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Charles Samaran

archiviste et historien français

BiographieModifier

Archiviste paléographe (1901), avec une thèse sur la Maison d'Armagnac[1], puis membre de l'École française de Rome (1901-1903), Charles Samaran est d'abord archiviste aux Archives nationales, à la section judiciaire, chargé des archives du Châtelet et de la Chambre des Comptes[2]. Il donne en 1908 Les diplômes originaux des Mérovingiens, « coup d'éclat d'un jeune paléographe qui allait demeurer jusqu'à son grand âge l'infaillible déchiffreur des textes difficiles »[3], recueil qui joua un rôle capital dans l'étude des écritures mérovingiennes.

Études littéraires critiques et éditions de textes de toutes époques (dépêches des ambassadeurs milanais sous Louis XI, mémoires de Casanova) suivent, qui se poursuivront durant son enseignement (Jean Chartier, Thomas Basin, Chanson de Roland dans le domaine littéraire, actes de l'université de Paris dans le domaine pragmatique).

Il devient en effet directeur d'études à l'École pratique des hautes études en 1927 (chaire de paléographie) puis professeur de « bibliographie et archives de l'histoire de France »[4] à l'École nationale des chartes de 1933 à 1941 et directeur de la Bibliothèque de l'École des chartes de 1935 à 1948[5].

Il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1941 et nommé directeur général des Archives de France par le ministre Jérôme Carcopino la même année. Il demeure à ce poste jusqu'en 1948, maintenu au-delà de l'âge de la retraite[6]. Il fut président du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) de 1960 à 1982.

Cofondateur du Comité international de paléographie en 1953, initiateur du Catalogue des manuscrits datés[7], cofondateur du Conseil international des archives[8], auteur fécond d'une bibliographie comptant plusieurs centaines de numéros et actif jusqu'à son centième anniversaire, Charles Samaran est une figure majeure de l'érudition du XXe siècle, tant par son rôle personnel et institutionnel que par sa production scientifique.

Charles Samaran est le beau-fils du flûtiste Paul Taffanel, créateur de l'École française de flûte. Il a eu trois filles : Annette (épouse Philippe Thiollier), Charlotte (épouse Jacques Lacome d'Estalenx) et Jeanne. Son épouse est décédée en 1962 à 80 ans. Une rue porte son nom à Auch.

OuvragesModifier

  • La fiscalité pontificale en France au XIVe siècle (période d'Avignon et grand schisme d'Occident), Paris, A. Fontemoing, 1905.
  • La maison d'Armagnac au XVe siècle et les dernières luttes de la féodalité dans le Midi de la France, Paris, A. Picard et fils, 1907.
  • Les diplômes originaux des Mérovingiens : fac-similés phototypiques avec notices et transcriptions, éd. Ph. Lauer, Ch. Samaran, préf. Maurice Prou, Paris, E. Leroux, 1908.
  • D'Artagnan, Capitaine des mousquetaires du roi, histoire véridique d'un héros de roman, Paris, Calmann-Lévy, 1912.
  • Jacques Casanova, Vénitien, une vie d'aventurier au XVIIIe siècle, Paris, Calmann-Lévy, 1914.
  • Jean de Bilhères-Lagraulas, cardinal de Saint-Denis, un diplomate français sous Louis XI et Charles VIII, Paris, Éditions Honoré Champion, 1920. (Extrait par Paul-André Lesort).
  • La chronique latine inédite de Jean Chartier (1422-1450), Paris, Champion, 1928.
  • Catalogue des manuscrits en écriture latine portant des indications de date, de lieu ou de copiste, Paris, CNRS, 1959.
  • L' Histoire et ses Méthodes, Paris, Gallimard, « Encyclopédie de la Pleïade », 1961, XVII-1773 p., [compte rendu en ligne].
  • Pierre Bersuire, prieur de Saint-Éloi de Paris, 1290?-1362, Paris, Imprimerie nationale, 1962.
  • Paysages littéraires du Valois, de Rousseau à Nerval, Paris, Klincksieck, 1964.
  • La Gascogne dans les registres du trésor des chartes, Paris, Bibliothèque nationale, 1966.
  • D'Artagnan, capitaine des mousquetaires du roi, histoire véridique d'un héros de roman, Auch, impr. T. Bouquet, 1967.
  • La Fiscalité pontificale en France au XIVe siècle, période d'Avignon et grand schisme d'Occident, Paris, E. Boccard, 1968.
  • Inauguration d'une plaque sur la maison de Joseph de Pesquidoux à Perchède le 11 septembre 1971, Paris, Typ. de Firmin-Didot, 1972.
  • La maison d’Armagnac au XVe siècle et les dernières luttes de la féodalité dans le Midi de la France, Paris, Alphonse Picard et fils, , XXI-523 p. (présentation en ligne, lire en ligne)
    Réédition : Genève, Slatkine-Megariotis Reprints, 1975.
  • Recueil d'études de Charles Samaran... une longue vie d'érudit, Genève et Paris, Droz, Librairie Champion, « Hautes études médiévales et modernes », 1978.
  • Enfance et jeunesse d'un centenaire, Charles SAMARAN, Edition les Belles Lettres, 1980

IconographieModifier

Une médaille à l'effigie de Charles Samaran à l'âge de soixante-seize ans a été exécutée par Aleth Guzman-Nageotte en 1955. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 5153).

ArchivesModifier

Ses papiers personnels sont conservés aux Archives nationales sous la cote 642AP[9].

Notes et référencesModifier

  1. Base des thèses de l'École des chartes.
  2. Favier 1984, p. 414.
  3. Favier 1984, p. 415.
  4. A. Charon, « La chaire de bibliographie et histoire du livre », dans Y.-M. Bercé, O. Guyotjeannin, M. Smith (éd.), L'École nationale des chartes. Histoire de l'École depuis 1821, Thionville, 1997, p. 82.
  5. Favier 1984, p. 419.
  6. Favier 1984, p. 421.
  7. Charles Samaran, « Le Comité international de Paléographie. Réalisations et projets », Journal des savants, Paris, Klincksieck, no 1,‎ , p. 75-94 (lire en ligne).
  8. Robert-Henri Bautier, « Le Conseil international des archives et le premier congrès international des archives », Bibliothèque de l'École des chartes, Paris, Librairie Marcel Didier, t. 109 « 1re livraison »,‎ , p. 108-110 (lire en ligne).
  9. Notice du fonds conservé aux Archives nationales

Voir aussiModifier