Chapitre de Saint-Julien (Brioude)

Chapitre de Brioude
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Blason du Chapitre de Saint-Julien

Nom Chapitre de Saint-Julien
Création 825
Siège Basilique Saint-Julien de Brioude
Assemblées Chanoines-comtes de Brioude
Membres Noblesse brivadoise

Le chapitre de Brioude est une organisation de nobles brivadois appelés chanoines-comtes responsables de la ville de Brioude, de son comté et des alentours. Les différents pouvoirs vont leur concéder ces droits au fil des siècles. Bérenger dit « le Sage » duc de Toulouse, cède ses titres et privilèges au chapitre de Brioude. Ce dernier va prendre de l'importance au niveau territorial, financier et militaire. Il devient ainsi l'un des plus reconnus du royaume de France. La Révolution française met fin à cette assemblée religieuse.

La fondationModifier

Une protection du tombeau de Saint-JulienModifier

Saint Julien possède son tombeau dans la ville de Brioude. Sa célébrité attire de nombreux pèlerins, ce qui en fait un lieu de pèlerinage majeur à la fin de l'Antiquité et au début du Moyen Âge. La chute de l'Empire romain amène une période d'insécurité, il devient nécessaire de former une milice pour protéger l'église, le tombeau et les pèlerins qui s'y rendent. Elle regroupe les nobles et les seigneurs de Brioude et de ses alentours pour défendre sa contrée[1].

D'autres évoquent une milice créée au XIe siècle, à qui Guillaume le Pieux, comte d'Auvergne, aurait chargé de la protection de l'Église et de ses pèlerins pour pouvoir lutter face aux invasions normandes et sarrasines et à ses grands seigneurs voisins attirés par ses richesses[2]. Il semble que ce soit plus une évolution dans le temps qu'une création soudaine.

Cette origine militaire peut se retrouver dans la redevance que la ville paiera plus tard au roi de France d'un cheval, un écu et une lance[2]. La ville profite de sa position et des pèlerins pour s'enrichir et devenir un lieu important attirant même le pouvoir royal qui y pioche largement[3].

Une évolution en ordre religieuxModifier

La région va devenir de plus en plus sure, rendant cette milice noble inutile. La force physique n'étant plus le seul signe de puissance, ses hommes quittent la cotte de maille pour la robe. Transformant leur blason de quatre chevaliers montés sur un cheval par une tête entourée de rayons de gloire posé sur un bras tenant un glaive[2]. Il symbolise saint Julien qui était lui-même soldat.

Les nobles se placent à la tête du Chapitre, en occupant la première place par droit de conquête. Le clergé se vit obligé de prendre la seconde place. Ils finirent par astreindre les chevaliers à de simples prêtres, le clergé tentera de rentrer dans leur rang mais sans succès. Ses nobles se donnent le nom de Chanoines et s'organisent en un Chapitre qui est l'un des premiers du royaume de France. Cette ordre rassemblant chevaliers et clercs, serait l'un des plus anciens et aurait pu servir de base pour les Templiers et les Hospitaliers[3].

L'indépendance du Chapitre de BrioudeModifier

Bérenger dit "le Sage", duc de Toulouse, reçut pour ses services au près du roi le comté de Brioude. Le Chapitre y est déjà installé, Bérenger cède ses titres et privilèges au Chapitre de Brioude. Il fit réparer l'église grandement endommagée par les Sarrasins. À cela il joint cent mas, en affectant quarante à l'abbé et les soixante restants aux trente quatre chanoines attachés aux services de l'église et aux vingt établis à l'oratoire du fort Victoriacum[3].

Cela lui donne une certaine importance mais ne suffit pas à lui donner une pleine indépendance. C'est la bulle papale, mais surtout la confirmation par chartes faites par Louis le Pieux, en juin 825 qui confirme ce qu'a fait Bérenger. Le Chapitre est placé hors de toute juridiction royale et de toutes charges[3].

