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Claude Martin (diplomate)

diplomate français
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Claude Martin
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Fonctions
Ambassadeur de France en Allemagne
-
Ambassadeur de France en Chine
-
Charles Malo (d)
François Plaisant (d)
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Claude Pierre Marcel MartinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Distinctions
Titre honorifique
Ambassadeur de France

Claude Martin, né le à Saint-Germain-en-Laye, est un diplomate français, élevé à la dignité d'ambassadeur de France le 2 octobre 2006. Il a notamment dirigé les ambassades de France en Chine et en Allemagne.

Sommaire

BiographieModifier

Claude Pierre Marcel Martin est né le à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise), où il effectue une partie de sa scolarité, notamment à l'école Saint-Érembert puis au lycée Marcel-Roby. Il entre ensuite à l'Institut d'études politiques de Paris (dont il est diplômé en 1964 dans la section service public) et à l'École nationale des langues orientales vivantes où il suit des cours de chinois, de russe et de birman[1]. Il est admis en 1964 à l'École nationale d'administration (Promotion « Turgot » sortie en 1968). Durant sa scolarité à l'ÉNA, interrompue par son détachement comme attaché culturel à l'ambassade de France à Pékin, au titre de son service militaire,il assiste au déclenchement de la Révolution culturelle[1].

Il choisit après cette expérience d'entrer au Quai d'Orsay, d'abord affecté au service en charge des questions européennes. De 1968 à 1969, il est chargé des négociations internationales sur le développement. Il est l’adjoint, puis le successeur de Lionel Jospin, et participe à diverses conférences à Genève, New-York, Bangkok, Manille, et Tokyo.

En décembre 1969, au lendemain du Sommet européen de La Haye, il entre au cabinet du ministre Maurice Schumann où il est chargé particulièrement de suivre les négociations avec la Grande-Bretagne, conclues par le Traité d’adhésion du 13 juillet 1972.

En avril 1973, il participe, sous la direction du nouveau ministre Michel Jobert, aux côtés de Thierry de Montbrial et Jean-Louis Gergorin, à la création du Centre d’analyse et de prévision (CAP), depuis 2013 Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (un temps direction de la prospective).

En septembre 1973, il est nommé conseiller technique au cabinet de Michel Jobert pour les questions européennes et asiatiques. Il exerce les mêmes fonctions auprès des ministres suivants, Jean Sauvagnargues (1974-1976), Louis de Guiringaud (1976-1977), et Jean François-Poncet (1978).

En avril 1975, il scelle le sort des personnalités réfugiées dans l'enceinte de l'ambassade de France à Phnom Penh en adressant au vice-consul Jean Dyrac un télégramme : « Le fait que le droit d’asile ne soit pas reconnu en droit international et le caractère particulier de votre mission ne nous permettent pas de donner satisfaction aux demandes du Prince Sirik Matak et de M. Um Bum Hor [sic]… Vous ferez savoir aux intéressés que nous ne sommes pas en mesure d’assurer la protection qu’ils attendent »[2].

En décembre 1978, il est nommé ministre-conseiller à l’Ambassade de France à Pékin, où il restera six ans. En qualité d’adjoint des ambassadeurs Claude Arnaud, Claude Chayet, et Charles Malo, dont il exerce à plusieurs reprises l'intérim en qualité de chargé d’affaires, il observe l’ouverture de la Chine, le développement de sa politique de réforme, et contribue au lancement des premiers grands projets de coopération franco-chinoise, dans le domaine nucléaire, pétrolier, ferroviaire, ou aéronautique.

En septembre 1984, il revient en Europe. Représentant permanent adjoint de la France auprès des Communautés européennes, il est notamment en charge des négociations budgétaires et agricoles, et de la création de grand marché intérieur européen.

