Courge cireuse

courge :

Benincasa hispida

La courge cireuse est une plante de la famille des Cucurbitacées, principalement cultivée en Asie orientale comme plante potagère. Son fruit comestible se conserve tout l'hiver d’où son nom local de courge d'hiver.

Le terme courge cireuse désigne la plante et le fruit.

DénominationModifier

Benincasa hispida (Thunb.) Cogn., ex . Benincasa cerifera. Gaetano Savi a donné le nom botanique de la plante [1] en souvenir de Giuseppe Benincasa directeur du jardin botanique de Pise de 1591 à 1595 [2]. Hispida signifie hérissé de poils, cerifera : cireuse; d'où le nom commun occidental.

Courge cireuse, melon d'hiver au Canada, courge à la cire, bidao, bénincasa, pastèque de Chine, gourde cireuse chinoise[3]. De : Wachskürbis ; en : winter melon, ash gourd, wax gourd ; es : calabaza blanca .

En Asie : courge d'hiver : Chinois 冬瓜 Tung-kua : kua d'hiver [4], japonais トウガン toogan, philippin tankoi [5],[6].

DescriptionModifier

C'est une plante herbacée annuelle rampante ou grimpante qui peut atteindre 6 m de long.

Les feuilles sont grandes, entières, à nervation palmée, formant cinq lobes arrondis peu marqués. Elles sont de couleur verte marbrée de blanc et veloutées.

Les fleurs à sexes séparés (plante monoïque), solitaires, grandes, sont jaunes.

Les fruits sont de forme sphérique, ovoïde, allongée ou cylindrique. Ils mesurent jusqu'à 80 cm de long et 25 cm de diamètre.

À maturité, ils sont recouverts d'une pilosité blanchâtre et d'une cire qui produit une efflorescence à reflets bleutés qui ont valu ses noms à la plante. Sous lumière solaire, ces micro poils ont une activité photocatalytique qui peut être utilisée pour la production de nanoparticules (2019)[7]. Les poils peuvent être urticants, on les supprime en frottant la courge avec un chiffon, ce qui rend la courge brillante, comme cirée [8]. La chair est blanche, ferme, sans saveur à maturité, de texture croquante.

Origine et distributionModifier

La plus ancienne trace de culture de courge cireuse est dans le site néolithique de Kana en Nouvelle Guinée [9],[10] [1]

Deux centres de domestication sont actuellement supposées : le sud du sud-est chinois (Yunnan) et le nord-est du Laos - zones de forte biodiversité des cultivars [11] - ainsi que le sud-est du Népal[12].

Introduite en Amérique par les Chinois, elle n'y connaît pas un grand succès.

CultureModifier

La courge cireuse exige un climat chaud, le climat méditerranéen chaud (Europe du Sud et Afrique du Nord) lui convient, elle a été cultivée en serre en Grande-Bretagne [2]. Les graines y sont forcées en mars et les plantules repiquées en avril.

Les conditions de cultures sont comparables aux courges et melons (sol riche, arrosage régulier, pH neutre) et le fruit doit être protégé du soleil direct.

Dans l'hémisphère nord la récolte se fait en fin septembre, début octobre en climat chaud, d'avril à décembre en climat subtropical. Le stockage en cave (10°) permet de conserver le fruit tout l'hiver.

 
courge cireuse d'Okinawa

CultivarsModifier

Les cultivars asiatiques les plus courants sont :

  • La courge cireuse ronde (Marutougan マルトウガン au Japon), la courge cireuse longue (Nagatougan ナガトウガン)
  • La courge cireuse d'Okinawa [3]
  • Le cultivar tardif très pruineux et rond Daimaru [4]

UtilisationModifier

La courge cireuse est utilisée en médecine traditionnelle et comme aliment.

