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Château du Reposoir
Image illustrative de l’article Château du Reposoir
Façade Sud du château du Reposoir.
Nom local La Terre de Pregny
(ancien nom)
Début construction ~ 1750 / 1787
Fin construction 1755 / 1790
Propriétaire initial Jacques III Pictet
Destination initiale Habitation
Propriétaire actuel Fondation du Reposoir
Destination actuelle Habitation
Protection Bien culturel d'importance nationale.
Bâtiments et domaine classés.
()
Coordonnées 46° 13′ 55″ nord, 6° 08′ 48″ est
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Région historique Pays de Gex
Canton Drapeau du canton de Genève Genève
localité Pregny Parc
Commune Pregny-Chambésy

Géolocalisation sur la carte : canton de Genève

(Voir situation sur carte : canton de Genève)
Château du Reposoir

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Château du Reposoir

Le château du Reposoir est un château situé dans la commune de Pregny-Chambésy, dans le canton de Genève, en Suisse.

Sommaire

LocalisationModifier

 
Photo satellite, par Swisstopo, du château et de son domaine.

Au cours des siècles, Le Reposoir a changé de lieu à maintes reprises, jusqu'à ce que la commune de Pregny devienne un territoire genevois officiellement le 4 juillet 1816 [1].

Le château se situe dans la localité Pregny Parc et le lieu-dit Le Reposoir et se dresse près du Léman. Le domaine a une surface totale de 80 804 m2.

Le domaine est constitué de vastes pelouses, parsemées d’arbres séculaires, montant en pente douce jusqu’au château, qui est situé sur une terrasse élevée surplombant, du côté du lac, le jardin à la française et se prolongeant, du côté Sud, par une pièce d’eau et une vaste allée de marronniers.

HistoireModifier

 
Le château du Reposir en 1791 par Rodolphe Gautier.

Mentionné pour la première fois au XVIe siècle, le domaine de La Terre de Pregny appartenait à Madeleine, veuve de Humbert Pucetti. Le domaine agricole s'étendait de Sécheron au Vengeron et longeait le lac.

Le 7 mars 1534, l’année où naît la République de Genève, Guillaume Du Puys achète les terrains de La Terre de Pregny (lieu situé, à l'époque, en France) où s'y trouve des maisons et des fermes.

Le domaine resta dans la famille Du Puys pendant quatre générations. Le 24 août 1659, Pierre II Du Puys-de la Palle lègue le domaine à ses deux filles : Ève Du Puys (mariée à Jean Voisine) et Judith Du Puys (mariée à Jérémie Pictet). Le domaine est donc partagé en deux.

En 1674, Jacques II Pictet-Du Pan (fils de Jérémie Pictet et Judith Du Puys) rachète la partie appartenant à sa tante Ève Du Puys et reçoit la deuxième partie du domaine en héritage le 6 janvier 1688. Le domaine devient alors proprété de la famille Pictet.

Le châteauModifier

 
Le château en 1947.

En 1755, Jacques III Pictet-Thellusson (petit-fils de Jacques II Pictet-Du Pan) détruit l’ancienne maison afin d'y édifier un château. Le lieu devient alors progressivement une propriété d'agrément. Le château est dans le style de son époque ; de forme carrée et de proportion modeste, avec cinq fenêtres de façade.

Entre 1787 et 1790, Isaac IV Pictet-Lullin (fils de le Jacques III Pictet-Thellusson) rénove et agrandit, luxueusement, le château par deux ailes. Les travaux d'architecture extérieure et de décoration intérieure (comme certains des salons décorés de boiseries) sont imaginés est exécutés par Jean Jaquet.

Vers 1850, un nouveau mas de dépendances est bâti et un jardin à la française vient remplacer l'ancien potager à l'Est du château.

Le DomaineModifier

L’édifice s’est longtemps situé aux bords d’un grand domaine agricole. Au fil du temps, de plus en plus de parcelles s’achetèrent pour compléter les terrains.

Cependant, en 1855, l'arrivée du chemin de fer coupa le domaine en deux. La partie Ouest est alors cédée au château de Penthes car « Garder du terrain de l’autre côté des voies n’avait plus de sens ». La même année, la construction de la route de Suisse a amené la vente des rives du lac [2].

En 1960, le domaine devient une fondation.

Au XXe siècle, les terres sont devenues moins rentables, puis déficitaires [N 1]. Le coût de l’entretien du domaine a aussi demandé à un recentrage sur le cœur du domaine. C'est pour cela que, vers 1980, les deux extrémités de ce vaste domaine ont été cédées, au sud à la Ville de Genève pour l'extension du jardin botanique appelée Terres de Pregny et au nord pour un ensemble résidentiel appelé Pregny-Parc [3].

Anecdotes historiquesModifier

Propriétaires du domaine et du châteauModifier

  • XVIe siècle - 7 mars 1534 Madeleine Pucetti [4];
  • 7 mars 1534 - 1560 : Guillaume Du Puys (ou Dupuis) [4];
  • 1560 - 9 mars 1613 : Pierre Du Puys-Favre [4];
  • 9 mars 1613 - 24 août 1659 Pierre II Du Puys-de la Palle [4];
  • 24 août 1659 - 1674 et 6 janvier 1688 : Ève Du Puys-Voisine et Judith Du Puys-Pictet [4];
  • 1674 et 6 janvier 1688 - 2 août 1721 : Jacques II Pictet-Du Pan [4];
  • 2 août 1721 - 22 février 1746 : Marc Pictet-Budé [4];
  • 22 février 1746 - 10 février 1786 : Jacques III Pictet-Thellusson [4];
  • 10 février 1786 - 16 octobre 1823 : Isaac IV Pictet-Lullin [4];
  • 16 octobre 1823 - 1852 : Louis II Pictet-Achard (dit « Le Gros ») [4];
  • 1852 - 9 août 1884 : Richard I Pictet-Candolle [4];
  • 9 août 1884 - 1930 : Louis V Pictet-Saugy [4];
  • 1930 - 6 novembre 1975 : Richard II Pictet-Pourtalès-Puget [4];
  • 6 novembre 1975 - ? : Hubert Pictet-Merenda et Jean-Michel Pictet-Barbey-de Haller [4].

