Alexandre Chodzko

orientaliste, écrivain et poète polonais, sujet de l’Empire russe naturalisé français

Aleksander Borejko Chodźko, né le à Krzywicze et mort le à Noisy-le-Sec, Seine, est un orientaliste, écrivain et poète polonais, naturalisé français. Il est également diplomate et conseiller du ministère des Affaires étrangères.

Aleksander Borejko Chodźko
Aleksander Chodźko.JPG
Biographie
Naissance
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Kryvičy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Aleksander ChodźkoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Diplomate, professeur, poète, interprète, orientaliste, сollecteur de contesVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Fratrie
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Cercle de l’Œuvre de Dieu (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Maître
Mirza Jafar Topchubashov (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
signature d'Alexandre Chodzko
signature

Chodźko est parmi les premiers orientalistes à attirer l’attention sur les folklores turkmène, nogaϊ, azéri, iranien, ghilani, mazandarani, tadish et kalmouk et à faire du folklore un sujet de recherche scientifique.

BiographieModifier

Fils de l'écrivain Jan Chodźko, Aleksander Chodźko est un poète, orientaliste et philologue polonais qui fut consul de Russie en Perse puis professeur au Collège de France (langues et littérature slaves). Il descend d'une ancienne famille polonaise du Grand-duché de Lituanie.

Il fait de brillantes études à l’Université de Vilnius en 1823 et obtient le titre de candidat en philologie. Il fait partie de la société secrète des Philarètes[1]. Cette participation à des cercles patriotiques, dont font notamment partie Adam Mickiewicz, Tomasz Zan et Ignacy Domeyko ce qui lui vaut être arrêté et emprisonné en 1823-24.

En 1824, il part étudier à l'École des langues orientales au ministère des Affaires étrangères à Saint-Pétersbourg. Il y est un brillant élève. Ayant terminé ses études, en 1830, il est nommé secrétaire-drogman de la légation de Perse à Téhéran, puis vice-consul à Rasht au bord de la mer Caspienne, consul dans la province du Guilan et finalement consul général de Russie. Il profite de son séjour en Perse pour étudier ce peuple et sa culture. Il considère le fils du Mohammad Shah comme un ami.

En 1832, alors qu'il est encore à Téhéran, il se rend au Guilan. L'année suivante il va au Khorasan, et du 18 au visite les gorges de la rivière Serdar (Khabliroud). En 1836, il entreprit un voyage à travers le Masandaran, et en été 1839 dans les montagnes de Roudbari-Zeitoun. Ces visites feront l'objet d'un ouvrage intitulé Récits de voyage (Voir liste d'oeuvres).

Parmi les pièces rassemblées par Aleksander Chodźko se trouvent des manuscrits qui mettent en lumière les différents aspects de la vie religieuse en Iran. En 1839, il transmet à Blaremberg un manuscrit rare qu’il a traduit du persan en français : Koulsoun-nene ou comment les femmes perses interprètent le Coran.

Au cours de l’année 1841 Chodźko obtient un congé pour des raisons de santé, et après un voyage à travers la Grèce et l’Italie, il renoue des relations avec ses amis polonais en émigration, mais aussi avec des orientalistes occidentaux qu’il avait pu connaître en Perse. En 1842, Chodźko se rend au Royaume-Uni avec le projet d’édition des manuscrits. En 1842, la Royal Asiatic Society à Londres publie "Les aventures de Kourroglou", son anthologie de poésie folklorique recueillies durant les années 1832–1834 dans la province de Ghilan, puis traduites par ses soins en anglais. L’épopée de Kourroglou, chef de bande et poète ayant vécu au XVIIème siècle dans la région d’Erzurum, héros d’une légende répandue parmi plus d’une dizaine de peuples d’Asie, constitue presque la moitié de cette publication. Les Chants de Kourroglou furent ensuite deux fois traduits en français par George Sand et Adolphe Briel, puis en allemand par O.L.B. Wolf et en russe par S. Penn.

En 1843, Chodźko vient à Paris où il retrouve son ami et mentor Adam Mickiewicz, ses frères Józef et Michał et son cousin Leonard Chodźko, tous fervents patriotes polonais. C’est Mickiewicz qui, cherchant à introduire Chodźko dans les salons parisiens, proposa à George Sand d’adapter l’histoire de Kourroglou au goût des lecteurs français.[2]

En 1845, les Russes acceptent sa démission et il s’installe alors définitivement en France.

Le , il épouse à Lausanne Helena Dunin-Jundziłł (1822 - [3]), fille du général et comte lituanien Wiktor Dunin Jundziłł et la petite-fille de Michał Cichocki, fils naturel du roi de Pologne Stanisław Poniatowski et de Magdalena Agnieszka Lubomirska[4] . Son parrain était le maréchal Józef Poniatowski.

En 1848, Chodźko s'engage dans la garde nationale malgré sa qualité d’étranger. Les tensions en Transcaucasie puis la guerre de Crimée rendent ses talents et ses connaissances précieux – il devient, de 1852 à 1855, chargé d’analyses auprès du ministre des Affaires étrangères Drouyn de Lhuys, mais ne rompt pas pour autant ses liens avec l’Orient. À partir de 1857 et pendant plusieurs années, il dirige l’enseignement de jeunes Iraniens.