Le fruit se récolte soit immature (dans la semaine qui suit la floraison) [11] soit à complète maturité. Immature et jeune il a une saveur délicieuse, plus forte et plus distinctive que celui de la courge[11]. A maturité, la pulpe et les graines se consomment crues ou cuites, les pousses, vrilles, et les feuilles peuvent également être consommées comme légumes [13].

NutritionModifier

  • Le fruit : la pulpe contient 96 % d'eau, elle est très peu calorique (13 calories pour 100 g), pauvre en hydrates de carbone (3 % en poids), et riche en fibres (0,5 % en poids), le principal minéral contenu est le Potassium: 111 mg pour 100 g.[5].

Cuisine et boissonsModifier

La pulpe se mange crue, se prépare en cornichon au vinaigre, ou cuite :

  • en cuisine salée elle se cuit sautée, étuvée ou braisée, à la vapeur, au bouillon ou dans les soupes. Elle prend facilement le gout du milieu de cuisson, ce qui en fait tout l'intérêt culinaire. Il existe des centaines de présentations à travers l'Asie : currys, soupes, fritures et tenpura. La soupe de courge cireuse est souvent faite avec du porc en Chine et au Vietnam, la courge sert également de contenant pour présenter la soupe.
  • en cuisine sucrée, confite, elle constitue une sorte de bonbon chinois du nouvel an et entre dans la composition de la farce des bakpia philippins et des gâteaux de lune.
 
Courge cireuse confite.

La texture ne se perd pas, la tenue à la cuisson est excellente.

Le winter melon tea, punch à la courge cireuse, est une boisson douce et fruitée populaire en Asie de l'est, servie fraîche ou chaude. Il s'agit d'une liqueur de courge cireuse (macération de 1,5 kg de courge cireuse, 250 g de sucre brun et 50 g de sucre candi pendant une heure, qu'on fait bouillir puis cuire 2 heures à feu doux) diluée avec 75 % d'eau fraîche.[6]

ThérapeutiqueModifier

En pharmacologie, une étude irakienne (2013) dresse une longue liste des utilisations traditionnelles [15], une publication indienne (2019) fait la synthèse des publications académiques.

En médecine traditionnelle la courge cireuse est reconnue comme anti-diarrhéique, anti-obésité, anti-ulcère, antioxydante (démontré chez le rat [16]) et diurétique. Selon la publication indienne des activités anti-ulcéreuse [17], diurétique, neuropsychopharmacologie[18], antioxydante, anthelminthique, anti-hyperlipidémiques et anti-obésité ont été mises en évidence dans le modèle animal.

En médecine ayurvédique, le fruit, source de triterpènes, phénols, stérols et glycosides est utilisé pour le traitement de l'épilepsie et des ulcères [19].

En médecine chinoise traditionnelle, le fruit et la graine sont utilisés dans le traitement de l'hypertension et de l'inflammation, les publications chinoises lui accordent des effets protecteurs contre les maladies cardio-vasculaires et les cancers [20].

