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Bozio

piève de Corse

Bozio (en corse Boziu /ˈbod͡zju/) est une ancienne piève de Corse. Située dans le centre-est de l'île, elle relevait de la province de Corte sur le plan civil et du diocèse d'Aléria sur le plan religieux.

GéographieModifier

SituationModifier

Au XVIe siècle, la piève de Bozio confinait à celles de Talcini, de Venaco, de Rogna, de la Serra, d'Orezza et de Vallerustie.

« Elle contient quatre cents feux répartis en onze villages ; le plus connu aujourd'hui est celui de la Rebbia, où habitent les principaux personnages de la piève. Les habitants de cette piève sont très bons agriculteurs ; le pays produit des céréales, du vin et des châtaignes ; il produit aussi de l'huile, mais en petite quantité. »

— Mgr Agostino Giustiniani in Description de la Corse, traduction de Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse Tome I, p. 37

 
Panneau Centre Corse du PNRC.

De nos jours, le Bozio pour partie[Note 1], compose avec la Caccia, le Niolo, la Giovellina, le Cortenais et le Venacais, l'un des onze secteurs opérationnels du parc naturel régional de Corse : le territoire du Centre Corse (Centru di Corsica).

Bozio a pour pièves limitrophes :

  Talcini Vallerustie Orezza  
Talcini N Alesani
O    Bozio    E
S
Venaco Rogna Serra

CompositionModifier

La piève de Bozio correspond au territoires des actuelles communes de :

HistoireModifier

Article détaillé : Sambucucciu d'Alandu.

« [...] la piève de Bozio, qui confine à celles de Talcini, de Venaco, de Rogna, de la Serra, d'Orezza et de Vallerustie. Elle contient quatre cents feux répartis en onze villages ; le plus connu aujourd'hui est celui de la Rebbia, où habitent les principaux personnages de la piève. Les habitants de cette piève sont très bons agriculteurs ; le pays produit des céréales, du vin et des châtaignes ; il produit aussi de l'huile, mais en petite quantité. »

— Mgr Agostino Giustiniani in Description de la Corse, traduction de Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse Tome I, p. 37

La piève du Bozio a vu naître les deux révolutions majeures de l'histoire de la Corse. En 1357, Sambucucciu d'Alandu prend la tête de la révolte anti-féodale visant initialement les seigneurs Cortinchi qui dominaient le Bozio, mais qui verra progressivement la destitution (du moins provisoire) de presque tous les seigneurs de Corse et la destruction de presque tous leurs châteaux.

En 1729 c'est le village de Bustanicu qui sera le berceau de la guerre qui débouchera sur la proclamation de l'indépendance de la Corse menée par Pasquale Paoli. Alors sous domination génoise, la Corse durement malmenée par la République italienne se voit obligée de verser un nouvel impôt, dit des dui seini. À Bustanicu les officiers génois chargés de la récolte de cet impôt se montrent impartiaux avec un vieillard du nom de Cardone Defranchi (écrit par erreur "Lanfranchi" dans divers livres d'histoire). Les villageois prennent alors sa défense et chassent les officiers génois, obligés de rebrousser chemin et de regagner Corte. Les cloches de l'église sonnent à la volée et la révolte gagne peu à peu les villages puis les pièves voisines. Oppressées et exaspérées par une administration génoise très dure, les populations des villages de l'intérieur entrent alors en guerre contre la présence génoise en Corse. Cet événement est reconnu comme l'élément déclencheur de la révolte de la Corse qui débouchera sur l'indépendance de l'île.

La piève civileModifier

Vers 1520, la piève comptait environ 2 000 habitants. Elle avait pour lieux habités : la Rebia, Arbitro, lo Pè de la Corte, la Casella, li Alzi, Arando, lo Pogio, Bostanico, Cormano, lo Castello, lo Favalello.

Plus d'autres villages aujourd'hui disparus dont on peut retrouver la trace dans les listes des Taglie au XVIe siècle.

Les habitants du Bozio sont les Buzinchi.

