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Damien Ressiot

journaliste français

Damien Ressiot
Profession Journaliste
Spécialité Cyclisme
Médias
Pays Drapeau de la France France
Média Presse écrite, Télévision
Presse écrite L'Équipe

Damien Ressiot est directeur du département des contrôles de l'AFLD (Agence Française de Lutte contre le Dopage) depuis le 1er octobre 2015[1], après une année comme conseiller technique à l'OCLAESP. Il a été journaliste d'investigation du quotidien L'Équipe spécialisé dans les affaires de dopage pendant 25 ans. Il a été l'auteur de plusieurs "scoops" sur le milieu du cyclisme.

Il a donné son nom à "l’arrêt Ressiot et autres contre France"[2] du 28 juin 2012[3], par lequel la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré, à l’unanimité, qu’il y a eu violation par la France du principe de la protection des sources d'information des journalistes prévu par l’Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, du fait de perquisitions conduites dans les locaux du journal L'Équipe en 2004. Les 9 et 10 avril 2004, le quotidien avait publié une série d’articles sur l'équipe Cofidis.

NotoriétéModifier

Damien Ressiot s'est surtout fait connaitre pour ses révélations, effectuées quatre mois après ces perquisitions, sur Lance Armstrong dopé à l'EPO, dans L'Équipe du 23 août 2005. L'article s'appuie sur une analyse factuelle de preuves formelles, sur les pistes desquelles le journaliste a été discrètement orienté, plus tôt, grâce à la protection des sources, dont l'une est probablement un ex-dirigeant de l'Union cycliste internationale (UCI), même s'il dément l'existence d'une « gorge profonde » à l’UCI[4].

Méthodes dans l'affaire ArmstrongModifier

Pour parvenir aux conclusions de son enquête, Damien Ressiot recoupe deux sources d'information. Il compare les numéros d'échantillons urinaires positifs à l'EPO prélevés sur le Tour de France 1999, utilisés à des fins de recherche par le laboratoire national de Châtenay-Malabry, avec les échantillons d'urine de Lance Armstrong prélevés durant la même compétition. Six numéros concordent et permettent de conclure que Lance Armstrong a très probablement suivi un protocole de dopage à l'EPO sur le Tour de France 1999, sa première grande boucle victorieuse.

La deuxième série d'échantillons est obtenue par Damien Ressiot auprès de l'UCI, où il s'est rendu, avec l'autorisation de l'UCI et celle d'Armstrong. Mais le journaliste n'a jamais dit comment il avait été mis sur la piste de la première série d'analyses d'urine. Mario Zorzoli, le médecin de l'organisation, soupçonné d'être à l'origine de la fuite d'information, a été suspendu pendant un mois au début de 2006, puis réintégré[5]. En juillet 2004[6]. Soucieux de la crédibilité de la lutte anti-dopage, Mario Zorzoli avait annoncé en 2004 les premiers contrôles sanguins inopinés, réalisés après l'arrivée ou avant le départ d'étape, au nombre d'une trentaine, pour détecter les hémoglobines de synthèse, suivant une méthode mise au point par le Laboratoire national de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).

Pour sa défense, Lance Armstrong avance ensuite l'impossibilité de faire une contre-expertise sur les échantillons de 1999. L'UCI lui donne raison en estimant que ce serait ne pas respecter les protocoles antidopage. En 2008, l'Agence française de lutte contre le dopage, propose alors à Lance Armstrong d'analyser à nouveau les échantillons de 1999, ce qu'il refuse à nouveau, arguant que les échantillons n'ont pas été bien conservés[7].

Plus tard, en 2011, Damien Ressiot s'est procuré les listes secrètes établies par l'UCI pour prévenir le dopage chez les 198 coureurs au départ du Tour de France 2010. Les coureurs sont classés en fonction d'indices 0 à 10 selon les suspicions de dopage[8]. Ils se voient attribuer un "passeport biologique" permettant à l'Union cycliste internationale de cibler ses contrôles[9]. L’indice de suspicion est calculé arbitrairement en fonction des données sanguines contenues dans le passeport biologique des coureurs et permet d’orienter les contrôles antidopage vers des coureurs « potentiellement dopés »[8].

Jamais une telle liste, confidentielle, n’aurait dû sortir des bureaux de l'Union cycliste internationale, qui a un laboratoire à Aigle, près de Lausanne, reconnaît le quotidien L'Équipe, en la publiant, façon de souligner qu'il entend faire valoir avec attention le principe de protection des sources d'information des journalistes.

Notes et référencesModifier

  1. « Délibération officielle », sur afld.fr (consulté le 5 mars 2017)
  2. Texte intégral de l’arrêt Ressiot et autres contre France "itemid":["001-111670"}]
  3. Fiches pratiques CEDI de Strasbourg [1]
  4. "LE MYSTÈRE ARMSTRONG", par Gilles Goetghebuer, sur Dopage.be
  5. "Dope: A History of Performance Enhancement in Sports from the Nineteenth Century to Today: A History of Performance Enhancement in Sports from the Nineteenth Century to Today", page 158, par Daniel M. Rosen, 2008 [2]
  6. "Un nouvel arsenal contre le dopage" , dans Le Parisien du 04.07.2004
  7. "Armstrong : sept ans de suspicion ", par Nicolas Rouyer, sur Europe 1 le 14 juin 2012
  8. a et b "La liste qui va faire mal", sur Velochrono.fr du 13 mai 2011 [3]
  9. "L'Équipe Publishes Suspicious Rider Index A few points about reading in too much." par Joe Lindse dans Bycicling.com du 13 mai 2011 [4]