Beggars Banquet

album studio des Rolling Stones

Beggars Banquet
Description de l'image BeggarsBanquetLP.jpg.
Album de The Rolling Stones
Sortie
Enregistré 17 mars - 25 juillet 1968
Olympic Studios, Londres
Durée 39:47
Genre Blues rock
Format 33 tours
Auteur-compositeur Jagger/Richards
Producteur Jimmy Miller
Label Decca / ABKCO (Royaume-Uni)
London / ABKCO (États-Unis)
Critique

Albums de The Rolling Stones

Singles

  1. "Street Fighting Man"
    Sortie : Drapeau des États-Unis 31 août 1968, Drapeau du Royaume-Uni juillet 1971

Beggars Banquet est le septième album studio des Rolling Stones. Sorti fin 1968, il est considéré par les critiques comme leur premier véritable chef-d'œuvre. Après les errances psychédéliques de Their Satanic Majesties Request, les Stones ont trouvé leur voie et vont marquer la décennie à venir[3].

HistoriqueModifier

ContexteModifier

Après l'échec, relatif à la production effectuée par les membres du groupe, de leur album de 1967 Their Satanic Majesties Request, le chanteur Mick Jagger décide que le groupe doit se renforcer sur ce point et en parle à l'ingénieur son Glyn Johns. Ce dernier lui recommande Jimmy Miller, producteur du Spencer Davis Group et de Traffic.

Récemment séparé de son producteur et manager, Andrew Loog Oldham, le groupe se tourne vers Jimmy Miller ; leur association se poursuivra jusqu'en 1973 et l'album Goats Head Soup.

EnregistrementModifier

 
Jean-Luc Godard a filmé les sessions d'enregitrement de «Sympathy for the Devil» et les a incluses dans son documentaire One Plus One.

La pré-production commença mi février 1968 au studio d'enregistrement situé dans la maison du guitariste Keith Richards, située à West Wittering dans le Sussex. Après l'engagement de Jimmy Miller, les essais furent réalisés entre le 21 février et le 14 mars dans les studios R.G. Jones de Morden, dans le Surrey. Ils furent marqués par les absences à plusieurs séances du bassiste Bill Wyman et du guitariste multi-instrumentiste Brian Jones[4]. Ce dernier, sujet à des problèmes de drogue et de type émotionnel, se comportait de manière imprévisible et était peu fiable[5]. Vu la situation, Mick Jagger fut contraint de jouer à la guitare pour la première fois[6]. Des premières sessions naîtront les chansons I'll Coming Home, Rock Me Baby, Hold On! I'm Comin', My Home Is A Prison, No Expectations, Stray Cat Blues et les premiers accords instrumentaux de Jumpin' Jack Flash[7]. No Expectations et Stray Cat Blues seulement seront incluses dans le disque. Le 15 mars les travaux déménagèrent aux studios Olympic de Londres, où se réalisèrent de longues sessions entre 19 heures et 8 heures. Jusqu'au 3 avril, le groupe enregistra Jumpin' Jack Flash / Child Of The Moon tout comme les nouvelles pistes Jigsaw Puzzle et Parachute Woman ; il travailla la base instrumentale de Did Everybody Pay Their Dues? qui s'appellera plus tard Street Fighting Man[6]. Dans Stone Alone (en), Wyman declara que pendant le dernière semaine de mars, il créa le riff caractéristique de Jumpin’ Jack Flash ; cependant, cela ne se retrouve pas dans les crédits de la chanson.

En mai, le groupe enregistra Salt of the Earth, Street Fighting Man, Dear Doctor, Prodigal Son et Factory Girl[4]. Le 28, vers la fin des sessions, Jones fut arrêté pour possession de drogue après qu'on ai trouvé du cannabis à son domicile de Kings Road à Londres : il fut remis en liberté après avoir payé une amende de 2 000 £.

Entre le 4 et le 10 juin eu lieu l'enregistrement de «Sympathy for the Devil». Ces sessions furent filmées par le cinéaste Jean-Luc Godard aux studios Olympic[6] et intégrée à son film One Plus One (connu aux États-Unis comme Sympathy for the Devil), un documentaire sur la contre-culture occidentale de la fin des années 1960. L'équipe d'éclairage de Godard provoqua un incendie dans le toit du studio la dernière nuit de tournage[8]. Heureusement, il n'y eut pas à déplorer de dégâts et les bandes d'enregistrement de l'album furent mises à l'abri. Les dernières sessions d'enregistrement se firent entre le 24 et le 28 juin, les mixages s'achevèrent dans les Sunset Sound Studios de Los Angeles entre le 6 et le 25 juillet.

