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Dicéarque

philosophe antique


Dicéarque (en grec polytonique : Δικαίαρχος / Dikaíarchos ; en latin : Dicaearchus Messenius ; vers 347 av. J.-C. - vers 285 av. J.-C.), dit Dicéarque de Messine, est un philosophe, géographe grec, l'un des premiers disciples d'Aristote. Il rompit avec Aristoxène.

BiographieModifier

Fils d'un certain Pheidias, il serait né à Messine en Sicile[1] (selon la Souda, delta, 1062). Dicéarque a écrit des ouvrages de philosophie, d'histoire, de géographie et de mathématiques. Cicéron, Varron et Pline le Jeune le citent avec honneur.

Ses doctrines philosophiquesModifier

Il opposa à la philosophie spéculative et à la vie contemplative l'action comme idéal de mode de vie. Les deux élèves d’Aristote qu'étaient Théophraste et Dicéarque s’opposèrent sur la question de savoir s’il fallait opter pour une vie selon l’intellect ou pour une vie engagée dans la Cité. Dicéarque est adepte de la βίος πρακτικός, s’opposant à son condisciple Théophraste , adepte de la νοῦς χωριστός d'Aristote, position en faveur de la vie contemplative. Dicéarque a adressé certains de ses ouvrages, certaines de ses cartes et leurs explications à l’intention de Théophraste.

Sous le titre de Corinthiaques et de Lesbiaques, des dialogues de Dicéarque traitent de l’âme ; il soutient que la matière a par elle-même la faculté de sentir et que l’âme n’est qu’une force vitale naturelle au corps, et n'existe pas en soi[2].

Ainsi l'âme serait pour lui mortelle[3]. Cependant il admettait que les rèves puisse provenir d'une certaine manière de la Divinité [4], et donc reconnaissait une certaine forme de divination.

HistoireModifier

Selon Dicéarque, les Sept sages ne sont ni philosophes, ni sages, mais de bons législateurs et des hommes perspicaces[5].

Ses œuvres à caractère géographique et historiqueModifier

Dicéarque fut le premier à utiliser un axe de coordonnées parallèle à l'équateur nommé « diaphragme[6] », à partir d’un repère centré sur Rhodes[7].

Il composa aussi une Histoire de la république de Sparte[8].

Ancienne attribution des « poèmes géographiques »Modifier

On lui a longtemps attribué[9] (puis à Scymnos de Chio) les fragments d’un ouvrage sur la Grèce, que l’on trouve dans les Petits géographes grecs édités par Karl Müller[10] au XIXe siècle. Une nouvelle édition de ceux-ci, en 1990 par Didier Marcotte[11], confirme que ces poèmes géographiques (une périégèse - un guide de voyage - et une description de la Grèce) sont de deux auteurs différents, Héraclide le Crétique et Dionysios, fils de Calliphon[12].

Liste de ses ouvragesModifier

  • Dialogue sur l'âme
  • Lettre à Aristoxène
  • Vie des Grecs
  • Histoire de Sparte

Notes et référencesModifier

  1. Certains auteurs ont proposé Messène en Péloponèse. Mais déjà en 1855, Charles Athanase Walckenaer constatait que Johann Georg Hager (de) (Geographischer Büchersaal, zum Nutzen und Vergnügen eröffnet, 2, Chemnitz, 1774, p. 424 en ligne) n'avait pas convaincu à faire admettre l'hypothèse basée sur un passage de Cicéron, que « Suidas avait confondu Messine en Sicile avec Messène dans le Péloponèse ».
  2. Tusculanes de Cicéron : I, X
  3. Pseudo Galien Histoire de la Philosophie 24
  4. Pseudo Galien Histoire de la Philosophie 105
  5. Couloubaritsis 2010, p. 41
  6. Germaine Aujac, « Astronomie et géographie scientifique dans la Grèce ancienne », dans Bulletin de l'Association Guillaume Budé : Lettres d'humanité, 32, 1973, p. 447 (en ligne).
  7. Guy Bonnerot, Fernand Joly, Description cartographique de la Terre, Encyclopædia univervalis
  8. Ouvrage dans lequel il parle d’une loi qui prescrit la lecture publique et annuelle dans le palais des éphores pour l'instruction de la jeunesse
  9. Voir en premier lieu Les Géographes grecs. Tome I, Introduction générale. Pseudo-Scymnos, Circuit de la terre, éd. et trad. par Didier Marcotte, Paris, 2000, particulièrement p. XXVIII-XXX (CUF, 403) (ISBN 2-251-00487-4).
  10. GGM I, Paris, 1855, prolégomènes p. LI-LIII, LXXX et CXXXIX-CXLI, édition des textes p. 97-110 et 238-243.
  11. Le poème géographique de Dionysios, fils de Calliphon, édition, traduction et commentaire par Didier Marcotte, Louvain-Bruxelles, Peeters, 1990 (Mémoires de l'Académie Royale de Belgique, Classe des Lettres, Fonds Draguet) (ISBN 90-6831-239-1).
  12. Cf. Marie-Paule Loicq-Berger, « Marcotte (Didier). Le poème géographique de Dionysios, fils de Calliphon. Édition, trad, et comm. », dans Revue belge de philologie et d'histoire, 72-1, 1994, p. 147-148 (en ligne).

BibliographieModifier

Sources anciennesModifier

Voir aussi les références du Répertoire des sources philosophiques antiques du CNRS (en ligne) et du Müller-Jacoby Table of Concordance (en ligne).

Principales éditions de référenceModifier

  • David C. Mirhady, « Dicaearchus of Messana : The Sources, Text and Translation », dans Dicaearchus of Messana : Text, Translation, and Discussion, éd. par William Wall Fortenbaugh et Eckart Schütrumpf (en), 2001, p. 1-142 (Rutgers University studies in classical humanities, 10) (ISBN 978-0-7658-0093-0).
  • Fritz Wehrli (de), Die Schule des Aristoteles. Texte und Kommentar. I. Dikaiarchos, Bâle, 1944 ; 2e éd. 1967 (compte-rendu).

Autres étudesModifier