En 1858, il succède à Adam Mickiewicz à la chaire de langues et de littérature slaves du Collège de France avec le titre de chargé de cours. Il se fait alors naturaliser français. Parallèlement à l’enseignement, il devient conseiller auprès de la légation perse à Paris.

Chodźko est l'un des fondateurs de la Société de linguistique de Paris.

En 1859, le chah lui donne la direction de l’école qu’il fonde à Paris.

En 1884, il prend sa retraite et meurt le à Noisy-le-Sec.

DescendanceModifier

Il laisse cinq enfants : Wiktor, Adam, Aleksander, Teresa et Maria.

Filleul d’Adam Mickiewicz, Wiktor, né le à Paris, sera capitaine de marine. La famille Korzeniowski lui confiera Joseph Conrad qu’il initiera à la carrière maritime.

Adam Chodźko, né en Suisse en 1847, deviendra ingénieur diplômé de l’École des Mines et il s’établira à San Francisco.

Aleksander Jan Piotr Augustyn, né à Paris en 1860, prend du service sur un navire britannique. Il épouse Lettice Elrington (née en 1876), fille du général britannique Frederick Elrington.

ŒuvresModifier

Poèmes et ballades
  • (pl) Poezye : Alex. Chodzki , Saint-Pétersbourg, 1823, (2e ed., Poznań, 1833). Recueil de ballades et de légendes)
  • Ballade de Maliny (les framboises), ballade lithuanienne
Langue et littérature perses
  • Specimens of the popular poetry of Persia as found in the adventures and improvisations of KURROGLOU, the bandit-minstrel (traduit en français par George Sand) [5]
  • Grammaire Persane, ou principes de l'iranien moderne accompagnés de fac-simile pour servir de modèles d'écriture et de style pour la correspondance diplomatique et familière, Paris, Imprimerie nationale, 1852, 208 p. [lire en ligne (page consultée le 1 novembre 2020)] - Il y aura une 2e édition, augmentée de textes persans inédits et d'un glossaire.
  • Djungui Chehâdet. Le Cantique du martyre, ou Recueil des drames religieux que les Persans du rite Cheaia font annuellement représenter. Paris, Bernard Duprat, 1852, 30 p.
  • Le Drogman turc. Montrant les mots et les phrases les plus nécessaires pour la Conversation. Vade-mecum indispensable à l'armée d'Orient Paris, Bernard Duprat, 1854, 95 p. [lire en ligne (page consultée le 1 novembre 2020)]
  • Le Ghilan ou les Marais Caspiens. Description historique et géographique du pays qui borde au sud de la Mer Caspienne.
  • Théâtre persan. Choix de téaziés - ou drames, Paris, Ernest Leroux, , 219 p. (lire en ligne)
  • Le Deçati ou Code religieux des Mahabadiens
  • Récits de voyage
  • De l'élève des vers à soie en Perse. Paris, 1843
  • « Étude sur Mahomet », Revue de l'Orient, 5 (1844), p. 45 ss.
  • Journal tenu sur les lieux de l'intronisation de Mohammed Chah (feuilleton dans La Tribune des Peuples, Paris, 1848)
  • « Souvenirs diplomatiques de 1834 » (La politique de la Russie et du Royaume-Uni en Perse), in La Tribune des Peuples, 1849.
  • « Chants populaires de la Perse », Revue Orientale et Algérienne 3 (1852)
  • « Le Khoraçan et son héros populaire », Revue Orientale et Algérienne (1852)
  • « Le Déisme des wahhabis, expliqué par eux-mêmes » Journal Asiatique, série IV , t. XI, 1848, p. 168 -187 [lire en ligne (page consultée le 1 novembre)]
  • « Contes en vers de Kaani » - Traduction - Revue orientale et américaine 1862
  • « L’Aventure du vizir du Khan de Lenkeran » - Bulletin de l’Athénée oriental 3, 1883
Langue kurde

« Études philologiques sur la langue kurde (dialecte de Soléimanié) » : Journal Asiatique. sér. V, t. 9 (1857), p. 297-356.

Langues et littérature slaves
  • Contes des paysans et des pâtres slaves, [lire en ligne (page consultée le 1 novembre 2020)]
  • Chants historiques de l'Ukraine et les chansons latyches des Bords de la Dvina occidentale. Périodes païennes normande, tatare, polonaise et cosaque (1879);
  • « The Twelve Months a slav legend », par Alexander Chodzko (adaptation) in Frances J. Olcott (Ed.) Good Stories for Great Holidays, BiblioBazaar, 2006.
  • Légendes slaves du Moyen Âge, 1169 - 1237 (Saint-Pétersbourg, 1859)
  • Grammaire paléoslave, suivie de textes paléoslaves (1869);
  • La Pologne et ses provinces méridionales...
  • Études bulgares
  • La Renaissance littéraire. Contes populaires tchèques. 1867
  • Dictionnaire polonais-anglais (Dokladny slownik polsko-angielski i angielsko-polski - 1851)
  • De l'état actuel de la littérature en Russie - 1872.
Autres
  • « Chants historiques de l'Afghanistan en langue puchte » in Revue de l'Orient, 1855.
  • Les Adorateurs du feu et les sources de naphte de Bakou. — Ext[Quoi ?]. du Moniteur, , 8 p. in-8°
  • Recension de Poèmes Populaires des Persans, des Tourkmans, des Tatares d'Astrakhan et des Kalmouks par Alexandre Chodzko, Tiré de la Bibliothèque Universelle de Genève, , 17 p.

