Céphisodote l'Ancien

sculpteur grec

Céphisodote l'Ancien est un sculpteur athénien du début du IVe siècle av. J.-C. (v. 400-370 av. J.-C.).

Céphisodote l'Ancien
Biographie
Époque
Activité
Enfant

BiographieModifier

Sa vie est très mal connue. Il est habituellement considéré comme le père de Praxitèle, bien que la filiation ne puisse être établie avec certitude : Praxitèle ne cite pas le nom de son père dans ses signatures, et son apogée, que Pline l'Ancien situe lors de la 102e olympiade (c'est-à-dire 372-369 av. J.-C.[1]), paraît bien proche de celui de son fils. Le fait que le fils de Praxitèle s'appelle également Céphisodote tend toutefois à corroborer la filiation : l'usage grec est que le fils aîné porte le nom de son grand-père paternel[2]. Il est également possible que Céphisodote soit non pas le père, mais le beau-père de Praxitèle[3]. Enfin, on sait que sa sœur a été la première épouse du stratège Phocion[4].

Il semble d'après les textes anciens que sa sphère d'activité ait été relativement limitée, centrée sur l'Attique[5].

ŒuvresModifier

Son œuvre la plus connue est une Eiréné portant Ploutos (c'est-à-dire la Paix portant la Richesse), qui correspond certainement à une commande à l'occasion de l'un des deux congrès panhellénique pour la paix, dont le premier a lieu en 374 av. J.-C. et le second en 371 av. J.-C.[6] Pausanias la voit installée sur l'agora d'Athènes pendant sa visite de la ville[7] Elle a été reconnue en 1839 dans une statue romaine qui a figuré dans les collections Albani avant de rejoindre la glyptothèque de Munich[8]. Une autre copie, peut-être plus fidèle, a été trouvée à Cumes en Grande Grèce[8] ; elle est aujourd'hui conservée au musée archéologique de Naples.

Céphisodote est également l'auteur d'un groupe de « Mercure nourrissant Dionysos petit[9] », sujet qui se rapproche étrangement de l’Hermès portant Dionysos enfant trouvé à Olympie, et dont l'attribution à Praxitèle est très disputée.

Les textes anciens attribuent à Céphisodote d'autres œuvres dont il n'est pas bien certain qu'il s'agisse du grand-père ou du petit-fils[10] :

NotesModifier

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] (XXXIV, 50).
  2. Sarah B. Pomeroy, Families in Classical and Hellenistic Greece. Representations and Realities, Oxford University Press, 1997, p. 72-73.
  3. V.C. Goodlett, Collaboration in Greek Sculpture: The Literary and Epigraphic Evidence, thèse de Ph.D., New York University, Institute of Fine Arts, p. 172.
  4. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne] (Vie de Phocion, 19).
  5. Ridgway, p. 259.
  6. Rolley, p. 211.
  7. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] (I, 8, 2 et IX, 16, 1).
  8. a et b Rolley, p. 212.
  9. Pline (XXXIV, 87).
  10. Rolley, p. 214.
  11. Zosime, Histoire nouvelle (V, 24).
  12. Pline (XXXIV, 74) ; Pausanias (I, 1, 3).
  13. Pausanias (VIII, 30, 10).

BibliographieModifier

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  • Marion Muller-Dufeu, La Sculpture grecque. Sources littéraires et épigraphiques, Paris, éditions de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts, coll. « Beaux-Arts histoire », (ISBN 2-84056-087-9), p. 454-459, nos 1313-1324.
  • (en) Brunilde Sismondo Ridgway, Fourth-Century Styles in Greek Sculpture, Madison, University of Wisconsin Press, (ISBN 0-299-15470-X), p. 259-261.
  • Claude Rolley, La Sculpture grecque, vol. II : La période classique, Manuels d'art et d'archéologie antiques, Picard, (ISBN 2-7084-0506-3), p. 212-213.

Liens externesModifier