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Boris Ier
Illustration.
Boris Ier de Bulgarie
Titre
khan puis tsar de Bulgarie
Prédécesseur Pressian Ier
Successeur Vladimir-Rassaté
Biographie
Nom de naissance Boris
Lieu de naissance Bulgarie
Date de décès
Lieu de décès Bulgarie
Père Pressian Ier
Enfants Vladimir-Rassaté
Gavril
Siméon Ier
Yakov
Evpraksiya
Anna
Souverains de Bulgarie

Tsar Boris Ier, Saint Tsar Boris Ier, le Baptiseur, aussi appelé Boris-Mihail (Michel), en bulgare: Борис I (Михаил), ou Bagoris/Bogoris ou Buric (? – 7 avril ou 2 mai 907) fut le souverain de la Bulgarie de 852 à 889 et son premier monarque chrétien. Lors de son baptême en 864, Boris fut baptisé Michel en l'honneur de son parrain, l'empereur byzantin Michel III.

Sommaire

Début de règneModifier

Boris I était le fils et successeur de Pressian Ier de Bulgarie. Au moment de son accession au trône, Boris est en campagne en Macédoine, et la Bulgarie fait l'objet d'une invasion par les Francs orientaux, victorieux contre Boris et ses alliés Slaves en 853. La paix avec les Francs est restaurée en 855, et Boris retourne son attention vers les tensions sur la frontière Bulgaro-Byzantine, posant un ultimatum au gouvernement impérial de Constantinople. La crise est évitée et Boris s'allie avec le roi Louis le Germanique des Francs orientaux contre le Prince Rastislav du royaume slave de Grande Moravie et le souverain de la Croatie. Les alliés obtiennent quelques succès en 863, mais Boris est battu lors de son invasion de la Serbie de Mutimir, ce qui amène le monarque à signer la paix à la fois avec la Croatie et la Serbie. Malgré ces revers, Boris parvient à maintenir l'intégrité territoriale de son royaume.

BaptêmeModifier

Sous le règne de Boris Ier, le premier Empire bulgare englobe un périmètre comprenant les actuelles Albanie (sauf la côte), Kosovo, Serbie orientale, Bulgarie, Macédoine (sauf la côte), Roumanie, Moldavie et Sud-Ouest de l'Ukraine (actuelle oblast d'Odessa)[1]. La noblesse proto-bulgare dont Boris était issu, était adepte de la religion du tengrisme[2]. Dans ce contexte, la conversion de Boris lui-même au christianisme pouvait entraîner à sa suite celle de la noblesse proto-bulgare et, par là-même, assurer l'autorité de celle-ci sur les autres populations et les soustraire à l'influence grecque. Boris s'enquiert donc d'un éventuel baptême auprès de Louis le Germanique en 863, alors que la Bulgarie est envahie par l'Empire byzantin pendant une période de famine et de catastrophes naturelles. Finalement, Boris est forcé de parlementer et accepte de se convertir au christianisme oriental, obtenant en contrepartie la paix et des concessions territoriales en Thrace. Au début de l'année 864, Boris est baptisé en secret à Pliska par une ambassade de popes byzantins, avec sa femme, qui reçut le nom de Marie, suivie par sa famille et plusieurs membres de la noblesse bulgare. L'empereur Michel III étant son parrain, Boris prend Michel comme nom de baptême.

Mais sa conversion provoque un soulèvement de certains de ses nobles proto-bulgares, attachés au tengrisme : leur révolte est réprimée dans le sang en 865, avec l'exécution de 52 boyards et leurs familles.

Conversion des Proto-Bulgares au christianismeModifier

Boris s'enquiert également auprès du Patriarche de Constantinople Photios Ier pour des enseignements sur la manière de suivre une vie de chrétien, et également la possibilité d'établir une église bulgare autocéphale. Déçu par la fin de non-recevoir de Photios concernant l'autocéphalie, il se tourne vers Rome et le pape Nicolas Ier, auquel il envoie des émissaires avec une longue liste de questions en août 866. Le pape lui fait parvenir 106 réponses détaillées concernant la religion, les lois, la politique et la foi, mais évite lui aussi le sujet du statut autocéphale désiré par Boris. Des missionnaires romains sont toutefois envoyés pour encourager la conversion de l'aristocratie bulgare suivant le rite occidental. Craignant le rattachement des dirigeants bulgares à la papauté, le patriarche grec publie en 867 une encyclique dénonçant les pratiques du rite occidental et l'intervention ecclésiastique de Rome en Bulgarie. Ceci provoque le Schisme de Photios.