Notes et référencesModifier

  1. Alire Raffeneau-Delile, Nouvelle Description du Benincasa cerifera de Savi, Plante de la famille des Cucurbitacées lu à l'Académie des Sciences le 11 novembre 1822, Didot, (lire en ligne)
  2. Tibor Klaniczay, Eva Kushner et Paul Chavy, L'époque de la Renaissance : 1400-1600, John Benjamins Publishing, (ISBN 90-272-3446-9, lire en ligne)
  3. « Promo-Cultures - Melon d'hiver », sur www.omafra.gov.on.ca (consulté le )
  4. (en) Frederick J. Simoons, Food in China : A Cultural and Historical Inquiry, CRC Press, , 600 p. (ISBN 978-0-8493-8804-0, lire en ligne)
  5. (en) Claudia Myers, Specialty and Minor Crops Handbook, UCANR Publications, , 184 p. (ISBN 978-1-879906-38-9, lire en ligne)
  6. (en) Anthony R. Torkelson, The Cross Name Index to Medicinal Plants, Four Volume Set, CRC Press, , 1200 p. (ISBN 978-0-8493-2635-6, lire en ligne)
  7. (en) Th. Babita Devi et M. Ahmaruzzaman, « Bio-inspired Facile and Green Synthesis of Au@Ag@AgCl Nanoparticles Using Benincasa Hispida Peel Extract and Their Photocatalytic Activity for the Removal of Toxic Dye Under Solar Irradiation », Advances in Waste Management, Springer Singapore,‎ , p. 525–534 (ISBN 9789811302152, DOI 10.1007/978-981-13-0215-2_38, lire en ligne, consulté le )
  8. Alire Raffeneau-Delile, Nouvelle Description du Benincasa cerifera de Savi, Plante de la famille des Cucurbitacées lu à l'Académie des Sciences le 11 novembre 1822, Didot, (lire en ligne)
  9. Peter J. Matthews, « Identification of "Benincasa Hispida" (Wax Gourd) from the Kana Archaeological Site, Western Highlands Province, Papua New Guinea », Archaeology in Oceania, vol. 38,‎ , p. 186–191 (lire en ligne, consulté le )
  10. (en) Tim Denham et al., « A New evidence and revised interpretations of early agriculture in Highland New Guinea », Southern Cross University,‎ (lire en ligne)
  11. a b et c (en) Marita Cantwell, Xunli Nie, Ru Jing Zong, and Mas Yamaguchi, Asian Vegetables : Selected Fruit and Leafy Types, , Arlington, VA., http://www.hort.purdue.edu/newcrop/proceedings1996/v3-488.html, (lire en ligne)
  12. (en) Kendrick L. MarrYong-Mei XiaNirmal K. Bhattarai, « Allozymic, morphological, phenological, linguistic, plant use, and nutritional data ofBenincasa Hispida », Economic Botany,‎ (lire en ligne)
  13. (en) « Winter melon », Wikipedia, the free encyclopedia,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. (en) Chang Chew Sew, Farooq Anwar, Azizah Abdul Hamid, Nazamid Saar, « Nutritional composition and fatty acids of Kundur seed. », Pak. J. Bot ., 42(5): 3247-3255,‎ (lire en ligne)
  15. (en) Ali Esmail Al -Snafi, « The Pharmacological Importance of Benincasa hispida - A review . », International Journal of Pharma Sciences and Research,‎ (lire en ligne)
  16. (en) Lim SJ., « Effects of Fractions of Benincasa hispida on Antioxidative Status in Streptozotocin Induced Diabetic Rats. », Korean J Nutrition .40 (4): 295-302. Coréen.,‎ 2007 juin; (lire en ligne)
  17. (en) « Gastroprotective effect of Benincasa hispida fruit extract », sur Indian journal of Pharmacology,
  18. Keyong-Ho Lee, Hye-Ran Choi et Chang-Han Kim, « Anti-angiogenic effect of the seed extract of Benincasa hispida Cogniaux », Journal of Ethnopharmacology, vol. 97,‎ , p. 509–513 (DOI 10.1016/j.jep.2004.12.008, lire en ligne, consulté le )
  19. Nurul Aqilah Mohd Zaini, Farooq Anwar, Azizah Abdul Hamid et Nazamid Saari, « Kundur [Benincasa hispida (Thunb.) Cogn.]: A potential source for valuable nutrients and functional foods », Food Research International, exotic Fruits: their Composition, Nutraceutical and Agroindustrial Potential, vol. 44,‎ , p. 2368–2376 (DOI 10.1016/j.foodres.2010.10.024, lire en ligne, consulté le )
  20. (en) Hui-Yu Huang, Ju-Jen Huang, Tim K. Tso, Ying-Chieh Tsai, Chen-Kang Chang, « Antioxidant and angiotension-converting enzyme inhibition capacities of various parts of Benincasa hispida », Nahrung/Food 48 No. 3, pp. 230–233,‎ (lire en ligne)

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