Corps du Tonkin

L'Armée du Tonkin est formée à Hanoï en 1884 avec comme premier commandant le général de Courcy. Elle a pour objectif de pacifier le delta du Fleuve Rouge mais aussi de conquérir la région en amont.

Organisation de tirailleursModifier

Philippe Marie André Roussel de Courcy et le quartier général sont situés à Hanoï. Le chef d'état-major se nomme Warnet ; le commandant d'artillerie, Édouard-Fernand Jamont ; le commandant du génie Joseph Henri Mensier. À l'intendance se trouve Baratier et au service de santé, Georges Dujardin-Beaumetz.

Première divisionModifier

La première division est sous les ordres du commandant Brière de l'Isle, du chef d'état-major à Hanoï Charles Kessler, du commandant l'artillerie Borgnis-Desbordes et du commandant du génie Dupommier.

La 1re brigade, menée par le général Jamais à Sơn Tây, est composée d'un régiment de marche de tirailleurs algériens et un régiment de marche de zouaves. La 2e brigade, avec à sa tête le général Munier, compte deux bataillons d'infanterie de marine, un régiment de tirailleurs tonkinois, deux escadrons de cavalerie divisionnaire, quatre batteries d'artillerie de forteresse (marine), une compagnie du génie, un détachement d'aérostiers et un escadron du train. Elle était présente à Hanoï, Hải Phòng et Bắc Ninh.

Seconde divisionModifier

La seconde division est sous les ordres du commandant de Négrier, du commandant Fourtoul (chef d'état-major à Hải Phòng), du lieutenant-colonel Gibouin (commandant l'artillerie) et du commandant du génie Sourel.

La 3e brigade, sous le commandement du général Giovanninelli à Phủ Lạng Giang, compte un régiment de marche de la Légion étrangère et deux bataillons d'infanterie légère d'Afrique.

La 4e brigade, sous les ordres du général Léon Prudhomme, à Đáp Cầu, est composée du quatrième régiment de marche (trois bataillons d'infanterie un d'infanterie de marine), d'un régiment de tirailleurs tonkinois, de deux escadrons de spahis, d'un détachement du génie, de quatre batteries d'artillerie de forteresse (marine) et d'un escadron du train. La division était à Bắc Ninh, Cao Bằng, Hải Dương, Quảng Yên et Thái Nguyên.

La réserve était formée de deux batteries d'artillerie et quatre de marine, ainsi que d'un bataillon de chasseurs à pied.

MissionsModifier

L'armée du Tonkin avait pour objectif de pacifier le delta et aussi de conquérir la Haute-région[évasif]. Sont créés dans ce but, en 1891, quatre territoires militaires qui regroupent le pouvoir civil et militaire :

Le premier, territoire militaire des Sept Pagodes, est commandé par le lieutenant-colonel Terrillon avec en son sein :

Le second, territoire militaire de Lạng Sơn, commandé par le colonel Servière, est subdivisé en trois cercles :

Le troisième, territoire militaire de Yên Bái, commandé par le lieutenant-colonel de Beylié, comprend :

Le quatrième, territoire militaire de Sơn La, est composé des cercles de Lai Châu et Von Bu.

Opérations lors de la guerre franco-chinoiseModifier

Le corps du Tonkin participe au siège de Tuyên Quang, à la bataille de Nui Bop et à la retraite de Lang Son.

Participation à la Première Guerre mondialeModifier

Nombre de travailleurs débarquent en France : 4 6311 arrivent en 1915, 26 098 en 1916, 11 719 en 1917, 5 086 en 1918 et 727 en 1919. 6 000 soldats européens sont en outre rapatriées en France. 43 430 hommes sont ainsi incorporés dans l'armée française, se répartissant comme suit :

  • 4 bataillons de combats et 15 bataillons d'étapes[1], soit 29 072 hommes ;
  • 9 019 hommes infirmiers coloniaux ;
  • 5 339 ouvriers d'administration coloniaux.

Lieux d'engagementModifier

Les bataillons de tirailleurs indochinois qui ont combattu sont le 7e et le 21e en métropole et les 1re et 2e à l'Armée française d'Orient.

Le 6e bataillon d'étapes participe à la bataille de Verdun, alors qu'il était affecté à des travaux à Beauzée-sur-Aire (creusement de parallèles de départ sur le champ de bataille). Il est incorporé au 8e régiment de tirailleurs tunisiens qui monte à l'attaque le sur Douaumont et sur Haudremont. Les pertes s'élèvent à 49 hommes, ainsi qu'au capitaine Charlet.

À la bataille du Chemin des Dames, participe le 7e bataillon de tirailleurs indochinois, alors incorporés à la 12e division. Il est engagé du 5 au et déplore 195 morts, dont le commandant Dez. Il est ensuite incorporé au 67e régiment d'infanterie. Il combat également dans les Vosges en , entre Saint-Dié et Gérardmer, ainsi que dans le secteur Arnould (Gérardmer), de juin à . Le général Pénet adresse alors au 7e bataillon indochinois (...) toute sa satisfaction pour les qualités militaires dont il a fait preuve.

Lors de l'Offensive du Printemps, le 21e bataillon de tirailleurs indochinois se bat devant Reims en tenant La Neuvillette et Pont-Saint-Thierry, du 17 au .

Un autre engagement a lieu à Monastir, d'août à , avec le 122e R.I, ainsi qu'au lac d'Ohrid avec le 175e R.I. 61 pertes sont comptabilisées pour le 1er bataillon de tirailleurs indochinois. Le 2e bataillon de tirailleurs indochinois participe à l'attaque sur Veliternë (Albanie), le , prenant le village dans lequel il demeure jusqu'en avril. 20 hommes décèdent. Au lac d'Ohrid, en , le 2e bataillon indochinois résiste à la contre-attaque ennemie au prix de 35 soldats morts.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Histoire militaire de l’Indochine française, dir général Puypéroux, Hanoï-Haiphong, imprimerie d'Extrême-Orient, 1931, Exposition coloniale internationale de Paris de 1931, tome I .
  • Auguste Bonifacy, L'emploi des partisans au Tonkin, L . Fournier, 1913 ;
  • Jean François Alphonse Lecomte, Corps expéditionnaire du Tonkin, Marche de Lang-Son à Tuyen-Quang (première birgade Giovanelli), Berger-Levrault, 1888,
  • Jean François Alphonse Lecomte, La vie militaire au Tonkin, Berger-Levrault, 1888,
  • Jean François Alphonse Lecomte, Lang-Son, combats, retraite et négociations, Lavauzelle, 1895 ;

Notes et référencesModifier

  1. Unité de deuxième ligne affectée aux travaux, tranchées, corvées de bois, entretien des routes, etc.