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Bakhtiari
بختیاری
Description de cette image, également commentée ci-après
Une famille nomade bakhtiari

Populations significatives par région
Drapeau de l'Iran Iran 1 000 000-1 500 000
Autres
Langues Bakhtiari, Persan
Religions Majoritairement islam chiite
Ethnies liées Lors

Les Bakhtiari sont un groupe ethnique d'Iran méridional. Leur territoire, d'une superficie approximative de 75 000 kilomètres carrés, est situé dans la partie méridionale des chaînes du Zagros entre Ispahan et Ahvaz.

Sommaire

PopulationModifier

Avec une population estimée à environ 1 000 000−1 500 000 individus[1], les bakhtiaris sont divisés en deux branches, les Haft Lang et les Tchahar Lang, elles-mêmes subdivisées en nombreuses sous-branches (bāb, tāyefe, tire, tash, fāmil et owlād). Historiquement nomades, une partie de la population bakhtiari, vit toujours de l'élevage et pratique la transhumance bi-annuelle, de ses quartiers d'hiver situé sur le flanc ouest des monts Zagros dans la province du Khouzistan, vers ses quartiers d'été sur le flanc est dans les provinces du Tchaharmahal-et-Bakhtiari, d'Ispahan, du Lorestan et de Kohguilouyeh-et-Bouyer-Ahmad. Une partie importante de la population bakhtiari aujourd'hui sédentarisée se trouve dans les villes de Masjed Soleiman, d'Izeh, de Chouchtar dans la préfecture (en persan : شهرستان / šahrestân) d'Andika dans la province du Khouzistan. Des populations bakhtiari se trouvent également dans les provinces de Bouchehr et du Fars.

LangueModifier

Les Bakhtiari parlent un dialecte du lori le bakhtiari avec des variantes suivant les différentes branches et tribus.

Mode de vieModifier

 
Campement nomade à Bazoft

Les bakhtiaris nomades se concentrent dans leur quartier d'été (sarde-sir ou Yeylāgh) dans des centres importants tels Kuhrang et Bazoft et dans leur quartiers d'hiver (garme-sir ou Gheshlāgh) dans les préfectures d'Andika, de Masjed Soleiman, d'Izeh, de Chouchtar dans la province du Khouzistan. Ils vivent notamment du revenu de leur bétail (chèvres et moutons essentiellement) ainsi que des produits dérivés de ces derniers (lait, beurre, dough, kashk, ghārā (persan : قارا), rowghan (beurre clarifié)). L'agriculture, pratiquée presque exclusivement de manière non-irriguée (kheshavarzi-ye deymi) est également une source de revenu pour les bakhtiaris. Elle permet, en outre, de produire leur propre farine et d'approvisionner le bétail en foin et en paille l'hiver.

TranshumancesModifier

 
Transhumance de nomades bakhtiari à Bazoft

Les principaux déplacements saisonniers (persan : کوچ عشایری) de l'hivernage vers l'estivage (entre les mois d'avril et de mai) et de l'estivage vers l'hivernage (entre les mois d'octobre et de novembre), peuvent couvrir des distances allant jusqu'à 300km et durer de quelques jours à plusieurs semaines. Ces déplacement avec le bétail s'effectuent à pied et à dos d'animaux (ânes, mulets, chevaux) et nécessitent de passer des cols de montagne tous enneigés à plus de 3 000m d'altitude dans les monts Zagros et en particulier le massif de Zard Kuh[2]. La route Route Shahrekord-Masjed Soleyman est l'un des axes particulièrement emprunté par les nomades. Depuis une dizaine d'année, on assiste également à des transhumances motorisées, par camions, qui raccourci considérablement le temps de trajet.

OrigineModifier

Les premières mentions, non pas directement des bakhtiaris, mais de tribus Lors leur étant liés apparaissent après les Conquête musulmane de la Perse lorsque des populations massives fuyèrent l'envahisseur vers les monts Zagros[3]. Une des première évocation des tribus bakhtiaris en tant que tel date de 1433, lorsque le Timouride Shah Rokh met fin à la domination des Atabak Fazluye et transfert le pouvoir du grand Lorestan aux chefs des Astereki[4].

Personnalités bakhtiariModifier

BibliographieModifier

  • Frédéric Houssay, Souvenirs d'un voyage en Perse. L'Arabistan et la montagne des Bakhtyaris, Paris, Revue des Deux Mondes,
  • Jacques de Morgan, Rapport de Monsieur Jacques de Morgan sur sa mission en Perse et au Louristan, vol. XIX, Paris, Journal asiatique, , p189-200
  • Henry d'Allemagne, Du Khorassan au pays des Backhtiaris : Trois mois de voyage en Perse, Paris, Hachette,
  • Hyacinthe Louis Rabino di Borgomale, Les tribus du Luristan. Médailles des Qadjars, Paris, Ernest Leroux, coll. « Revue du monde musulman »,
  • (en) Cecil J. Edmonds, East and West of Zagros : Travel, War and Politics in Persia and Iraq 1913-1921, Paris, Yann Richard,
  • (en) Gene R. Garthwaite, Khans and Shahs: a Documentary Analysis of the Bakhtiyari in Iran, Paris, NewYork: Cambridge UP,
  • Vladimir Minorsky, Lur, Lur-i buzurg, Lur-i kucik et Luristan, Éditions Brill, coll. « Encyclopédie de l'Islam »,
  • (en) Paul Edward Case , I Become A Bakhtiari, National Geographic,
  • (en) Bakhtiari, Encyclopædia Britannica, , p1945
  • Jean-Pierre Digard, Techniques des nomades Baxtyâri d'Iran, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme,
  • Vita Sackville-West, Une aristocrate en Asie : Douze jours en Pays bakhtyar, Anatolia/Le Rocher,
  • Jean-Pierre Digard, Une épopée tribale en Iran : Les Bakthyâri, Paris, CNRS Edition, coll. « Bibliothèque de l’Anthropologie »,
  • Jean-Pierre Digard, Les tribus nomades, les Bakhtyâri en particulier, et l’État iranien, des Qâjâr à la République islamique, Bulletin de l’Association de géographes français, , p.614-628

FilmographieModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  1. (en) « Bakhtiâri », sur Ethnologue (consulté le 8 avril 2019)
  2. Jean-Pierre Digard, Une épopée tribale en Iran - Les bakhtyari, p. 39
  3. Jean-Pierre Digard, Une épopée tribale en Iran - Les Bakhtyari, p. 91
  4. Jean-Pierre Digard, Une épopée tribale en Iran - Les Bakhtyari, p. 101