Beggars Banquet constitua la dernière apparition significative de Brian Jones avec le groupe, étant donné qu'il interviendra seulement sur deux éléments de Let It Bleed. Ce fut aussi le dernier album des Stones à être publié de son vivant. Jones joua de la guitare slide sur No Expectations[9], de l'harmonica sur Parachute Woman, Dear Doctor et Prodigal Son[10], du sitar[11] et du tampura sur Street Fighting Man[12] et le mellotron sur Jigsaw Puzzle et Stray Cat Blues[13]. Il fit aussi la voix de fond avec le reste de la bande sur «Sympathy for the Devil». Parfois, on attribue à tort à Jones d'avoir joué la guitare slide sur Jig-Saw Puzzle, mais les deux guitares de ce morceau sont l'oeuvre de Keith Richards[14],[15].

Les Rolling Stones entrent le aux Olympic Studios à Londres pour enregistrer cet album. Un des premiers titres enregistré est Jumpin' Jack Flash, il sort en single dès le mois de et devient un titre majeur du répertoire du groupe mais ne figure pas sur cet album. L'enregistrement s'achève le et l'album sort le .

C'est aussi le dernier album fini avec Brian Jones. Des guitares, seules les parties de guitare slide sur No Expectations peuvent lui être attribuées, mais on le trouve aussi à l'harmonica, au mellotron, et, sur Street Fighting Man, au sitar et au tambûr. Keith Richards assure la quasi-totalité des guitares dont beaucoup sont acoustiques afin de donner une épaisseur caractéristique au son. Parmi les invités qui participent à l'enregistrement, on trouve Nicky Hopkins au piano, ainsi que Ric Grech, de Family et futur Blind Faith.

Caractéristiques artistiquesModifier

Analyse du contenuModifier

Beggars Banquet marque le retour des Rolling Stones aux sources de leur inspiration musicale. Jamais le blues n'avait été aussi présent, aussi pur que sur cet opus qui donne le ton pour les années à suivre (Let It Bleed, Sticky Fingers, Exile on Main Street). C'est également l'occasion pour eux de marquer leur opposition aux Beatles, à la fois sur le plan politique (le rageur Street Fighting Man fait écho au pacifiste Revolution des Fab Four) et sur le plan philosophique (Sympathy for the Devil est l'un des plus beaux exemples de provocation des Stones). Le disque semble curieusement à contre-courant de l'inspiration hippie de l'époque et relance la popularité du groupe.

Pochette et disqueModifier

Deux pochettes différentes existent pour l'album. Au moment de la sortie du disque, Decca, la maison de disques, refuse la photo proposée par les Stones qui représente des toilettes publiques aux murs couverts de graffitis. Les négociations n'aboutissent pas, retardant la sortie de l'album de deux mois et finalement, les Stones parviennent à un compromis avec Decca en proposant une pochette représentant un carton d'invitation très simple, proposant un "banquet de mendiant" suivi de la mention "RSVP" ("Répondez, s'il vous plaît" emprunt au français). C'est lors de la réédition en CD que la photo des toilettes publiques fait pour la première fois son apparition.

Parution et réceptionModifier

L'album est un succès, il se classe à la 3e place des charts britanniques et à la 5e place du Billboard 200 aux États-Unis. En France, il atteint la première place des charts dans lesquels il reste classé pendant 93 semaines[16]. À l'époque un seul single sort, Street Fighting Man, d'abord aux États-Unis en 1968 puis en Grande-Bretagne en 1971, Sympathy for the Devil sort dans une version remixée en .

Le magazine Rolling Stone place Beggars Banquet en 58e position de ses classements en 2003 et 2012 des 500 plus grands album de tous les temps[17].

Il est cité dans l'ouvrage de référence de Robert Dimery Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, et dans de nombreuses autres listes similaires[2].

Jean-Luc Godard filme une partie de l'enregistrement de l'album qui sort sous le titre Sympathy for the Devil ou One + One.

RééditionsModifier

En août 2002, ABKCO Records réédita Beggars Banquet comme un LP remasterisé au format hybride SACD/CD[18]. Cette version corrigea un important défaut de l'album original, en restaurant chaque chanson à sa bonne vitesse, légèrement plus rapide. En raison d'une erreur lors de la mastérisation, Beggars Banquet s'écouta pendant plus de trente ans à une vitesse plus lente que celle à laquelle elle avait été enregistrée. Cela altéra non seulement le tempo de chaque chanson mais aussi leur ton. Ces différences étaient subtiles mais importantes, et la version remastérisée est environ 30 secondes plus courte que la version originale.

En 2002, la maison de disques russe CD-Maximum lança de façon officieuse l'édition limitée Beggars Banquet + 7 Bonus[19] à partir de laquelle furent créés d'autres bootlegs par une usurpation (contrefaçon) du label allemand Decca : Beggars Banquet (Mono Beggars)[20].

L'album a été réédité en 2010 par Universal Music dans une version japonaise SHM SA-CD[21], tandis que le , ABKCO Records lance une version SHM-CD. Le , ABKCO Records réédite le LP en vinyle[22].

En 2018, l'album est réédité pour son 50e anniversaire.

Liste des chansonsModifier

Toutes les chansons sont de Mick Jagger et Keith Richards, sauf indication contraire.

