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Bataille de Vouillé

bataille opposant les Francs aux Wisigoths
Bataille de Vouillé
Description de cette image, également commentée ci-après
Clovis tue Alaric II, miniature du XVe siècle, Bibliothèque nationale de France, Paris.
Informations générales
Date Printemps 507
Lieu Plaine de Vouillé, près de Poitiers, France
Issue Victoire franque décisive
Changements territoriaux Gains territoriaux en Gaule aquitaine[1]
Belligérants
Royaumes francsRoyaume wisigoth
Commandants
Clovis IerAlaric II
Forces en présence
InconnuesInconnues
Pertes
InconnuesInconnues ; mort d'Alaric II, tué en combat singulier par Clovis.


Liste des guerres et des batailles de France

La bataille de Vouillé s'est déroulée au printemps 507 opposant l'armée des Wisigoths et des Auvergnats au sud, face à celle des Francs au nord. Cette bataille vit la victoire des Francs, les Wisigoths perdant leur roi Alaric II au combat. Ils seront contraints d'abandonner à leurs vainqueurs un très vaste territoire entre la Loire et les Pyrénées, dans ce qui est aujourd'hui le midi de la France.

Sommaire

ContexteModifier

Déjà dans les années 490, les Francs de Clovis menèrent au moins deux expéditions militaires vers le Sud, contre le royaume wisigoth de Toulouse (en 496 et 498). Le général wisigoth Suatrius ne peut empêcher Clovis de s'emparer de la cité de Burdigala dont il était peut-être le gouverneur. Il est capturé par les Francs et disparaît de l'histoire à ce moment[2],[3].

DéroulementModifier

 
Campagnes franques en Aquitaine.
 
Bataille entre Clovis et les Wisigoths, Nationale Bibliotheek van Nederland (1325-1335).

Au printemps 507, sous le commandement de Clovis et de son fils aîné Thierry, l'armée franque franchit la Loire en direction de Poitiers. L'armée des Wisigoths conduite par le roi Alaric II marche au Nord pour limiter la progression franque et en espérant que les Ostrogoths l'appuieront.

Alaric II ne dispose pas de toutes ses troupes, car une partie de son armée essaie à ce moment de chasser de la Péninsule Ibérique les Romains d'Orient. Les Ostrogoths, peut-être en concertation avec Clovis, restent dans l'expectative. Malgré ses craintes, Alaric II se résout alors à engager le combat. La rencontre a lieu dans la plaine de Vouillé, près de Poitiers. Le combat débute à l'aube, les cavaliers wisigoths employant sans doute leur tactique habituelle faite de charges successives auxquelles les Francs opposent un mur de francisques.

Un terrible corps à corps commence, jusqu'à ce que le roi Alaric II soit tué par Clovis en personne, qui aurait fondu sur lui au péril de sa vie dès les premiers instants de la lutte. Cet épisode est probablement conforme à la réalité, car Clovis est considéré par les chroniqueurs contemporains et ultérieurs comme un redoutable guerrier, à l'image de son père.

Comme pour la bataille de Tolbiac contre les Alamans, cette mort provoque la débandade des Wisigoths, qui s'enfuient vers le sud, emmenant avec eux Amalaric, l'héritier du royaume. L'infanterie auvergnate, alliée aux Wisigoths et menée par Apollinaire, le fils de Sidoine Apollinaire, ne se rend pas, et se battra avec bravoure jusqu'au dernier homme. En milieu de matinée, la bataille s'achève.

Grégoire de Tours rapporte alors dans son Histoire des Francs :

" On vit marcher contre les Francs, avec une intrépidité étonnante, 10 000 citoyens d'Auvergne, ayant à leur tête le fils du célèbre Sidoine Apollinaire. Le nouveau conquérant, Clovis, ne fut vainqueur que lorsqu'il ne trouva plus aucun Auvergnat pour lui disputer la victoire [...]. " - Histoire des Francs, Grégoire de Tours. Traduction Guizot. L. I, p. 104.

Cette victoire ouvre pour Clovis la route du Midi. Le wisigoth Suatrius ne peut empêcher les Francs de s'emparer de la cité de Burdigala dont il est peut-être le gouverneur : il est capturé par les Francs et on ignore son sort entre leurs mains[2],[3]. En 508 Clovis conquiert Tolosa, ancienne capitale des Wisigoths, puis temporairement la Narbonnaise qui lui sera reprise par les Ostrogoths après l'échec du siège d'Arles. Clovis s'empare ensuite de l'Aquitaine, de la Gascogne, du Languedoc et du Limousin, et vassalise l'Auvergne.

La Provence est laissée aux alliés burgondes, qui échoueront devant Arelate, ce qui conviendra à Clovis, car les Burgondes en sortiront affaiblis ; leur chef Gondebaud a vidé son trésor et perdu une partie de son armée.

La bataille de Vouillé aura des conséquences durables : elle inaugure, au Sud, sur la ligne des Pyrénées, les frontières de la future France, car ses successeurs, Mérovingiens, Carolingiens puis Capétiens, pourront se prévaloir d'une suzeraineté plus ou moins effective sur des territoires constituant plus tard le duché d'Aquitaine et le comté de Toulouse.

De plus, dès 508, Clovis installe sa nouvelle capitale à Lutetia Parisiorum, en lieu et place de Tournaco, trop excentrée par rapport aux nouvelles conquêtes méridionales.

Légende ou réalitéModifier

Le chroniqueur Grégoire de Tours raconte que peu avant la bataille, Clovis chassant une biche découvre un gué[4] qui lui permettra de faire franchir la Vienne en crue à ses troupes.

Notes et référencesModifier

  1. Encyclopedia of Barbarian Europe: Society in Transformation, ed. Michael Frassetto, (ABC-CLIO, 2003), 362.
  2. a et b Joël Schmidt, Le royaume wisigoth d'Occitanie, Perrin, Paris 1996
  3. a et b Bruno Dumézil et Michel Rouche (dir.), Le Bréviaire d'Alaric, aux origines du Code civil, PUPS, Paris 2008.
  4. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre II, p. 37.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Luc Bourgeois (dir.), Wisigoths et Francs autour de la bataille de Vouillé (507). Recherches récentes sur le haut Moyen Âge dans le Centre-Ouest de la France : actes des XXVIIIe Journées internationales d'archéologie mérovingienne, Vouillé et Poitiers (Vienne, France), 28-30 septembre 2007, Saint-Germain-en-Laye, Association française d'archéologie mérovingienne, , 308 p. (ISBN 2-9524032-7-9, présentation en ligne).
  • (en) Ralph W. Mathisen (dir.) et Danuta Shanzer (dir.), The battle of Vouillé, 507 CE : where France began, De Gruyter, coll. « Millennium studies » (no 37), , XXVI-211 p. (ISBN 978-1-61451-127-4, présentation en ligne).

Articles connexesModifier

Lien externeModifier