Anthony Eden

personnalité politique britannique

Sir Anthony Eden
Illustration.
Fonctions
Premier ministre du Royaume-Uni

(1 an, 9 mois et 2 jours)
Monarque Élisabeth II
Prédécesseur Sir Winston Churchill
Successeur Harold Macmillan
Vice-Premier ministre du Royaume-Uni

(3 ans, 5 mois et 12 jours)
Premier ministre Sir Winston Churchill
Prédécesseur Herbert Morrison
Successeur Rab Butler
Secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth

(3 ans, 5 mois et 10 jours)
Premier ministre Sir Winston Churchill
Prédécesseur Herbert Morrison
Successeur Harold Macmillan

(4 ans, 7 mois et 4 jours)
Premier ministre Sir Winston Churchill
Prédécesseur Edward Frederick Lindley Wood
Successeur Ernest Bevin

(2 ans, 9 mois et 28 jours)
Premier ministre Stanley Baldwin
Neville Chamberlain
Prédécesseur Sir Samuel Hoare
Successeur Edward Frederick Lindley Wood
Leader de la Chambre des communes

(3 ans, 5 mois et 4 jours)
Premier ministre Winston Churchill
Prédécesseur Sir Stafford Cripps
Successeur Herbert Morrison
Secrétaire d'État aux Affaires du Dominion

(8 mois et 11 jours)
Premier ministre Neville Chamberlain
Winston Churchill
Prédécesseur Sir Thomas Inskip
Successeur Sir Thomas Inskip
Secrétaire d'État à la Guerre

(7 mois et 11 jours)
Premier ministre Sir Winston Churchill
Prédécesseur Oliver Stanley
Successeur David Margesson
Lord du sceau privé

(10 mois)
Premier ministre Ramsay MacDonald
Prédécesseur Stanley Baldwin
Successeur Marquis de Londonderry
Membre du Parlement pour
Warwick and Leamington
Prédécesseur Ernest Pollock
Successeur John Hobson
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Windlestone Hall (en), Rushyford, Durham
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Alvediston, Salisbury,
Wiltshire
Nationalité Britannique
Parti politique Parti conservateur
Conjoint Beatrice Beckett (divorcée)
Clarissa Churchill
Enfants Simon Eden
Robert Eden
Nicholas Eden
Diplômé de Collège d'Eton
Christ Church
Religion Anglicanisme

Anthony Eden
Premiers ministres du Royaume-Uni

Anthony Eden
Allégeance Royaume-Uni
Arme British Army
Grade Major
Commandement King's Royal Rifle Corps
Conflits Première Guerre mondiale
Distinctions Military Cross ribbon.png Croix militaire
Ribbon, World War I Victory Medal.svg Victory Medal
British War Medal BAR.svg British War Medal

Sir Robert Anthony Eden, 1er comte d'Avon, né le à Rushyford et mort le à Salisbury, est un homme d'État britannique. Membre du Conseil privé du Royaume-Uni, il est ministre des Affaires étrangères à trois reprises, puis Premier ministre conservateur du au . Il démissionne peu après la crise de Suez et est élevé à la pairie avec les titres de vicomte Eden et comte d'Avon, en 1961, après avoir été connu depuis 1954 sous le nom de Sir Anthony Eden, année où il est fait chevalier de la Jarretière.

Prémices politiquesModifier

Robert Anthony Eden, est né le à Windlestone Hall (en), près de Rushyford, dans le comté de Durham. Son père William Eden (7e baronnet), un gentleman excentrique, appartient à la gentry titrée.

Il fait ses études au collège d'Eton puis à Christ Church College (Oxford) où il étudie les langues orientales (persan et arabe). Très doué pour les langues, il parlait couramment le français et l'allemand, appris dans son enfance.

Il renonce à une carrière militaire à cause d'une mauvaise vue, mais réussit à s'engager en 1917.

Sous-lieutenant au 21e bataillon (Yeoman Rifles) du King Royal Rifle Corps[1], il reçoit la Military Cross le [2] (bataille de la Somme)[3].

Député conservateur depuis 1923 (pour l'arrondissement de Warwick et Lemington), il est sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères de 1931 à 1933. Nommé au Conseil privé (PC) du roi en , il représente la Grande-Bretagne auprès de la Société des Nations (SDN) en 1934 dans le gouvernement de Stanley Baldwin.

Il est le premier membre d'un gouvernement britannique à se rendre à Moscou, et donc le premier homme politique britannique à rencontrer Joseph Staline.

Il est nommé ministre des Affaires étrangères en . Partisan d'une attitude de fermeté face aux dictatures, il démissionne en et se rapproche de Winston Churchill. Il est quasiment l'un des seuls députés conservateurs avec lui à critiquer l'attitude passive et pacifique de Chamberlain au moment de la signature des accords de Munich. Cela lui vaudra d'être nommé secrétaire d'État aux Dominions dans le gouvernement le 3 septembre 1939 puis Secrétaire d'état au War Office, le 11 mai 1940 avant d'être désigné comme le dauphin officieux de Churchill en privé le 30 septembre 1940, puis officiel dans une lettre que Churchill, en partance pour Washington, adresse au roi le 16 juin 1942 : Churchill y demande à Georges VI de prendre Eden comme premier ministre s'il lui arrivait quelque chose pendant le voyage[4].

