Boulevard de Sébastopol

boulevard de Paris, France

1er, 2e, 3e, 4e arrts
Boulevard de Sébastopol
Image illustrative de l’article Boulevard de Sébastopol
Vue du boulevard.
Situation
Arrondissements 1er
2e
3e
4e
Début 12, avenue Victoria
Fin 9, boulevard Saint-Denis
Morphologie
Longueur 1 332 m
Largeur 30 m
Historique
Création 1854 (DUP)
Dénomination 1855
Ancien nom Boulevard du Centre
Géocodification
Ville de Paris 8525
DGI 8894
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Boulevard de Sébastopol
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Le boulevard de Sébastopol, anciennement boulevard du Centre, est un boulevard parisien qui sépare les 1er et 2e, d'une part, des 3e et 4e arrondissements d'autre part.

En 2020, le boulevard accueille une voie cyclable séparée bidirectionnelle, qui devient la piste la plus fréquentée de Paris[1]. Le 7 octobre 2020, l'adjoint transport de Paris annonce l'élargissement de la voie cyclable[2].

Situation et accèsModifier

 
Le boulevard de Sébastopol à proximité de la rue de Rivoli, vu en direction du tribunal de commerce.

Long de 1 332 mètres et large de 30, il part de la place du Châtelet et se poursuit au nord par le boulevard de Strasbourg. C'est d'abord une voie de grande circulation pourvue de trois voies automobiles et un couloir de bus. Bien qu'il comporte quelques restaurants et de nombreuses boutiques, le boulevard de Sébastopol n'est pas réellement un lieu de loisir, contrairement au Marais et aux Halles entre lesquels il s'interpose.

En son extrémité sud, on peut apercevoir la coupole du tribunal de commerce de Paris qui se situe sur l’île de la Cité.

Ce site est desservi par les stations de métro Châtelet, Étienne Marcel, Réaumur - Sébastopol et Strasbourg - Saint-Denis.

C'est la seule voie parisienne à passer par quatre arrondissements (à l'exception du Boulevard Périphérique et de la voie Georges Pompidou).

Origine du nomModifier

Le nom de cette voie perpétue le souvenir du siège de Sébastopol, durant la guerre de Crimée.

HistoriqueModifier

Le boulevard de Sébastopol est l'une des voies les plus importantes percées par Haussmann lors des travaux de transformation de Paris. Il constitue un élément important du nouveau grand axe nord-sud qui traverse le centre de Paris et constitue l'axe d'accès à la gare de l'Est.

Le percement de cette voie est déclaré d'utilité publique en 1854 en même temps que celui de la rue de Turbigo et du prolongement de la rue Réaumur[3]. Tout d'abord nommé « boulevard du Centre », il est renommé « boulevard de Sébastopol » quelques jours après la victoire remportée le , par les troupes de Napoléon III[4].

 
Le boulevard vu depuis la tour Saint-Jacques.

Le boulevard est inauguré en 1858. Dans cette partie le boulevard nouveau a absorbé, englobé ou supprimé :

Pendant quelques années, le boulevard de Sébastopol se poursuit sur la rive gauche jusqu'à la rue Cujas ; cette section recevra en 1867 le nom de boulevard Saint-Michel.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

  • Le boulevard de Sébastopol est cité dans la chanson Viens Fifine chantée par Jean Gabin[7].
  • Le boulevard Sébastopol a inspiré la chanson Mon Sébasto, composée par Jean-Roger Caussimon et Léo Ferré, en 1957.
  • No 17 : Éden-Concert, ancienne salle de spectacle parisienne.
  • No 19 : emplacement, d'août 1943 à août 1944, des bureaux du journal Le Franc-Tireur.
  • Nos 101-103 : ancien immeuble Félix Potin, actuellement occupé par un magasin de l'enseigne Monoprix. En janvier 2015, lors de travaux effectués dans les caves du magasin Réaumur-Sébastopol, on découvre 8 fosses communes comprenant en tout plus de 200 squelettes. Ces ossements proviendraient du cimetière de la Trinité[8],[9],[10].
  • Arrière de l'église Saint-Leu-Saint-Gilles.
  • Le boulevard de Sébastopol est cité dans l'appel de l'abbé Pierre le 1er février 1954 : « Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à 3 heures sur le trottoir du boulevard de Sébastopol ».
  • En juin 1974, une manifestation de nuit y réunit plusieurs centaines de féministes, qui souhaitent dénoncer le fait que les femmes violées sont traitées en coupable, « soupçonnées d'avoir été imprudentes ou provocantes au motif qu'elles ont parlé à des inconnus ou sont sorties tard le soir, seules, sans protecteur » note l'historienne Séverine Liatard[11].

IconographieModifier

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RéférenceModifier

  1. « A Paris, les "coronapistes" seront pérennisées, "une première étape" salue l'association Paris en Selle », sur France Bleu, (consulté le 11 octobre 2020)
  2. « https://twitter.com/david_belliard/status/1313863597651615744 », sur Twitter (consulté le 11 octobre 2020)
  3. Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), (lire en ligne), « Décret du 29 septembre 1854 », p. 286.
  4. Ibid., p. 285 [lire en ligne].
  5. Marquis Félix de Rochegude (Marie Joseph Edouard Félix de Robert d'Aquéria, marquis de Rochegude), Promenades dans toutes les rues de Paris par arrondissements, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1910.
  6. Cadastre de l'îlot de la Trinité sur les AD de Paris.
  7. Paroles de Viens Fifine.
  8. « Les surprises des sous-sols du boulevard Sébastopol à Paris : archéologie du cimetière de la Trinité sur le site de l'INRAP », www.inrap.fr.
  9. Diaporama : un cimetière du Moyen Âge sous le Monoprix de Réaumur-Sébastopol, france3-regions.francetvinfo.fr.
  10. « Plus de 200 squelettes retrouvés sous un supermarché à Paris », www.lexpress.fr, 28 février 2015.
  11. Séverine Liatard, « Comment le viol est devenu un crime », L'Histoire n°470, avril 2020, p. 12-18.

LiensModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier