

Notes et référencesModifier

  1. « JOUVENEL Renaud de [DE JOUVENEL DES URSINS] - Maitron », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 27 décembre 2018)
  2. (es) julián Antonio Ramírez, Aquí París. Memorias de una voz de la libertad, Madrid, Alianza, , 463 p. (ISBN 84-206-2118-8), p. 220-221
  3. Ariane Chebel d'Appollonia, Histoire politique des intellectuels en France, t. II, 1944-1954, Complexe, 1999, p. 69

Lien interneModifier