Toutefois la nomination par Boris du légat du pape, l'évêque Formose (qui deviendra pape en 891), au titre d'archevêque de Bulgarie est rejetée par le pape. Le pape Adrien II qui succède à Nicolas Ier récuse en effet au souverain temporel le droit de nommer les archevêques, que ce soit Formose, ou le diacre Marin (qui deviendra le pape Marin Ier en 881). À la suite de ces refus, Boris se tourne à nouveau vers Constantinople, d'autant que ses sujets slaves, valaques et grecs suivaient depuis au moins trois siècles le rite byzantin[2]. Au quatrième concile de Constantinople de 870, l'Église orthodoxe bulgare est rattachée au patriarcat de Constantinople et obtient le titre d'église autocéphale. La papauté l'accepte alors à son tour en son sein, sans affecter son statut de l'église autocéphale, mais lors de la séparation des Églises d'Orient et d'Occident, l'église bulgare choisira le giron de Constantinople.

En 886, des disciples de Saint Cyrille et Saint Méthode sont accueillis par le gouverneur de Boris à Belgrade après que ceux-ci eurent été exilés de Grande-Moravie, et sont envoyés auprès de Boris à Pliska. Deux de ces disciples, Clément d'Okhrid et Naum de Preslav, fondent des écoles à Pliska et Ohrid destinées à développer la littérature et la liturgie slavonne, utilisant l'alphabet glagolitique développé par Cyrille et Méthode. Parallèlement à ce développement de la liturgie, Boris poursuit également la construction d'églises et de monastères dans son royaume. Mais l'action des disciples de Cyrille et Méthode inquiète la noblesse bulgare car elle accroît l'influence croissante des Grecs dans les affaires internes du royaume[2].

En 889, Boris abdique une première fois et se fait moine au monastère de Tiča. Son fils et successeur, Rassaté-Vladimir, tente alors une restauration du tengrisme, amenant Boris à revenir au pouvoir en 893. Après avoir vaincu et fait aveugler Vladimir[3], Boris place son troisième fils, Siméon Ier sur le trône, le menaçant du même sort en cas d'apostasie. Craignant toujours les tendances frondeuses de ses boyards, Boris convoque en outre le Concile de Preslav de 893, qui bannit le clergé grec du pays, le remplace par des popes slavons et, à la place du grec byzantin, adopte le vieux-slave comme langue liturgique et de chancellerie dans l'ensemble du royaume (il le restera, dans les principautés danubiennes, jusqu'au XVIIe siècle). Ce concile apaise ainsi les craintes de la noblesse bulgare.

En 895 Boris reprend les armes pour aider Siméon Ier à vaincre les Magyars alliés aux Byzantins, qui avaient envahi la Bulgarie. C'est sa dernière campagne militaire.

Abdication et mortModifier

Boris abdique et reprend définitivement sa vie monastique en 898. Il meurt le 7 avril ou 2 mai 907 : cette dernière date est devenue jour de sa fête comme saint.

Fils et fillesModifier

Boris et Maria furent les parents de :

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Andreev 1996, p. 73-75.
  2. a, b et c Andreev 1996, p. 87.
  3. Selon Hélène Ahrweiler, Louis Bréhier et Georg Ostrogorsky, un souverain bulgare, serbe ou byzantin n’est qu’un « servant et lieutenant de Dieu » (ἐργαστὸς καὶ λοχαγὸς τοῦ Θεοῦ) dont les actes expriment la volonté divine. Cette conception a deux conséquences : tant que le souverain a les faveurs de Dieu (c'est-à-dire : « sait lire ses desseins »), le révolté ou l’ennemi est un adversaire de Dieu (θεομάχος), voire un sacrilège (καθοσίωσις) ; mais si le souverain perd, s’il est « aveugle » face aux desseins de Dieu, alors c’est lui qui devient un ennemi de Dieu, et c’est son adversaire qui devient un « servant et lieutenant » du Seigneur. Dans les luttes dynastiques, chaque parti est persuadé d’être « dans la Lumière » et de lutter contre l’aveuglement de ses adversaires, qui, eux, sont « dans l’Obscurité ». Les vaincus le sont parce qu’ils n’ont pas su lire la volonté divine et c’est pourquoi ils sont souvent physiquement aveuglés avant d’être exécutés, exilés ou contraints de se faire moines.
  • Jordan Andreev, Ivan Lazarov, Plamen Pavlov, Koj koj e v srednovekovna Bălgarija, Sofia 1999.
  • John V.A. Fine Jr., The Early Medieval Balkans, Ann Arbor, 1983. (en anglais)
  • Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les Princes caucasiens et l'Empire du VIe au IXe siècle, 2006 [détail des éditions].