No Titre Durée
1. Sympathy for the Devil 6:27
2. No Expectations 4:02
3. Dear Doctor 3:26
4. Parachute Woman 2:23
5. Jigsaw Puzzle 6:17
6. Street Fighting Man 3:18
7. Prodigal Son (Robert Wilkins) 2:55
8. Stray Cat Blues 4:40
9. Factory Girl (en) 2:12
10. Salt of the Earth 4:51

PersonnelModifier

The Rolling StonesModifier

Musiciens supplémentairesModifier

Classement et certificationsModifier

Charts album
Date Chart Classement
1968   UK albums chart[23] 3
1969   Billboard 200[24] 5
Charts singles
Date Pays single Chart Classement
1968   Street Fighting Man Billboard Hot 100[24] 48
03/07/1971   UK single charts 21
13/09/2003 Sympathy for the Devil 14

Certifications
Pays Ventes Certification Date
  Canada[25] 50 000+   Or 17/04/1990
  États-Unis [26] 500 000 +   Or 23/12/1968
1 000 000 +   Platine 20/10/1989
  Royaume-Uni[27] 100 000 +   Or 22/07/2013

ReprisesModifier

RéférencesModifier

  1. (en) Richie Unterberger, « Beggars Banquet : Review », Allmusic (consulté le )
  2. a et b (en) « Beggars Banquet », sur www.acclaimedmusic.net (consulté le )
  3. (en) Jann S. Wenner, « Inside the Rolling Stones' 'Beggars' Banquet' », Rolling Stone,‎
  4. a et b (en) Philippe Margotin et Jean-Michel Guesdon, The Rolling Stones All the Songs: The Story Behind Every Track, Black Dog & Leventhal, (ISBN 9780316317740), « "Beggars Banquet: The Wild Men Gorge Themselves" », p. 248-255.
  5. (en) Anthony DeCurtis, « Review: Beggars Banquet », Rolling Stone, (version du 31 janvier 2002 sur l'Internet Archive).
  6. a b et c (en) « Rolling Stones Complete Work 1968 », sur satisfaction.dk (version du 20 février 2009 sur l'Internet Archive)
  7. (en) « Rolling Stones Database 1968 », sur Nzentgraf.de (consulté le )
  8. (es) Davis, Stephen, Rolling Stones. Los viejos dioses nunca mueren, Barcelone, Ediciones Robinbook, (ISBN 84-95601-61-3), p. 196
  9. (en) Martin Elliot, The Rolling Stones: Complete Recording Sessions 1962–2002, Cherry Red Books LTD, (ISBN 1-901447-04-9), p. 142.
  10. (en) Alan Clayson, The Rolling Stones: Beggars Banquet, Billboard Books, (ISBN 978-0-8230-8397-8, lire en ligne), 165, 186, 245, 246.
  11. (en) James Karnbach et Carol Bernson, The Complete Recording Guide to the Rolling Stones, Aurum Press Limited, (ISBN 1-85410-533-7), p. 234.
  12. (en) Martin Elliot, The Rolling Stones: Complete Recording Sessions 1962–2002, Cherry Red Books LTD, (ISBN 1-901447-04-9), p. 131.
  13. (en) Alan Clayson, The Rolling Stones: Beggars Banquet, Billboard Books, (ISBN 978-0-8230-8397-8, lire en ligne), 192, 246.
  14. (en) Martin Elliot, The Rolling Stones: Complete Recording Sessions 1962–2002, Cherry Red Books LTD, (ISBN 1-901447-04-9), p. 129.
  15. (en) Alan Clayson, The Rolling Stones: Beggars Banquet, Billboard Books, (ISBN 978-0-8230-8397-8, lire en ligne), 187.
  16. Daniel Lesueur & Dominic Durand, « Récapitulatif des Albums classés de chaque Artiste », sur www.infodisc.fr (consulté le )
  17. (en) Rolling Stone 500 Greatest Albums of All Time, « Beggars Banquet », Rolling Stone,‎
  18. (en) Christopher Walsh, « Super audio CDs: The Rolling Stones Remastered », Billboard,‎ , p. 27
  19. (en) « The Rolling Stones - Beggars Banquet + 7 Bonus », sur Discogs (consulté le )
  20. (en) « Rolling Stones* - Beggars Banquet (The Mono Beggars) », sur Discogs (consulté le )
  21. (en) « The Rolling Stones - Beggars Banquet (2010, SHM-SACD, Digipak., SACD) », sur Discogs (consulté le )
  22. (en) « The Rolling Stones - Beggars Banquet (2013, Clear, Vinyl) », sur Discogs (consulté le )
  23. officialcharts.com/rollingstones/albums consulté le 22 décembre 2012
  24. a et b allmusic/beggarsbanquet/awards consulté le 22 décembre 2012
  25. musiccanada.com/gold platinum/search/beggars banquet consulté le 14 janvier 2017
  26. RIAA Database/goldplat/search consulté le 22 décembre 2012
  27. BPI.co.uk/certified-awards/search consulté le 14 janvier 2017

Liens externesModifier

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