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Rue des Lombards

rue de Paris, France

1er, 4e arrts
Rue des Lombards
Image illustrative de l’article Rue des Lombards
Rue des Lombards vue de la rue Sainte-Opportune.
Situation
Arrondissements 1er
4e
Quartiers Halles
Saint-Merri
Début 4, rue Sainte-Opportune
Fin 11, rue Saint-Martin
Morphologie
Longueur 228 m
Largeur 13 m
Géocodification
Ville de Paris 5677
DGI 5738

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue des Lombards
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

La rue des Lombards est une voie piétonne, ancienne, située dans les premier et quatrième arrondissements de Paris.

Situation et accèsModifier

Cette voie se trouvant entre la rue de Rivoli au sud, le centre Pompidou au nord, le quartier des Halles à l'ouest et celui du Marais à l'est, cette rue est une des plus anciennes et des plus vivantes de Paris. Elle accueille notamment plusieurs clubs de jazz.

La rue des Lombards permet de rejoindre la rue Sainte-Opportune depuis le boulevard de Sébastopol. Autrement dit, elle permet de rejoindre le cœur du quartier de Châtelet les Halles. À son autre extrémité, elle trouve son prolongement naturel dans la rue de la Verrerie, et ensuite dans la rue du Roi-de-Sicile, traversant ainsi de part en part le quartier du Marais et ses bars.

Tout comme le quartier où elle se situe, la rue est extrêmement animée et hétéroclite. On y trouve des bars en tout genre : gays, hard-rock-métal, clubs de jazz, pubs anglo-saxons, bistrots auvergnats, bars à chichas, etc.

Le Sunset-Sunside, le Baiser Salé et le Duc des Lombards rappellent qu'elle fut une des rues où se concentrait l'animation jazz des nuits parisiennes.

Elle est de nos jours un des hauts lieux de la vie gay parisienne.

Elle est accessible par les lignes        à la station Châtelet et par les lignes     à la station Hôtel de Ville, par la gare RER Châtelet - Les Halles (lignes A, B et D), ainsi que par de nombreux bus.

Origine du nomModifier

Elle tire son nom des changeurs lombards qui s'y étaient établis au XIIIe siècle.

HistoriqueModifier

Cette rue était complètement bâtie en 1250. En 1300, elle portait le nom de « rue de la Buffeterie ».

Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris, de Guillot de Paris, sous le nom de « rue de la Buffeterie » ; « buffetier » signifiant, en vieux français, marchand de vins[1].

Son nom actuel lui fut donné en 1322, date à laquelle les Lombards, commerçants, banquiers et usuriers, s'installent dans le quartier, dont notamment la famille des Tolomei. Les Lombards étant connus pour leur sens du commerce, ce terme était devenu synonyme d'usurier :

« Dieu me garde de quatre maisons,
De la taverne, du Lombard,
De l'hospital et de la prison. »

— Gabriel Meurier, Trésor des Sentences, XVIe siècle.

De 1612 à 1636, elle est appelée « rue de la Pourpointerie[2] ». Les pourpointiers confectionnaient des pourpoints, un habillement masculin.

En 1877, la rue de l'Aiguillerie, située entre la rue Saint-Denis et la rue Sainte-Opportune[3], est annexée à la rue des Lombards.

Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI () signée Letourneux fixe la moindre largeur de cette voie publique à 10 mètres[2]. Cette largeur est portée à 13 mètres, en vertu d'une ordonnance royale du 19 juillet 1840.

En 1971, la photographe Jane Evelyn Atwood s’installe à Paris. Elle commence à photographier le milieu de la prostitution parisienne, en particulier dans la rue des Lombards[4].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

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Maison du poids du RoiModifier

Cette maison, qui était située rue des Lombards, existait encore au début du XVIIIe siècle. On y déposait les étalons ou modèles des poids et mesures.

Jusqu'au règne de Louis VII, les rois de France étaient les seuls propriétaires de cet établissement et des privilèges qui y étaient attachés[9].

La propriété fut ensuite cédée à diverses personnes avant d'être acquise définitivement par le chapitre de Notre-Dame qui l'a conservée jusqu'à la Révolution.

En 1321, le prévôt de Paris, sur l'ordre qu'il en reçut du parlement de Paris, fit ajuster les poids à la Monnaie, alors située rue de la Vieille-Monnaie. Il fut fait trois étalons dont l'un fut remis aux épiciers, et les deux autres déposés à la Monnaie et au poids du roi. En 1484, ce droit leur fut conféré par de nouvelles ordonnances. Ils l'exerçaient à l'égard de toute espèce de marchands ; les orfèvres seuls relevaient directement de la Monnaie. Les épiciers étaient accompagnés, dans leurs visites, d'un juré-balancier nommé par le prévôt de Paris, sur leur présentation.

Jusqu'en 1434, les poids dont on se servait n'étaient que des masses de pierre, façonnées et ajustées.

Philippe V le Long, par son règlement de 1321, avait formé le dessein d'établir en France une seule et même mesure. Pour les frais de cette réforme, il proposa un subside ; l'impôt ne put se lever, et l'ordonnance tomba dans l'oubli. Louis XI eut plus tard la même pensée ; la noblesse s'opposa, ainsi que le clergé, à cette amélioration.

Par un décret du 1er août 1793, la Convention ordonna cette uniformité, et par son décret du 18 germinal an III (7 avril 1795) fixa l'époque où elle deviendrait obligatoire. C'est au savant Prieur de la Côte-d'Or qu'est due l'adoption de l'unification du système métrique et l'usage du calcul décimal.

OuvrageModifier

RéférencesModifier

  1. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.
  2. a et b Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.
  3. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 6 [lire en ligne].
  4. Jane Evelyn Atwood, Histoires de prostitution. Paris 1976-1979, loeildelaphotographie.com.
  5. Michelle Zancarini-Fournel, Les Luttes et les Rêves : une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, Paris, Éditions La Découverte, , 995 p. (ISBN 9782355220883), chap. 7 (« À la conquête d'un monde nouveau ? (1831-1848) »), p. 251.
  6. Philippe Marquis, « La fouille des 12, 14, rue des Lombards à Paris (IVe arr.) », Cahiers de la Rotonde, Paris-Rotonde de la Villette, no 21, 1999, p. 1-119 (ISBN 2-85738-009-7).
  7. Albert Cim, « Un oublié : le chansonnier Émile Debraux, roi de la goguette (1796-1831) », Le Ménestrel, p. 284, 4 septembre 1909. Cet hebdomadaire a publié du 3 juillet au 9 octobre 1909 une biographie d'Émile Debraux en 13 épisodes, tous disponibles sur Gallica.
  8. Jean-Paul Barbier, Nicolas Appert inventeur et humaniste, Éditions Royer, Paris, 1994 ; www.appert-aina.com.
  9. Henri Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris.
  10. Rencontre avec la photographe Jane Evelyn Atwood, autour de son livre Rue des Lombards

BibliographieModifier

Voir aussiModifier