Armand Besnard

amiral français

Officier général francais 3 etoiles.svg Armand Besnard
Armand Besnard

Naissance
Rambouillet
Décès (à 69 ans)
Château du Rohu
Origine Française
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Ensign of France.svg Marine nationale
Grade Vice-amiral
Années de service 1849-1898
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Autres fonctions Ministre de la Marine

Armand Louis Charles Gustave Besnard, né à Rambouillet le et mort au château du Rohu, près de Lorient, le , est un amiral et homme politique français. Il est Ministre de la Marine de 1895 à 1898.

BiographieModifier

Sorti de l'École navale en 1852, Armand Gustave Besnard embarque sur la frégate la Forte dans la division navale du Pacifique où il prend part aux opérations de l'escadre du contre-amiral Febvrier-Despointes en Nouvelle-Calédonie et au Kamtchatka.

La Marine de Napoléon III est aux avant-postes sur tous les théâtres d'opérations extérieures. Elle se modernise et devient un outil efficace de projection de force. Dans ce contexte, Besnard, promu enseigne de vaisseau en 1855, sert sur le Redoutable dans l'escadre de la Méditerranée. Pendant la guerre d'Italie en 1859, cette escadre bloque le canal d'Otrante qui donne accès à l'Adriatique. Elle contrôle les navires neutres et arraisonne les navires en provenance ou à destination des ports tenus par les Autrichiens, essentiellement Venise.

En janvier 1860, Besnard part pour la Chine, au moment où l'Empereur Napoléon III décide une opération de projection de force contre ce pays : une centaine de navires militaires quittent les ports français, sous le commandement du vice-amiral Léonard Victor Charner, et font leur jonction avec la Marine britannique dans les mers de Chine. Besnard prend part à l'été 1860 aux opérations de guerre contre les troupes chinoises : la prise des forts de Taku et la victoire au pont de Palikao, passage stratégique sur la route de Pékin. Puis il se distingue lors de la campagne de Cochinchine à la Prise de Mỹ Tho en 1861[1].

Promu lieutenant de vaisseau en 1861, Besnard participe aux opérations autour de Vĩnh Long en Cochinchine en 1862. En mars 1863, il rentre en France, après une campagne de 38 mois, presque tout entière en opérations de guerre.

Armand Besnard embarque en septembre 1863 sur la frégate l'Armorique, dans la division navale des côtes occidentales d'Afrique. Puis il commande entre 1867 et 1869 l'aviso le Pélican sur le littoral ouest de la France.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, qui est une guerre essentiellement terrestre, la Marine et les marins viennent renforcer les armées de terre[2]. Les officiers de marine ont combattu pendant les expéditions coloniales du Second Empire et ont montré leur compétence dans les opérations de projection de force. Après les défaites de Sedan et de Metz, la Marine est la colonne vertébrale des nouvelles armées de la Loire et du Nord qui sont équipées et mises en ligne. Des officiers de marine sont nommés à des postes clés. Les bataillons de fusiliers marins et de canonniers représentent un apport de plus de 25.000 hommes bien formés et bien entraînés.

Armand Besnard sert entre novembre 1870 et mars 1871 comme colonel-chef d'état-major de la division de Bretagne, dans l'Armée de la Loire. Parmi ses frères d'armes, on compte des officiers qu'il côtoiera dans les sphères du haut commandement sous la IIIème République : le contre-amiral Jean Bernard Jauréguiberry (commandant du 16e corps d'armée), le capitaine de frégate Auguste Gougeard (général commandant la division de Bretagne), ou encore le capitaine de vaisseau Benjamin Jaurès (commandant du 21e corps d'armée). Besnard se distingue par sa vigueur et sa ténacité lors des combats autour du Mans[3]. Il est fait officier de la Légion d'honneur sur le champ de bataille du Mans le 11 janvier 1871 par le général Chanzy, commandant en chef de l'Armée de la Loire.

Capitaine de frégate en 1873, Besnard commande en second (entre 1873 et 1875) l'École navale, qui est alors une école embarquée sur un vaisseau amarré dans la rade de Brest (le Borda). Il devient chef d'état-major de l'amiral Benjamin Jaurès sur le navire-amiral la Gauloise en Méditerranée, puis sur le Suffren en Manche. En 1878-1879, il commande en Cochinchine le croiseur Ducouédic, dont la mission est de lutter contre la piraterie et de restaurer la sécurité des voies maritimes.

Promu capitaine de vaisseau en 1880, Besnard passe en 1881 au commandement de la frégate cuirassée la Surveillante dans la division navale de la Manche. Le Ministre de la Marine, l'amiral Auguste Gougeard, l'appelle auprès de lui pour occuper les fonctions de chef de cabinet et chef d'état-major de la Marine entre novembre 1881 et février 1882.