DistinctionsModifier

  • Grand officier de l'étoile du Lion-et-Soleil de Perse,
  • Commandeur de l'ordre de Saint-Stanislas et chevalier de l'ordre de Saint-Vladimir.
  • Chevalier de la Légion d'honneur
  • Membre de la Société royale asiatique de la Grande-Bretagne et de l'Irlande.
  • Membre fondateur de la Société de linguistique de Paris.
  • Membre (et vice-président) de la Société d'ethnographie.

BlasonsModifier

 
Blason de la maison Kościesza
  • Blason des Chodźko - description : Parti de gueules à un carreau (flèche)d'argent et un griffon issant d'argent.
  • Blason des Dunin-Jundzill - description : De gueules à un cygne d'argent, becqué et membré d'or[6].
  • Blason des Kościesza

Notes et référencesModifier

  1. [1] ((pl) Filareci ; (ru) Филоматы)
  2. Inga Walc-Bezombes, « Kourroglou ou l’histoire de l’impossible traduction en français de l’épopée du bandit persan », Annales du PAN,‎ , p. 205-221 (lire en ligne)
  3. « Dunin de Jundzill, Jundzill », Site généalogique du canton de Fribourd, sur diesbach.com [lire en ligne (page consultée le 1 novembre 2020)]
  4. (pl)« Helena hr. Dunin-Jundziłł h. Łabędź » sur sejm-wielki.pl [lire en ligne (page consultée le 1 novembre 2020)]
  5. Françoise Genevray, « Quoi, vous n’avez pas lu Kourroglou ! Une traduction de George Sand, présentation et choix d’extraits » sur larevuedesressources.org, 29 janvier 2007 [lire en ligne (page consultée le 1 novembre 2020)]
  6. Aleksander Chodźko h. Kościesza (ID: 3.94.19)

BibliographieModifier

  • Le Collège de France (1530-1930) livre jubilaire par Abel Lefranc, Collège de France publié en 1932 - Presses universitaires de France
  • Cours de Louis Léger leçon d’ouverture au Collège de France : M. Chodzko – La chaire de Mickiewicz. Le monde slave au XIXe siècle - Revue bleue politique et littéraire - 1885
  • Claudine Lesage Joseph Conrad et le Continent / Biographie Critique / Éditeur Michel Houdiard
  • (en)Aleksander Chodzko (1804-1891) and his "Oriental" Poems. par Anna Krasnowolska. Polska Akademia Nauk oddz. Kraków, 2003
  • (en)Alexander Chodzko’s travel reports as a source on North Iran in early Qajar times par Anna Krasnowolska (Jagellon University, Cracow) - dans le cadre de l'atelier de la recherche en études iraniennes - Societas Iranologica Europaea - .
  • Sélection d'extraits du rapport de l'article Aleksander CHODZKO sur les Kurdes du Nord et du Sud Iran par Anna Krasnowolska (Jagellon University, Cracow), voir l'article en anglais.
  • The Oldest Known Texts in New Tabari : The Collection of Aleksander Chodźko par Habib Borjian - Archiv orientální Vol. 74, No. 2, 2006 - The journal is published by the Oriental Institute, Academy of Sciences of the Czech Republic (ASCR)
  • Alexander Chodzko as the forerunner of unveiling the azerbaijani culture in the west, par Ihar Lalkoŭ, М.А., History, Center for East European Studies, University of Warsaw (Varsovie) - Format pdf - pages 20 à 22 ; Texte biographique en anglais
  • Alexandre Chodzko et George Sand par Françoise Genevray, maître de conférences en littérature générale et comparée à l’Université Jean-Moulin, Lyon III.- Dans le cadre de la saison NOWA POLSKA Colloque « La présence polonaise en France (XIXe-XXe siècles) » Paris, les 4, 5, . Organisé par l’Université Paris 7 (GEPECO et POLONIUM) et par l’Université Adam Mickiewicz de Poznan (Institut d’Histoire). Avec le concours de la section parisienne de l’Académie Polonaise des Sciences, de l’Ambassade de Pologne en France, de l’Association des Médecins Polonais en France.
  • Correspondances d'érudits aux XVIIIe et XIXe siècles, Marie-France de Palacio (dir.) (ISBN 978-2-7535-2936-6) Presses universitaires de Rennes, 2014.

PresseModifier

Voir aussiModifier

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