En septembre 1986, il est nommé directeur d’Asie-Océanie. C’est dans ces fonctions qu’il conçoit et engage, à partir de janvier 1987, le processus de négociation qui conduira, au bout de quatre ans, au règlement du problème cambodgien. En s’appuyant sur la personnalité incontestée du Prince Sihanouk, il met au point un plan de paix qui obtient, au prix de longues consultations, l’appui des 5 grandes puissances, des pays de la région, et finalement des 4 factions cambodgiennes elles-mêmes. En juillet 1989, une première Conférence pour la Paix au Cambodge se réunit à Paris. Elle doit suspendre ses travaux au bout d’un mois. La France créé alors un mécanisme de consultation restreint qui permet de régler les questions les plus importantes. Le cadre général du plan de paix est adopté à l’unanimité par le Conseil de Sécurité puis par l’Assemblée générale des Nations unies en juillet 1990[3]. Le Plan prévoit le déploiement d’une Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge (APRONUC) dont les modalités de fonctionnement seront précisées dans des négociations qui se prolongeront encore pendant plusieurs mois. L’accord final sera signé à Paris en 1991[4].

Claude Martin suit avec attention, pendant les quatre années qu’il passe à la direction d’Asie, les affaires chinoises. Il effectue de fréquents déplacements à Pékin et se trouve présent sur la Place Tian'anmen, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989[5].

En novembre 1990, il est nommé ambassadeur à Pékin[6]. Il s’emploie à reconstruire une relation stable avec la Chine. Celle-ci sera marquée cependant par de fortes turbulences. La décision de la France de vendre à Taïwan des frégates (1991)[7] puis des Mirage (1992) amène les deux pays au bord de la rupture. L’Ambassadeur s’emploie à maintenir le dialogue, et manifeste son désaccord[8]. Le changement de majorité en France permet le retour à une relation pacifiée entre les deux pays. Claude Martin rentre à Paris en novembre 1993.

Il est nommé par Alain Juppé secrétaire général adjoint du ministère et directeur général des affaires européennes et économiques. Dans ces fonctions, il dirige les travaux préparatoires au « grand élargissement » de l’Union européenne en direction des pays de l’Est. Il négocie avec ces pays des accords d’association qui permettront de les préparer à l’adhésion, et fait des propositions pour une réforme des institutions. Il négocie parallèlement plusieurs accords avec la Russie, et notamment l’arrangement qui met fin au contentieux sur les emprunts russes.

En avril 1999, il est nommé ambassadeur en Allemagne[9]. Il installe la nouvelle ambassade de France sur la Pariser Platz à Berlin, inaugurée par Jacques Chirac le 23 janvier 2003. En 2006, Il se voit conférer la dignité d’Ambassadeur de France[10].

Au terme d’un séjour d'une durée remarquable de neuf ans[11],[12], il quitte l’Allemagne, le 24 septembre 2007, pour être nommé conseiller-maître à la Cour des Comptes.

Parallèlement[13], il conserve une mission de réflexion au Quai d’Orsay. Il siège en 2008 dans la commission instituée par Bernard Kouchner[Laquelle ?]. Il est nommé président du conseil des affaires étrangères, en remplacement de Dominique Girard en 2009[14], jusqu'en 2012[15] avant de prendre sa retraite.

Ses mémoires, La diplomatie n'est pas un dîner de gala[16], sont saluées par les médias. L'Obs les classent ainsi parmi « les ouvrages qui sortent du lot, qui font œuvre historique et analytique utile »[17]. Le livre obtient le Prix Saint-Simon 2018[18],[19].

Vie privéeModifier

L'épouse de Claude Martin, Feifei, est chinoise[20],[1]

ŒuvreModifier

  • La diplomatie n'est pas un dîner de gala : Mémoires d'un ambassadeur Paris-Pékin-Berlin, Nouvelles éditions de l'Aube, coll. « Monde en cours », , 946 p. (ISBN 978-2815927628)[21],[22]

DistinctionsModifier

BibliographieModifier

  • Abendland und Morgenland : der Dialog der Kulturen in Geschichte und Gegenwart (Claude Martin, avec Helwig Schmidt-Glintzer et Dominik von König), Harrassowitz, 2008 (ISBN 978-3-4470-5681-6)
  • Pierre-Jean Remy, La Chine : Journal de Pékin (1963-2008), Odile Jacob, 2008 (ISBN 978-2-7381-2195-0) (Claude Martin est un des personnages récurrents de cet ouvrage)