Ministre de la Guerre en 1940, puis secrétaire aux Affaires étrangères (Foreign Office) de la fin 1940 à 1945 dans le cabinet de Churchill, il renforce les liens avec les Alliés et soutient le général de Gaulle, avec qui il a eu de bons rapports pendant la guerre, et qu'il défendit toujours devant Churchill et — surtout — devant Roosevelt. Le Général lui rendit ce bel hommage : « Ce diplomate, entièrement dévoué aux intérêts de son pays, ne méprisait pas ceux des autres et restait soucieux de morale internationale au milieu des brutalités cyniques de son temps. » (Mémoires de guerre, t. I, p. 198).

Le , il représente l'Angleterre à Moscou avec son homologue américain Cordell Hull ; ils sont reçus par Viatcheslav Molotov. Le , ils sont reçus par Joseph Staline avec Hastings Lionel Ismay et Clark Kerr[5].

Carrière ministérielleModifier

Après la victoire des travaillistes aux élections de 1945, il devient, aux côtés de Churchill, l'un des chefs de l'opposition conservatrice.

Nommé ministre des Affaires étrangères en 1951, lors du retour au pouvoir de Churchill, il lui succède au poste de Premier ministre le . Il est décoré de l'ordre de la Jarretière (KG) le [6].

Ses rapports avec les États-Unis furent quelquefois tendus. Il se plaignit ainsi que le gouvernement américain espérait que les anciens territoires coloniaux britanniques, « une fois libérés de leurs maîtres, deviendraient dépendants économiquement et politiquement des États-Unis[7]. »

En , partageant la même analyse que Guy Mollet sur la nationalisation par Nasser du canal de Suez, il engage le Royaume-Uni dans l'expédition militaire de Suez aux côtés de la France, mais doit mettre fin aux opérations sous la pression des Américains. Le , il se retire de la vie politique officiellement pour raisons de santé, mais en réalité parce qu'il subissait une durable impopularité due à l'échec de l'expédition de Suez et est remplacé par Harold Macmillan. Il se consacre alors à l'écriture.

Le , il est fait vicomte Eden et comte d'Avon[8].

Autres activitésModifier

Eden a été chancelier de l'université de Birmingham de 1945 à 1957. Il parlait le français parfaitement ainsi que le persan, l'arabe, l'allemand et le russe. Lors de la Conférence de Genève, en 1954, il parla en français avec le Premier ministre chinois, Chou-En laï.

Son fils aîné Simon (1924-1945) est tué pendant les dernières semaines de la guerre, alors qu'il était navigateur d'un appareil de la RAF volant au-dessus de la Birmanie, tandis que son fils benjamin Nicholas (1930-1985), 2e et dernier comte d'Avion, sera ministre de Margaret Thatcher, mais il mourra prématurément du sida. Il divorce de sa première femme Béatrice (1905-1957) qui lui avait donné trois fils, dont l'un mort en bas âge, et épouse en 1952 une nièce de Churchill, Clarissa (née en 1920).

Il tombe gravement malade alors qu'il était en visite chez son vieil ami, Averell Harriman, ancien conseiller de Roosevelt pendant la guerre et doit être rapatrié d'urgence en Grande-Bretagne ; il meurt dès son arrivée le à Salisbury.

Anthony Eden est l'auteur de Mémoires, traduits en français chez Plon en 1960. Il y traite de la Corée, de l'Indochine, de Trieste, du Proche-Orient, de la construction européenne et de l'affaire de Suez. Malgré le titre La vérité sur l'affaire de Suez, Anthony Eden omet toute référence à l'alliance secrète formée par le Royaume-Uni et la France avec Israël lors des Protocoles de Sèvres. Il maintient, malgré l'évidence, que les gouvernements britannique et français sont intervenus pour séparer les troupes israéliennes et égyptiennes dans le Sinaï.

Il apparaît dans le documentaire Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls.

DistinctionsModifier

Au titre de sa participation à la Première Guerre mondiale, il reçoit la croix militaire. Plus tard, il est décoré de l'ordre de la Jarretière en et est membre du Conseil privé.

Dans la fictionModifier

Au cinémaModifier

À la télévisionModifier

RéférencesModifier

Ouvrages abordant sa carrière aux Affaires étrangèresModifier

  • Roger Faligot, Les Services spéciaux de sa Majesté, Messidor / Temps actuels, .
  • Colonel David Smiley (trad. de l'anglais), Au cœur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6 [« Irregular Regular »], Sceaux, L’Esprit du Livre, , 344 p. (ISBN 978-2-915960-27-3) — Les mémoires d'un officier du SOE en Albanie en 1943-44 puis du SOE en Asie du Sud-Est et enfin du MI6 après guerre (Pologne, Albanie, Oman, Yémen).
  • (en) Stephen Dorril, MI6 : Inside the Covert World of Her Majesty's Secret Intelligence Service, New York, The Free Press, , 907 p. (ISBN 0-7432-0379-8, présentation en ligne)
  • François Kersaudy, De Gaulle et Churchill,
  • Antoine Capet, Churchill : Le Dictionnaire, Paris, Perrin, , 867 p., p. 539-542

AnnexesModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier

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