En 1883, le capitaine de vaisseau Besnard devient chef d'état-major de l'amiral Benjamin Jaurès sur le cuirassé Richelieu, basé à Toulon, port dans lequel l'essentiel du corps de bataille français est alors concentré. Entre 1884 et 1886, il commande l'Iphigénie, croiseur école d'application des aspirants, qui navigue en Atlantique et en Méditerranée[4].

Contre-amiral en décembre 1886, Armand Gustave Besnard est Directeur du personnel du Ministère de la Marine d'avril 1887 à décembre 1889. Il commande en 1890 et 1891 la division navale d'Extrême-Orient avec pavillon sur la Triomphante, cuirassé d'escadre à batterie centrale d'artillerie. A cette époque, la Marine française est présente en permanence sur les côtes de Chine, elle opère principalement à partir du port de Yokohama[5].

Nommé Vice-amiral en février 1892, Besnard devient chef du Service hydrographique de la Marine, puis préfet maritime de Brest[6].

L'amiral Besnard est ministre de la Marine de janvier à novembre 1895 et d'avril 1896 à juin 1898. Son action est liée évidemment à l'expansion coloniale, qui est la grande affaire du moment : l'amiral Besnard organise notamment le transport des troupes pour conquérir Madagascar (1895). Sa capacité de jugement est appréciée par le Président de la République, Félix Faure, qui a lui-même été Ministre de la Marine dans un précédent gouvernement[7].

A cette époque, deux courants de pensée sont présents dans la Marine française : la Jeune École promeut les petits bâtiments de guerre rapides et fortement armés, une autre école est en faveur de mastodontes peu nombreux, comme les croiseurs cuirassés qui sont en mesure de mener la guerre d'escadre[8]. Lors des discussions du budget de la Marine devant le Parlement, l'amiral Besnard considère le cuirassé comme le facteur essentiel de la maîtrise des mers, et ne laisse aux torpilleurs que leur rôle normal de défense des côtes[1]. Il lance des programmes d'armement qui placent au cœur de la flotte le développement du corps de bataille, c'est-à-dire des grands bâtiments comme les cuirassés d'escadre à fort potentiel offensif[9]. Enfin, l'amiral Besnard œuvre au renforcement de la puissance navale de la France : création de points d'appui pour les divisions navales à l'étranger, création de l'arsenal de Bizerte en Tunisie[10].

Besnard a servi la Marine de son pays pendant 50 ans. Il quitte le service actif en et meurt dans son château du Rohu près du port de Lorient (Morbihan) le .

DécorationsModifier

Grand officier de la Légion d'honneur.

Grand Croix de l'Ordre de l'Aigle Blanc de Russie, entre autres décorations.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Vice-amiral Charles Touchard, Notice sur la carrière du Vice-amiral Besnard, Paris, Imprimerie E. Desfossés, , 10 p.
  2. Centre d'études supérieures de la Marine, L'histoire d'une révolution. La Marine depuis 1870, Études marines No 4, (lire en ligne)
  3. Archives Nationales, « Base LEONORE, Cote LH/221/57 » (consulté le 2 novembre 2019)
  4. Joseph Blot, Campagne de l'Iphigénie, croiseur école d'application des aspirants. Souvenirs d'un officier de marine, Librairie de Pierre Lethielleux, Éditeur 10 rue Cassette, Paris VIème arrondissement (lire en ligne)
  5. Hervé Barbier, La Division navale d'Extrême-Orient, 1870-1940, thèse de doctorat d'histoire, Université de Nantes,
  6. Service historique de la Marine, Vincennes, Cote 87 GG2 (lire en ligne)
  7. Félix Faure, Journal à l'Élysée (1895-1899), Paris, Éditions des Équateurs, , page 333
  8. Frédéric Saffroy, « Clémenceau et la stratégie navale - le torpilleur contre le cuirassé », Cols Bleus Marine Nationale,‎ (lire en ligne)
  9. Journal officiel de la République Française, Lois et décrets, 30 mars 1897, Tableau des constructions neuves annexé à la Loi de finances du 29 mars 1897 (lire en ligne), pages 1888 à 1912
  10. Commandant Davin, « Bizerte, arsenal maritime », Revue des Deux Mondes, tome 26, 1915 (consulté le 18 avril 2020)

SourcesModifier

  • Vice-amiral Charles Touchard, Notice sur la carrière du Vice-amiral Besnard, Paris, Imprimerie E. Desfossés, 1923, 10 pages
  • Archives Nationales, base LEONORE, Cote LH/221/57
  • Service Historique de la Marine, Vincennes, Cote 87 GG2

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