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Éléonore Sas, Alix Lafaye, Léa Lautrette, Caroline Robin, « Claude Martin : Les Ors de la République et le Petit Livre rouge », sur Festival international du film d'histoire de Pessac,
  2. Arnaud Vaulerin, « Quand Paris cédait aux Khmers rouges », sur liberation.fr,
  3. « Le jour où la France céda aux Khmers rouges », sur LExpress.fr, (consulté le 24 février 2019)
  4. « Acte final de la Conférence de Paris sur le Cambodge », sur Wikisource,
  5. Guy Sorman, « Claude Martin, cet ambassadeur qui a tout vu de la Chine », sur Le Point, Le Point, (consulté le 24 février 2019)
  6. « Liste des ambassadeurs de France en Chine »
  7. Alexandra Schwartzbrod et Karl Laske, « Un feuilleton diplomatico-financier entre France et Chine. À l'origine de l'affaire, la vente d'armes françaises à [[Taiwan]]. Récit des négociations en coulisses. », sur Libération,
  8. « Un feuilleton diplomatico-financier entre France et Chine. A l'origine de l'affaire, la vente d'armes françaises à Taiwan. Récit des négociations en coulisses. », sur Libération.fr, (consulté le 24 février 2019)
  9. A. BA., « Sarkozy lance la ronde des ambassadeurs », sur FIGARO, Le Figaro, (consulté le 24 février 2019) : « À Berlin depuis 1999, un record, Claude Martin devrait quitter son poste en septembre prochain. »
  10. Décret du 2 octobre 2006 élevant à la dignité d'ambassadeur de France un ministre plénipotentiaire hors classe
  11. (de) « Botschafter feiern ihren Abschied », sur Berliner Morgenpost,
  12. (de) Eva Dorothée Schmid, « Claude Martin feiert Abschied », sur Berliner Zeitung,
  13. [Einen Abend zuvor hatte Claude Martin seinen Abschied gefeiert, der auf seinen 63. Geburtstag fiel. Dazu kamen unter anderen Schauspieler Bruno Ganz (den Martin erst kürzlich zum Ritter der französischen Ehrenlegion schlug), Ex-Bundesaußenminister Hans-Dietrich Genscher, Célia Gräfin Bismarck, Russlands Botschafter Vladimir Kotenev und Ex-Kulturstaatsministerin Christina Weiss mit ihrem Ehemann Hans-Joachim Gante.] Franziska Von Mutius, « Leute von Welt: Sir Peter Torry wird Berater, Claude Martin zieht nach Paris », Welt Print,‎ (lire en ligne, consulté le 24 février 2019)
  14. Arrêté du 20 novembre 2009 portant nomination au conseil des affaires étrangères (lire en ligne)
  15. « La Chine est éveillée », sur SudOuest.fr (consulté le 24 février 2019)
  16. Jean-Noël Jeanneney, « Souvenirs de diplomate », L'Histoire n°456, février 2019, p. 28-29.
  17. « "La diplomatie n’est pas un dîner de gala" : mémoires franco-chinois sans gants », sur L'Obs (consulté le 24 février 2019)
  18. Politique Etrangère, « La diplomatie n’est pas un dîner de gala », (consulté le 24 février 2019)
  19. La-Croix.com, « La diplomatie n’est pas un dîner de gala, Claude Martin », sur La Croix, (consulté le 24 février 2019)
  20. Extrait de l'ouvrage de Pierre-Jean Remy, Villa Médicis : Journal de Rome, 2008 : « En fin de soirée, Claude Martin débarque avec son épouse, Feifei. Ils étaient fiancés depuis des siècles, c'est cette belle et longue Chinoise qu'il a fait sortir... »
  21. Pascal Boniface, « « La diplomatie n'est pas un dîner de gala » - 3 questions à Claude Martin », sur Mediapart,
  22. Frédéric Lemaître, « Un ambassadeur aux amours déçues : Dans « La diplomatie n’est pas un dîner de gala », Claude Martin revient sur son expérience de diplomate. », sur Le Monde,
  23. « La fête des livres et le prix Saint-Simon : Diplomatie et littérature à la Fête des Livres »,

Liens externesModifier