ToponymieModifier

 
Exemple d'un banc-reposoir à Jaegerthal, dans le Bas-Rhin, en France.

Le domaine était désignée jadis sous le titre général de La Terre de Pregny. Le nom de Reposoir ne date que du début du XIXe siècle et ne se rattachait autrefois qu'à une parcelle située au bord du lac. Il existait un banc-reposoir placé en cet endroit en bordure de la route de Suisse. Il se composait de deux planches superposées : l'une pour s'assoir, l'autre pour déposer les corbeilles que les femmes portaient sur leur tête en se rendant au marché et s'y reposer ; d'où peut-être est venu le nom de Reposoir [7].

ArchitectureModifier

Le château a une surface totale de 530 m2.

certains salons du château sont décorés de boiseries par Jean Jaquet.

Le nouveau mas de dépendances est bâti par l'architecte Gustave Brocher vers 1850.

Description de l'intérieur du château, en 1978, par Raymond Perrot (maire de Pregny-Chambésy de 1951 à 1977 et co-auteur du livre Pregny-Chambésy, commune genevoise) :

« On pénètre dans l'habitation par un vestibule d'où se détache un bel escalier conduisant au premier étage. La pièce centrale du rez-de-chaussée est le grand salon décoré de motifs sculptés par Jean Jaquet : consoles, cheminée, candélabres, avec un mobilier de la fin du XVIII. À droite du salon se trouve la salle à manger, de teinte claire, et où une grande armoire vitrée contient une riche collection de porcelaine de la Compagnie des Indes au décor rose et or ; le mobilier est le style. À gauche du salon, on traverse une gracieuse chambre de l'époque Directoire, tendue de papier à sujets agrestes et bucoliques, tandis que les meubles sont recouverts de tapisseries de Beauvais représentant des sujets tirés des fables de La Fontaine. en continuant, nous arrivons à la bibliothèque, pièce rendue confortable et sympathique par ses rayons de livres aux belles reliures et ses objets d'art agréablement disposés sur des consoles. Les générations successives qui ont habité le Reposoir y ont laissé des traces de leur passage sous forme de bibelots ou de portraits. Partis ces derniers, à côté de ceux des propriétaires et de leur famille, se trouve ceux de leurs hôtes ou des souverains qu'ils ont servis : Georges III et son épouse, deux rois de Sardaigne, le marquis de Bute, le duc de Gordon et son épouse, le prince Henri de Prusse, Warren Hastings, etc. »

— Raymond Perrot, (1978) Pregny-Chambésy, commune genevoise

ProtectionModifier

Le domaine, le château et l'Orangerie sont classés comme étant un bien culturel d'importance nationale.

Depuis le , le domaine et le château sont classés monument historique par le Département de l'Aménagement, du Logement et de l'Énergie du canton de Genève [8].

PhotosModifier

ChâteauModifier

OrangerieModifier

DomaineModifier

Terrains vendus de l'ancien domaineModifier

PlansModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le dernier fermier est parti en 1980.

RéférencesModifier

  1. Guillaume Fatio et Raymond Perrot, Pregny-Chambésy, commune genevoise, Pregny-Chambésy, Commune de Pregny-Chambésy, 1947 / 1978, 360 p.
  2. Etienne Dumont, « Natalie Rilliet écrit l’histoire du domaine Le Reposoir à Pregny », TDG,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne, consulté le 18 mars 2019)
  3. Gilles Gardet et Natalie Rilliet, Carte historique de la commune de Pregny-Chambésy, 2016.
  4. a b c d e f g h i j k l m n et o Guillaume Fatio et Raymond Perrot, Pregny-Chambésy, commune genevoise, Pregny-Chambésy, Commune de Pregny-Chambésy, 1947 / 1978, 360 p., p. 301-319
  5. a et b Natalie Rilliet, Le Repoisoir, histoire d'un domaine genevois, Genève, imprimerie Genevoise S.A., , 100 p. (ISBN 978-2-8399-1107-8), p. 80-81
  6. Genève (canton). Police genevoise. Service de presse, La rencontre ou une semaine à Genève, Genève, Genève : Service de presse de la Police genevoise, (lire en ligne), p. 9
  7. Guillaume Fatio et Raymond Perrot, Pregny-Chambésy, commune genevoise, Pregny-Chambésy, Commune de Pregny-Chambésy, 1947 / 1978, 360 p., p. 302
  8. « Liste des objets classés », sur https://www.ge.ch, (consulté le 15 janvier 2019)

BibliographieModifier

  • G. Fatio, Pregny-Chambésy, commune genevoise, Pregny-Chambésy, 1978 (2000)
  • Rilliet Natalie, Le Reposoir, histoire d'un domaine genevois, Genève, 2012

Voir aussiModifier

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Liens internesModifier