Les chanoines-comtesModifier

L'organisationModifier

Le Chapitre de Brioude est composé de cinquante quatre chanoines. Ils sont décorés d'une croix[4] portée en sautoir, suspendue à un ruban bleu liseré de rouge. Le chef de ce Chapitre est l'abbé; au départ seul lui prend le nom de comte de Brioude. Par la suite vingt deux s'arrogent ce titre[2], vers le Xe siècle[5]. Mais on voit la noblesse du Chapitre pleinement reconnue qu'en 1369. Douze Chanoines hebdomadaires avaient le soin de louer Dieu et six Chanoines semi-prébendés qui avec l'abbé et l’aumônier complètent la totalité des membres du Chapitre. Les Chanoines-comtes se rapprochent d'un rang de quasi-évêque avec le port de la croix pectorale et d'une soutane rouge ou violette les assimilant à des cardinaux ou des évêques.

La nominationModifier

L'entrée au Chapitre de Brioude n'était pas ouverte à tous. Le clergé est rejeté de cet ordre, même s'il tente en vain d'y pénétrer. Seuls les nobles ont le droit d'y entrer, mais pas n'importe lesquels. Il fallait pouvoir justifier de seize quartiers maternels et seize quartiers paternels de noblesse, c'est-à-dire de quatre générations nobles côté paternelles et côté maternelles, soit le double de ceux pour entrer dans l'ordre de Malte[3].

Les chanoines-comtes célèbresModifier

Trois personnages célèbres sont passés par le Chapitre de Brioude :

Le pouvoir royal et la papautéModifier

Pouvoir royalModifier

Les différents rois de France confirment et accordent différents privilèges au Chapitre de Brioude. Tout d'abord Louis le Pieux comble les Chanoines de biens considérables et leur accorde le droit de ne relever que du roi, ce qui en fait un vassal direct du pouvoir royal. Ils peuvent aussi nommer le chef de la milice, appelait aussi Commandant de la ville. Aucun impôt ne peut être prélevé, sauf par les Chanoines pour leur impôts seigneuriaux. Ils doivent uniquement fournir au roi un cheval, une lance et un écu par an et ce depuis Louis le Pieux. De plus ils obtiennent jusqu'au droit régalien de battre monnaie, comme le montre la rue brivadoise nommé rue de la Monnaie. Un autre privilège majeur dont les Chanoines utilisent et abusent est l'interdiction aux officiers du roi de se rendre dans la ville et d'y rendre leurs arrêts. Le roi reste le premier Chanoine de Brioude[3]. Ce chapitre connait donc une forte indépendance du pouvoir royal, fortement renforcée par des accords écrits stipulés dans le Cartulaire, où l'on retrouve les chartes du IXe et Xe siècle[6].

PapautéModifier

Le Chapitre de Brioude est aussi confirmé par une Bulle papale, les Chanoines dépendent donc aussi du Pape. Le tombeau de saint Julien, placé à Brioude, en fait un lieu central de la chrétienté. Les différents Papes gardent donc un œil attentif sur cette ville, qui de plus est très riche. L'action d'Alexandre II le montre lorsqu'il condamne le clergé brivadois, après avoir appris les actions d'usure qu'ils effectuaient[3].

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. MM. Dantil et de Chavanat, Chronologie générale du Chapitre noble de Saint Julien de Brioude, Paris, Levrault, Schoell et Compagnie, , 98 p.
  2. a b c d e et f Aristide Guilbert, Histoire de villes de France tome sixième, Paris, Imprimerie Clave et Taillefer, , 821 p.
  3. a b c d e f g et h M. De Talairat, Notice historique sur l'Eglise et le Chapitre de Brioude, Puy-en-Velay, Imprimerie de P. Pasquet, , 35 p.
  4. Dr Paul Olivier, La croix d'or émaillée des chanoines-comte de Brioude : in Almanach de Brioude 1923, Brioude, Almanach de Brioude, (lire en ligne)
  5. Chanoine Pierre Audigier (1659-1744), Histoire d'Auvergne, Clermont-Ferrand, L. Bellet, , 562 p.
  6. Hippolyte-Ferréol Rivière, Histoire des institutions de l'Auvergne, Paris, A. Maresq aîné, , 545 p.