Au début du XVIIIe siècle, dans un rapport que lui avait demandé Gênes, l'abbé Accinelli écrivait :

« Otto numerose Pieui con 14470.abitanti formano la Prouincia, e Giurisditione di Corte, compartite in colline, e montagne assai aspre. Le Pieui sono Tralcini, Uenaco, Castello, Bozio, Giouellina, Uallerustie, Niolo, e Rogna. [...] Bozio, che in distanza di sole 8.miglia da Corte, benche numerosa di Uilaggi conta solamente 1350.abitanti. Scarza di oglio, e di uino, abbonda di Castagne, i suoi principali luoghi sono : Faualello, Sermano, Castellaro, Allando, Rebbia, Massola, Alzi, Pièdi Corte, Bustanico, et Arbitro. »

— Francesco Maria Accinelli in L’histoire de la Corse vue par un Génois du XVIIIe siècle - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974.

La population de la pieue de Bozio était de : Favalello 72. Sermano 149. Castirla 179. Allando 159. Rebbia 189. Casanova, e Castello 164. Alzi 82. Pie di Corte 168. Bustanico 199. Arbitro 89[1].

En 1789, le canton créé pour l'ensemble du Mercurio et du Bozio prit même, comme premier nom, celui de "Cantone di Mercurio". Puis il s'écrivit successivement "cantone di Bozio", "cantone di Sermano". Enfin, jusqu'en 1973, le politonyme devint "canton de Sermano".

Actuellement, le Bozio fait partie du canton de Bustanico avec la piève de Vallerustie et la partie de la piève de Rogna en rive gauche du Tavignano. Attention toutefois à ne pas confondre la piève de Bozio et le canton actuel de Bustanico. La confusion est régulièrement faite dans les médias corses.

De nos jours, les communes du Bozio constituent avec celles des anciennes pièves de Caccia, Niolo et Giovellina, le Cortenais et le Venacais, un territoire du Centre Corse (Centru di Corsica). La moitié nord de son territoire se trouve dans le parc naturel régional de Corse.

La piève religieuseModifier

Bozio relevait du diocèse d'Aléria, qui rapportait 2 000 scudi d'oro et contenait 19 pièves : Giovellina, Campoloro, Verde, Opino, Serra, Bozio, Allessani, Orezza, Vallerustie, Tralcini, Venaco, Rogna, Corsa, Covasina, Castello ò sia Vivario, Niolio, Carbini, et Aregno in la Balagna. « L’Ughelli però dice (Ital.Sacr.Tom.III) contenere la sua Diocesi 60.Parochie con 14. conventi di Frati, e fruttare alla Camera di Roma 300.Fiorini, et avere di redito 4000.scudi Romani. »[1].

L'église piévane, ou « piève » du Bozio se trouvait sur la commune de Sermano, à 15 minutes de marche du village. Les lieux-dits U Collu di a Pieve et San Ghjuvanni en attestent. Elle était dédiée à San Ghjuvanni Battista. Aujourd'hui il ne reste plus grand-chose de visible de cette église. Seules subsistent quelques pierres.

Geneviève Moracchini-Mazel date ces vestiges du IXe et Xe siècles[2]. Elle rapporte une tradition orale selon laquelle une deuxième église dédiée à San Quilicu jouxtait celle de San Ghjuvanni. Une autre tradition orale rapporte que les pierres de ces monuments ont servi pour construire l'église paroissiale de Sermano, dédiée à l'Annunziata et située dans le village. Parmi ces matériaux, un linteau qui surmonte la porte latérale nord représente des cerfs s’abreuvant dans un calice, vieux thème remontant aux âges paléochrétiens, pourrait provenir de l'ancienne église piévane de San Ghjuvanni Battista, d'après Genevière Moracchini-Mazel.

À partir du XVIIIe siècle, le titre d'église piévane est transféré à l'église de Sant'Andréa-di-Bozio.

PatrimoineModifier

Petite microrégion du centre montagneux de la Corse, le Bozio est durement frappé par la désertification de l'intérieur de l'île. Le Bozio a la particularité d'avoir maintenu de manière particulièrement vivace la tradition du chant polyphonique : paghjella, terzettu et messe chantée. C'est également une terre de tradition de violoneux. Un festival de musiques traditionnelles à danser s'est ainsi tenu pendant quelques années dans le village de Sermanu en hommage à ces violoneux aujourd'hui disparus.

Le Bozio possède également un riche patrimoine bâti et de nombreux édifices religieux. Voici quelques-uns des plus remarquables :

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse Tome I, Bulletin de la Société des sciences historiques & naturelles de la Corse – Imprimerie et Librairie Veuve Eugène Ollagnier - Bastia, 1888 - disponible sur Gallica.
  • Francesco Maria Accinelli in L’histoire de la Corse vue par un Génois du XVIIIe siècle - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974 [1].

Articles connexesModifier